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DRUUX

NOUVEAU BULLETIN DES SCIENCES, PAR LA SOCIÉTÉ PHILOMATIQUE

DE PARIS.

TOME IF. 5°. Axe.

PARIS,

J KLOSTERMANN fils, Libraire de l'École

Impériale Polytechnique, rue du Jardinet, n°. 15. .

M. DCCC. XII.

LIBRARIES

AT,

LISTE DES MEMBRES. DE LA SOCIÊTÉ PHILOMATIQUE

D'APRÈS L'ORDRE DE RÉCEPTION.

NOUS.

Membres émeérites.

MM.

BERTHOLLET. . .. LamarcKk. . . ..

Düucuesne. . . À

TAPLACE. 0

CORREA DE SERRA.

TONNELLIER. . . .

Membres residans.

SILVESTRE. . BRONGNIART. . VAUQUELIN. . MACRO ALT CoquEseuTr-MoxnT- BRED H SIAOE Gizzer-Laumonr. HALLE eee

PRONVE M ANNE Bosc GEOFFROY- St. Hi LAIRES Cuvier (Georg. ) Dumékiz. . . : . ARRET. ., DescosTirs. . . Lasrevrii..: - - . TREMERY. ; LACÉPEDE. . . .

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= #1 ee

AU 1.

Dates de Réceptions.

14 sept. 1793...

21 sept. 1703.

28 sept. 1703.

10 août 1794.

12 janv. 1797 ‘17 déc. 162.

11 janv. 1806.

51 Juill. 17094.

10 déc. 1788. id. : 9 nov. 1780.

50 juillet 1702.

14 mars 1703. -

28 mars 1705.

14 sept. 1705. Id.

28 sept. 1703.

12 Janv. 1794. Id.

23 mars 1705. 20 août 1706.

-1| "24 sept. 1706.

3-déc. 1706. 2 mars 1707. 20 août 1797.

1e, juin, 1798.

JANVIER

1812,

NOMS. MM.

CHAPTAL. . . . OVER 000:

DELEUzE. .

BROCHANT. . . Cuvier (Fréd.) \ Mirror lee THEnARD.. + . Porsson. 1: Gax-Lussac. .

HACHETTE. . . . DELAROCHE .

AMPERE. |... > D'’ARCET : GIRARD. . . .

Do Prerir-Tuouars PARISET DES

INYSTEN INSEE

Cevreuz . 8 . PuissANT .

DESMAREST. . . . LEGaAzLOois, . :. GUERSENT. . : . PAILECTS 0e

Dates de Réceptions.

_14 févr.

21 juill. 1708. 21 juin 1769: 1800. 5 octob. 1800. 2 févr. 18017. 22 juin 1801. 2 Juill. 18or. 17 déc. 1802. 1i INMArS 1603. 12 févr. 1803. Hi, 14. 34 janv. 1807. ] mA 7

7 févr. 1807. {d. 19 sept. 1607, 14 mai 1808, avril 1810. Id. Id, Id. Ia. Id. 16 mai 1810. 9 févr. 1811. 23 id. 9 au

Le

LISTE DES CORRESPONDANS DE LA SOCIÉTÉ

PHILOMATRIQUE.

NOMS Er RÉSIDENCES

en’

MM MM. DOMAS EME . Montpellier. | BONNARD. . .. ..... GEOFFROI (VILLENEUVYE). | VATDCRERAI MP ET LU i Genève. D'AND RADAR EMILE . Coimbre. AY OUN GR ee US Londres. NTPLTERE. 202 Le MARI TD AVE ARR AGEN x Id. BERLINGHIERI . . . . « + - - Pise HÉRICARD-THURY. .-. .. GCHAUSSIER: er BRISSONA A EEE cree Gand BONNARD ee recu Arnay-le-Duc.| CosTaz : . . .. . ..... VAN-Mons. . . .. ; . Bruxelles. CORDTER TEEN ee NA A LS ME HAE NOTE PE Pavie. SCHREIRBER : . 4 . «re - . . Moustier. CHANDRAN UN MI ER. Besançon. DODUNE: Re NN Le Mans. RAMBOURG. . . . à. 2 . .. Cérilly. FLEURIOT DE BELLEVUE. . La Rochelle. ROUE POMNEN A A NNRENA A0 Orléans. RAILEY MES ASS NICOLAS NU MEST Caen. SAVARLST ED tee 200 Naples PLASMA ie Strasbourg. PAvon: :2)MB\ SION Madrid SEERDNE UE PTE MT MED SEE Genève. BROMERO + 2. 00 Coimbre. LATREILLE. É AUD SN NUE SŒMMERING. . . : . . . .. Francfort. D STE RIVE 0 PSN Suabe. PABLO DE LLAYE. . . . .. Madrid. ROCK: 4 Fa . Bruxelles. BREBISSON . . . . ... . . . Falaise: ÉPÉUDÈRES 2: er aie Rochefort. BAIN PER SAUNA TRES Nuremberg. SEHMEISSER:. : :/- 2e 0 Hambourg. DESGRANDS AN RE ae Rennes. R£IMARUS DE ARR E Ia. DAUBUISSON . .. .. . .. Toulouse. Re GnHE EEE . . - Strasbourg. NVARNEN Se AR ee. New-York. GOSSES ENG Der Genève. GÆRTNER fils. . . à... , Tubingen. GICTOT EE (EAN EE Vanloo: GIRARD LEE EN ee Alfort. DEDENATA NU HE USt =(reniez. GCHPADNIS PAR Wittemberg. FISCHER.. - . .. 5... + . Moscow. LAMOUROUX::. : 2, 5 «. Caen. BOUCHER... 1, , . . Abbeville. FREMINVILLE (Christoph.) Nantes. NOEL UE RQ ER . - Béfort. BADARID NN RU NE 2e Angers. BOISSEL A EU DTA LU Poy-FerÉ DE CÈRE . NEA FABRONI . . . . .. . « Florence. MARCEL DE SERRES. . Montpellier. BROUSSONET CYietor). .. Montpellier. | DESVAUx . . . .. ; . Poitiers. Latr (P.-Aimé). . . . Caen. BAZOCHE ri ce Séez S'AUSSURIES NEO .. . Genève. RTS SO ARS GENE CM es Nice. IVASSALI-EANDI,. . . . . .. Turin. DAvY DE LA ROCHE. . . . Angers. DANNY ARE NE Ras en Ten Id. B1GOT DE MOROGUES. . . . Orléans. Puzzr (Pierre ).. . - Naples. IRISTANSE NE AN Ia. BLUMENBACH.. . . . . . . . Gottingue. OMALIUS DE HALLOIS : . . Emptinnes. MERMSTADT . . . .. ASE LEONARD: dus 0e PE CE Hanau. COQUEBERT ( Ant.)..... Rheims. DESSATENES: 1... 92 Vendôme. CAMPER (Adrien. }).. .. , . Franeker. DESANGTIS:2 2 Rent Rome. RAMONDIMR DE NIUE Clermont-Fer.| AUGUSTE ST:-HILAIRE . . Orléans, DEAN RENE . . Madrid. PALISSOT DE BEAUVOIS. Na DCHREIBER . 1.1. elec. Vienne. ( A.) STAWARTZ: eee . + . Stockolm.

COMMISSION DE RÉDACTION .

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DU

NOUVEAU BULLETIN.

MM.

Zoologie, Anatomie et Physiologie GTMGLE SN SRE EN QUE Cuvain (Frédéric) . : . .\ F.C:; Botanique, Physiologie végétale, Agri- culture, Economierurale. . - . .. MRPEL.. 12" OR LENS e AR Minéralogie , Géologie . . . . . .. BroncniarT (Alexandre). . A. B- - Chimie et Arts chimiques . . . . . CHEVREUR, 7 2 RAS SN TIGE Physiquetet Arts mécaniques." | AMPeRE: #44... 0 BV Mathématiques et: Astronomie |: .\. Poisson. . : 5: SL BE Médecine et Sciences qui en dé- DERAERE NA Cid EU Ne RN LEGALLOIS. . LOMME L. G:

Secrétaire-Rédacteur.

SEANCES Me der tete SU:

Nota. Les Articles ou Extraits non signés sont faits par les Auteurs des Mémoires.

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NOUVEAU BULLETIN —=——

DEÉS'SCIENCE’S: PAR LA SOCIÉTÉ PHILOMATIQUE.

Paris. Janpier 1812. Em RTE —— —— HISTOIRE NATURELLE.

PHYSIOLOGIE ANIMALE.

Extrait dun Mémoire de M. Legallois, sur le principe des Jorces du cœur, et sur son siège.

Novus avons donné, il y a deux ans et demi, les principaux résultats des premières expériences de M. Legallois, sur la décapitation des animaux, et sur les fonctions de la moëlle épinière. Depuis cette époque, l'auteur a continué ses recherches , et procédant toujours d’ex- périence en expérience, il a découvert que le principe des forces du cœur réside dans la moëlle épinière. Nous renfermerons lanalyse de son mémoire dans une suite de propositions qui comprendront ses premiers aperçus, el tout ce qu'il y a ajouté depuis.

Le principe du sentiment et des mouvemens du tronc à son siège dans la moëlle épinière et non dans le cerveau ; mais le premier mobile de la respiration réside dans ce lieu de la moëlle alongée, qui donne nais- sance aux nerfs de la huitième paire.

Par cette double disposition, la section de la moëlle épinière près

TVocciput et la décapitation anéantissent les mouvemens inspiratoires

sans faire cesser la vie dans le tronc, lequel ne meurt que d’asphyxie, et au bout du même tems que si la respiration avait été empéchée de 1ioute autre manière; en supposant qu'on ait arrêté l’hémorrhagie.

En remédiant à lasphyxie par l’insuflation pulmonaire, on peut prolonger l'existence de l'animal pendant un tems, dont le maximum est le même, dans ce cas, qu'après lu section des nerfs de la huitième

aire.

Si la décapitation, au lieu d’être faite près l'occiput, l’esi sur le crâne

Tom. 1. No. 52. 5e, Année. 1

]No. 52.

INSTITUT NAT. 27 Mai et 3Juin161r;

(6) de manière à ménager le lieu dans lequel réside le premier mobile A la respiration, et à le laisser en continué avec la moëlle épinière, ! lanimal pourra vivré et respirer de ses propres forces et sans aucun ! secours, jusqu'à ce qu'il meure d'inanition. C’est le maximum de son | existence dans cet autre cas; mais, par des causes bien connues, les animaux à sang froid sont les seuls qui puissent y attemdre.

Non-seulement la vie du tronc dépend en général de la moëlle épi- ! nière, mais celle de chaque partie dépend spécialement de la portion de cette moëlle dont elle recoit ses nerfs; en sorte qu’en détruisant une certaine étendue de moëlle épinière, on ne frappe de mort que les parties qui recoivent leurs nerfs de la moëlle détruite. Toutes celles qui recoivent les leurs de ia moëlle non détruite, demeurent vivantes plus ou moins longtems. Si, au lieu de détruire la moëlle, on y fait des sections transversales, les parties qui correspondent à chaque segment jouissent du sentiment et du mouvement volontaire, mais d’une manière aussi indépendante entre elles que si, au lieu de couper simplement la moëlle, on eût coupé transversalement tout le corps de lanimal aux mêmes endroits. En un mot, il y a dans ce cas autant de centres. de sen- sations bien disiincts, qu’on a fait de segmens à la moëlle. 5

Pour que la vie continue dans une partie quelconque du corps, outre l'intégrité de la moëlle correspondante, une autre condition est néces- saire , C’est la circulation. Si lon intercepté la circulation-daus une parue, Ja mort y survient constamment; mais lors même que ce dernier effet a lieu de la manière la moins équivoque , la vie ne tarde pas à renaître, si l'on parvient à rétablir la circulation dans cette partie, et notamment dans la moëlle.

La mort ne survient jamais soit dans une partie, soit dans tout le corps, aussitôt après que la circulation y a été imterceptée, mais seule- ment au bout d’un certain tems. Ce tems, qui est déterminé dans les animaux de même espèce et de même âge, est d'autant plus long dans ceux à sang chaud, qu'ils sont plus voisins de leur raissance. Ainsi, lors- qu’on arrête tout-à-coup la circulation dans des lapins, soit en liant, soit en arrachant le cœur, la sensibilité ne s'éteint qu’au bout d'environ quatorze minutes, quand ils sont nouvellement nés ; au bout de deux minutes et demie quand ils ont quinze jours, et au bout d'une minute quand ils ont trente jours. Dans les animaux à sang froid, elle ne s'éteint qu’au bout de plusieurs heures. Le tems que les animaux survivent dans cette expé- rience, caractérise tellement la cessauion de la circulation, qu'il est distinet de ce qui a lieu par toute autre cause de mort. Par exemple, il est toujours plus court dans un animal de quelque espèce et de quel- que âge que ce soit, que celui au bout duquel l’asphyxie ferait périr le même animal.

Puisque dans une partie quelconque du corps , la vie dépend spécia-

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À no C) Âement de l'intégrité de la moëlle correspondante et de la continuation de la circulauon, et que, suivant la théorie de l'irritabilité ballérienne, les mouvemens du cœur, et par conséquent la circulation, sont indé- pendans de la puissance nerveuse, 1l semblerait qu’on pourrait faire vivre à volonté telle outelle portion d'un animal, après avoir frappé de mort toutes autres parties, en détruisant la moëlle qui leur correspond : mais il n’en est pas ainsi. Après la destruction d’une certaine étendue ‘de moëlle épinière, en quelque lieu de la colonne vertébrale qu’elle ait été faite, Ja vie ne se continue dans les parties dont la moëlle est restée intacte qu'un items déterminé, et plus ou moins court, suivant l’âge de l'animal. Or, la durée de la vie, dans ce cas, se trouve être précisément la même que si le cœur eût été arraché dans un animal de même espèce et de même âge. Tous les autres phénomènes qu’on observe alors, tels que la vacuité des carotides, l'absence de l’hémorrhagie après l’amputation des mem- bres , etc., concourent à prouver que la destruction de la moëlle a privé le:cœur instantanément des forces nécessaires à l’entretien de la cir- culation , sans arréter d’abord ses mouvemens, lesquels ne sont plus que des mouvemens d’irritabilité. (La suite au numéro prochain.)

CHIMIE VÉGÉTAL _E.

Examen clumique des feuilles de Pastel et du principe extrackif qu'elles contiennent ; Isatis tinctoria ; lu à la première classe de Institut, le 26 août 1811; par IT. CHevreuz. ( Extrait. )

Daxs l’analyse du Pastel que j'ai publiée en 1808, je n'avais pu pro- noncer sur la nature de plusieurs substances , parce que la quantité de matère que j examinai avait été loin de suflire à tous les essais qui étaient nécessaires, pour arriver à des conclusions positives. Je desirais beaucoup de reprendre ce travail , non-seulement pour déterminer ce que je n'avais fait que de soupconner, mais encore pour décou- vrir ce qui avait pu m'échapper, el pour rectifier les erreurs que j'avais pu commettre; car quelque soin que l’on apporte dans une analyse végétale, on ne peut jamais se flatter d’avoir tout vu, et sur-tout d'avoir toujours bien observé ce que l'on a vu.

L'analyse des principes immédiats des végétaux est encore irès-éloignée de la perfection de l’analyse minérale; dans celle-ci, on a de grands avantages sur la première : on peut comparer la somme des produits de l'analyse avec la quantité de matière qu’on a examinée; les principes inor- ganiques sont faciles à reconnaître par des propriétés bien distinctes, on peut faire sur eux un grand nombre d'essais, sans craindre de les dénaturer;

IGSTITUT NAT.

(8)

les dissolvans les plus acuifs, les agens les plus énergiques peuvent étré, employés à leur séparation. Dans l'analyse végétale » au contraire, il ny) a qu'un très-petit nombre de cas la balance puisse assurer que les! produits sont égaux au poids de la matière analysée; par conséquent il est difficile d’avoir toujours la certitude que l’on a obtenu tous! les principes immédiats de cette matière. La mobilité des élémens de ces, principes les sollicitant continuellement à prendre une nouvelle forme , il faut borner l'emploi des instrumens d'analyse; l'énergie de ces agens qui les rendait si utiles dans l'analyse minérale, est une cause qui en proscrit l'usage dans l'analyse des végétaux. De là, 1l résulte que la faiblesse des réactifs que l’on est forcé d'employer , permet bien rarement des séparations exactes ; quand on veut isoler seulement deux principes qui sont combinés un peu fortement ; on ne fait presque toujours que des combinaisons avec excès de l’un des principes, et l’on ne peut guère espérer de faire une séparation exacte , que quand il y a une grande diffé- rence de cohésion entre les élémens de la combinaison.

De la difficulté d'isoler. certaines substances , 1l est arrivé que l’on a établi des espèces de principes immédiats , d’après l'observation d’une ou deux propriétés qui n’appartenaient à aucun des principes connus , et qu'on a distingué les corps auxquels on a attribué ces propriétés, par des noms particuliers. Quand on a fait ces distinctions on ne s’est pas rappelé que des propriétés nouvellement observées pouvaient aussi bien appartenir à des combinaisons qu’à des corps nouveaux, qu’en consé- quence la première chose qu’on devait faire, avant d'établir une espèce de principe immédiat, était d'obtenir ce principe isolé de tout autre. C’est pour avoir négligé ces considérations que l’on a pris des pro- priétés appartenant à des combinaisons pour des êtres réels, et qu'aux difficultés naturelles à la chimie végétalé, il s’en est joint d’autres, qui ont beaucoup augmenté les premières

Par la raison que les principes, dont je viens de parler, n'avaient été distingués que par un petit nombre de propriétés, qu'on ne les avait jamais obtenus à l'état d'isolement complet , il en résultait un tel vague dans l'énoncé de leurs caractères, que l’on rangeait parmi ces principes toutes les matières. que l’on trouvait n'avoir pas de ressemblance avec les principes immédiats bien définis, et qui n'a- vaient pas par elles-mêmes de propriétés bien distinctes ; ainsi dès qu'une substance faisait un précipité avec la gélatine, on lui donnait le nom de fannin ; des qu’on obtenait une matière colorée qui ne cristal-

lisait pas, qui donnait des pellicules par l’évaporation , qui précipitait :

plusieurs dissolutions métalliques , et qui s’attachait aux étoffes , on lui donnait le nom d’extractif. Je crois être le premier à avoir prouvé que la propriété de précipiter la gélatine ne pouvait seule servir à caractériser un Corps; Car, si celle propriété appartient à des principes immédiats ,

|

)

(9) elle est souvent le résultat d'ünñe combinäison ; qu'en conséquence, le mot de tannin devait être proscrit de la liste des principes des végétaux, puis- qu'il-ne présentait rien de fixe à l'esprit.

Dans le mémoire que j'ai l'honneur de soumettre au jugement de la Classe , je pense pouvoir assurer que l’extractif doit avoir le même sort que le tannin ; mais avant de présenter mon travail, je citerai l'opinion de plusieurs chimistes, sur le , sujet que je vais traiter.

MM. Fourtroy et Vauquelin, dont les nombreux ‘travaux ont été si

utiles à Ja science, avaient d’abord admis l'existence de l'extractif; maïs depuis ils ont renoncé à cette opinion , comme on pourrà s'en con- vaincre en lisant le passage suivant, qui est extrait de leur mémoire : sur l'existence d’une combinaison de tannin et d'une matière animale dans quelques végétaux. « C’est peut-être aussi cette matière ( la combinaison « de tannin et de matière animale}, qui, ‘ainsi que quelques autres combinaisons de différens principes végétaux auxquelles elle peut se wouver mêlée , à été prise depuis plus d’un demi-siècle, pour un prin- cipe unique , qu'on a nommé eu trait des plantes. Cela est certamement vrai pour les plantes astringentes, et spécialement pour les racines, les bois, les écorces , etc. , qui ont ce caractère, » « Il serait très-intéressant d'examiner avec soin, et sous le rapport que « nous indiquons ici, les extraits qu'on prépare en pharmacie, et de recher- « cher si le nom d’extractif, adopté depuis 1787, pour désigner un « principe homogène dans les plantes, doit rester dans l’état actuel de « la science. »

- « En attendant qu'on se livré à ce travail utile, nous assurerons que “« les substances végétales qu'on emploie en teinture pour donner des #brunitures er des pieds de couleur aux draps communs , contiennérit une Combinaison de tannin’et matière animale 5. ! )

M! Braconnot, à qui la chimie végétale doit plusieurs travaux! intéres- sans ; a pensé de son côté que l’éxtracuif ne lui paraïssait être que le résultat d'un commencement de décomposition de la matière coloranite jaune des plantes (1). Avant M. Braconnot , j'avais remarqué l’analopie qu'il:y avait æntre cette matière et l’extracuf; puisque dans ma premiére-analyse du pastel, j'avais cra devoir l’appelér matière extractive (2) jaune.

Je vais exposer.maintenañt le précis de mon analyse et celui de mes æxpériences sur lextractif du pastel.

ANALYSE.

1. Aprésiiavoir écrasé et éxprimé les feuilles du pastel , j'ai obtenu un suc vert ellun marc formé pour la plus grande partie du ligneux de la

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(1) Annales de chimie, tom. 70, (2) Id., tom. 68.

Tom. IL. No. 52, 5e, Annee.

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(10)

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plante; j'ai filtré le suc: par ce moyen, j'ai séparé une fécule d’un beau À vert ; j'ai d'abord examiné celte fécule , et ensuite le suc filtré.

S Jer.

Examen de la fécule verte. 22 . 20, Cette matière était d’un vert-bouteille , ürant au bleuâtre; elle avait une odeur assez forte; elle était formée d'une matière végéto-animale , du principe qui colore les feuilles en vert, et auquel on a donné le nom, de résine verte , de cire et d’indigo (1). Je Vai analysée de la manière suivante :

30, Je l'ai fait macérer pendant plusieurs jours dans l'alcool , celui-ci s’est coloré en vert foncé , en dissolvant de la résine verte.

J'ai traité ensuite le résidu par l'alcool bouillant ; le premier lavage était d’un beau vert. Il a déposé, par le refroidissement, de la cire colorée en vert; cette coloration prouve une affinité réelle entre la résine verte, etla cire, car l'alcool bouillant , chargé de cette résine, n’en laisse jamais précipiter lorsqu'il se refroidit. Le second lavage s’est comporté comme le premier , seulement la cire qu'il a déposée n'avait qu’une légère couleur verte, par la raison que ce lavage ne contenait point autant de résine verte que le premier, et qu'à cause de cela, la résine y était plus fortement retenue ; enfin, l’on a obtenu des layages qui ont déposé de la cire colorée en bleu par de l’indigo.

4°: À mesure qu’on lavait la fécule verte, l'alcool prenait une couleur qui trait de plus en plus sur le bleu ; à cette époque, une quantité notable d'indigo a commencé, à se dissoudre; comme l'indigo n’est pas , ‘ou qu'infiniment peu soluble dans Falcool froid , le lavage alcoolique par le refroidissement perdait de sa couleur bleue en déposant de lindiso ; mais malgré cela, 1l restait toujours une portion de ce principe.en disso- lution , laquelle y était retenue par l’aflinité de la résine verte. Pour séparer cette portion , j'ai fait évaporer , et j'a: mis le résidu dans l'alcool froid ; celui-ci a dissous la résine. verte et a laissé la plus grande partie: de l'indigo. On pourrait peut-être employer la dissolution de résine! verte et d’indigo pour colorer certaines liqueurs spiritueuses., l'alcool qui tient ces deux principes en dissolution étant d’un très-beau vert.

5°, L’indigo, qui se sépare par le refroidissement du lavage alcoolique , est sous la forme de petites aiguilles pourpres semblables à celles de l'indigo sublimé. Pour le voir dans toute, sa beauté, il faut l’exposer à ün rayon de soleil; et le regarder par réflexion. J'ai tout lieu de penser

(x) Et probablement d’un principe aromatique analogue à celüi des cruciferes.

(x1) que l’affinité*de la résine verte pour Pindigo favorise la cristallisation de ce principe , @h retardant sa précipitation: Lorsque les cristaux d’indigo sont rassemblés sur un filtre, ils présentent des pellicules d’un très-beau pourpre. ù

6°. J'ai fait bouillir pendant plus d’un mois 2 grammes de fécule verte avec de l’alcool, sans pouvoir arriver à obtenir un lavage incolore. L'alcool qui ne se colorait pas après 5 minutes d’ébullition , se colorait après 10 minutes. Ces derniers lavages étaient d'un bleu superbe, tant qu'ils étaient. chauds ; mais par la concentration et le refroidissement, ils per- daient la plus grande partie de leur couleur bleue, en laissant déposer de l'indigo, et ils restaient colorés en vert léger par ‘un peu de résine, ;

7°. La fécule verte qui avait bouilli avec l'alcool était colorée en gris verdâtre. La résine verte et l’indigo qu’elle retient après ce traitement,

prouve que la matière végéto:animale qui s’y trouve a une grande affinité pour ces deux principes. S IL

Examen du suc filtré.

8°, Lorsqu'on porte lesuc du pastel à l’ébullition, il se coagule beaucoup de matière végéto-animale , qui est blanche dans quelques parties, verte et rose dans d’autres. J'ai été curiçux desavoirs’il était possible de séparerdes matières homogènes par la simple action de la chaleur; en conséquence, j'ai fait chauffer le suc , et j'ai observé les phénomènes suivans : à 44° centig. , il a commencé à se coaguler; lorsqu'il a eu 55°, je l'ai filtré, il est resté sur le papier une matière d’un beau vert. En traitant celle-ci, par l'alcool, j'ai enlevé la plus grande partie de son principe colorant , qui était de la résine verte ; j'ai remis le suc sur le feu, de 55° à 7o°., il s’est coagulé de la matière végéto-animale teinte en rose ; par l’alcoolfroid , j'ai dissous de la couleur rouge; par l'alcool bouillant j'ai dissous de la couleur rouge et de l’indigo. La couleur rouge est acide , je la crois analogue à celle des fruits qui est naturellement bleue , et qui forme avec les acides une combinaison rouge. L'indigo qui se coagule avec la matière végéto-animale n’est qu’en très-petite quantité, parce que la plus grande partie de ce principe reste dans la fécule verte.l

9°. Le suc séparé de la matière végéto-animale qui s'était coagulée , a été exposé à l’évaporation; il s’est déposé un sédiment formé de petits cristaux brillans, c'était du citrate de chaux , ainsi que je m'en suis assuré en le décomposant par l'acide sulfurique. C’est à ce sel qui se dépose avec la matière végéto-animale, lorsqu'on soumet lesuc de pastelà l’ébullition, qu’est le carbonate de chaux qu'on trouve dans les cendres de cette matière. Le suc séparé du citrate de chaux a déposé par plusieurs évaporations

l

(13) du sulfate de chaux mélé de citrate:; quand je l'ai jugé suffisamment ! concentré, je l'ai mêlé à l'alcool-à 340. , et j'ai l'ait le réf du jusqu’à ce | qu'il parut ne plus rien donner à l'alcool. Le résidu iusoluble délayé dans l'eau a laissé une matière gélatineuse formée de phosphate, de sulfate et citrate de chaux: La solution évaporée a donné des cris- taux de sulfate de potasse mélé de sulfate de chaux; V'eau-mère de ces cristaux était sous Ja forme d'un liqurde brun épais ; j'épuisai ce liquide par l'alcool bouillant , je le délayai dans l’eau, et j'obtins une gelée mso- luble formée-d’une matière, animale, de couleur jaune , d'un acide végétal libre, de phosphate de chaux, demagneésie de fer et de manganèse. 1,100. La solution aqueuse du liquide brün était formée d'une matière animale qui n'a paru différer de la matière végéto-animale, d’un acide libre végétal d'un principe volatil ayant l'odeur d'osmazôme , d'un principe colorant jaune, de sucreliquide, d'une matière gommeuse , de nitrate de potasse, de phosphate; de chaux , de phosphate de magnésie et de fer, de chaux et de magnésie, qui paraissaient être unis à l'acide végétal; car on les obtint, par l'incinération, à l’état libre ou de carbonate; ce qu'il y a d'étonnant, c’est qu'on ne peut précipiter par l’ammoniaque le phosphate de chaux de la solution aqueuse du liquide brun ; il ne se précipite alors que du phosphate ammoniaco-magnésien; cela prouve que le phosphate de chaux on ses élémens sont retenus en dissolution par d'autres corps que par un acide libre.

119, J'ai ensuite examiné les matières du suc de pastel qui avaient été dissoutes par l'alcool; la dissolution de ces matières a donné à la distil- lation un produit qui contenait de l'acide acétique , de l'ammoniaque , des traces d’un principe ayant l'odeur de crucifères, et celui qui a l'odeur d'osmazôme : le résidu mêlé à l’eau et chauffé , afin de séparer l'alcool, a déposé des pellicules et des flocons qui m'ont présenté les propriétés de l’extractif oxigéné. En faisant concentrer la liqueur d’où l’extractif avait été séparé, J'ai obtenu beaucoup de nitrate de potasse cristallisé ; en répétant plusieurs fois ces opérations, je suis arrivé à avoir un liquide qui ne donnait plus de cristaux de nitre, et qui ne donnait presque plus d’extratif par l’eau et l’évaporation.

12°, Ce liquide, traité de cette manière, était acide ; il contenait une assez grande quantité d’un principe colorant jaune , car la laine et la soie alunées qu’on y a plongées ont pris une couleur jaune tirant au fauve; il contenait de la matière animale , laquelle était précipitée par l’acide sulfurique , par la noix de galle, par l'acide muriatique oxigéné : outre ces substances, il contenait encore un peu de gomme et de sucre liquide, de l’acétate d'ammoniaque , de l'acétate de potasse, du muriate de potasse, du nitrate de potasse , un peu de sulfate de chaux , un peu de magnésie et d'oxide de fer. :

130. J'ai essayé d'isoler la couleur jaune des matières auxquelles elle ess

| fa3-)

unie, au moyen de.lacétate de plomb. Pour cela, j'ai fait quatre précipitations successives ; les trois premières ont été faites avec l’acétate de plomb, et la quatrième avec le sous-acétate. Les deux premiers préci- pités étaient d’un brun roux, le troisième était d’un jaune citron , enfin le quatrième était d’un jaune léger : ces précipités étant lavés, je les ai délayés dans l'eau , et je les ai soumis à un courant de gaz hydrogène sulfuré ; j'ai obtenu des dissolutions jaunes qui étaient formées à très-peu près des mêmes substances, savoir d’un acide de couleur jaune , et de matière animale ; celle qui provenait des deux premiers précipités conte- nait plus de matière animale que celle qui provenait des deux autres. Je n'ai pu déterminer la nature de l'acide incristallisable, ïl a présenté plusieurs des propriétés de l'acide malique ; mais je n’assurerai pas qu'il soit semblable à cet acide ,parce qu'il ne serait point impossible qu’un acide végétal naturellement cristallisable fùt combiné à un principe colo- rant, et à de la matière animale, de manière à ne pouvoir cristalliser, et à présenter les propriétés de l’acide malique.

14°. Quoique la liqueur eût été précipitée par un excès d’acétate et de sous-acétate de plomb, cependant elle contenait encore beaucoup de couleur jaune , ainsi que de la matière animale.

159. Il suit de là, que quand on verse des quantités fractionnées d’acétate de plomb dans le liquide soluble dans l'alcool, il se forme des combinai- sons quine diffèrentles unes des autres que par la proportion des principes : les premieres qui se précipitent, contiennent plus des principes moins solubles que celles qui se précipitent ensuite ; la combinaison qui reste en dissolution ne, se maintient à cet état, qu’à la faveur de l'acide acétique qui à élé mis à nu ; et ce qui le prouve, c’est que quand on a chassé cet acide -par l’évaporation , on obtient an nouveau précipité , non-seulement avec le sous-acétate de plomb,mais encore aÿec l’acétate de plomb ordinaire. Pour terminer mon analyse, je n'ai plus qu'à parler du précipité qui s'était formé dans la liqueur alcoolique étendue d’eau , et qui jouissait des propriétés qu’on a attribuées à l’extractif (11°).

16°. Cette matière était acide , je l'ai épuisée par l’eau : par ce moyen, j'ai dissous de l’acide , du principe colorant jaune, qui était de la même nature que celui qui avait été dissous par l'alcool , et de la matière animale. Ce lavage a teint la laine et la soie alunées en jaune fauve ; par l’évaporation, il s’est couvert de pellicules, et a donné des flocons de matière animale combinée à un peu d'acide et de couleur jaunes; ainsi , voilà trois corps qui ont été enlevés à l’extractif au moyen de l’eau.

La partie de l’extractif qui n’avait pas été dissoute par l’eau, était acide ; elle a été soumise à l’action de l'alcool bouillant ; ce qui n’a pu être dissous était formé de matière animale retenant un peu de couleur jaune , et assez d'acide pour rougir le’ papier de tournesol.

Les lavages alcooliques ont été réunis et distillés ; sur la fin de la

(14) distillation, j'ai ajouté un peu d’eau, pour faciliter le dégagement de l'alcool; il est resté une liqueur d'un rouge brun et une matière solide brune. : 4

La liqueur,contenait de l'acide, de la couleur jaune et un peu de matière animale ; il était évident qu’on pouvait la considérer comme une dis- solution d’un extractif avec excès de couleur jaune et d'acide. D’après cette considération et la forte affinité qui existe entre les principes de l’extrac- tif, j'ai pensé qu'il pourrait se faire que l’extractif dépouillé de sa matière animale aurait la propriété de précipiter la gélatine. L'expérience à confirmé cette conjecture ; ainsi voilà deux combinaisons séparées de l'extractif, l’une insoluble, qui est avec excès de matière animale ; l’autre soluble, avec excès de couleur et d'acide , qui précipite la gélatine à la manière d’une substance astringente. Ce résultat prouve qu'une substance naturelle , très-différente de la noix de galle , peut jouir de la propriété tannante , et confirme les idées que j'ai émises sur la nature du tannin ; ce résultat appuie l'opinion de MM. Fourcroy et Vauquelin sur l'extracuf qu'ils ont présumé être une. combinaison de matière animale et de tannin ; mais il faut remarquer que la nature de l’extractif du pastel est différente de celle de la combinaison observée par MM. Fourcroy et Vauquelin ; car cette dernière est formée de la matière astringente qui se trouve dans la noix de galle , tandis que celle du pastel est formée d’une couleur jaune et d’un acide qui n’est pas le gallique.

Quant à la partie de l’extractif qui avait été dissoute par l'alcool , et qui en avait été précipitée par l'eau , je n’ai pu y découvrir que de l'acide, de la couleur jaune, et de la matière animale. Ce qu’il y a de remar- quable, c’est que cette combinaison est soluble dans l'alcool , et qu’elle se rapproche par des matières résineuses , la dissolution alcoolique de cette combinaison peut être concentrée sans laisser précipiter de pellicules et des flocons ; mais dès l'instant qu’on y met de l’eau, il se forme des pellicules , et il se dépose des flocons , parce que l’eau affaiblit l’action de l’alcool en se combinant avec lui. On avait attribué à l’extractif la propriété d’être précipité en pellicules et flocons par l’oxigène de l'air, cela peut arriver dans quelques cas ; mais l'expérience que je viens de rapporter fait voir que ces flocons peuvent être également produits par une matière qui se précipite de son dissolvant parce que la force de celui-ci vient à diminuer.

De ces expériences , il suit que l’extractif du pastel est une combinaison de matière animale, d’unc couleur jaune, et d’un acide que je n’ai pu déterminer à cause de sa petite quantité. Ce résultat confirme les doutes que MM. Fourcroy et Vauquelin avaient émis sur l'existence de l’extractif. D'après ce que uous savons de l’affinité des matières animales pour les principes colorans , on pouvait $oupconner la nature d’un extractif ana- logue à celui que je viens de décrire; car on disait que l’extractif se

(15)

rencontrait dans les sucs de plantes que l’on a fait coaguler ; or, la coa- gulation ne sépare jamais la totalité des matières animales , lessucs con- viennent presque toujours un acide libre et une matière colorante, consé- quemment ces corps doivent former une combinaison ternaire. Quand le suc n’est pas assez acide pour retenir toute la combinaison en dissolution, on obtient par l’évaporation des pellicules et des flocons qui ne sont que de la matière animale combinée à un peu d’acide et de couleur, et souvent à un sel terreux. La matière de l’extractif du pastel explique pourquoi on a attribué à ce principe la propriété de teindre, pourquoi on lui a attribué celle d’être précipitée par l'acide muriatique oxigéné ; la première est évidemment due au principe colorant, la seconde à la matière animale. Je suis loin de prétendre que tout ce qu’on a décrit sous le nom d’extractif, soit semblable à celui du pastel; mais les considérations que je viens d'exposer me font présumer qu'il y en a un grand nombre qui ont une composition analogue à la sienne.

Des expériences rapportées dans ce Mémoire il suit que les feuilles du pastel contiennent :

1°. Du ligneux; 2°. de la résine verte ; 5°. de la cire; 4°. de l’indigo ; Bo, une matière végéto-animale ; 6°. une matière coloranie rouge ; 7°. un principe colorant jaune ; 8°. un acide végétal-incristallisable ; g°. du sucre liquide ; ro°. une matière gommeuse ; 11°. une matière animale qui m'a paru différer de la matière végéto-animale; 12°. un principe odorant qu’on trouve dans les crucifères et qui paraît contenir du soufre ; 13°. un principe nouveau qui a l’odeur de l’osmazôme; 14°. du citrate de chaux ; 15°. de sulfate de chaux; 16°. du sulfate de potasse ; r7°. du phosphate de chaux ; r8°. du phosphate de magnésie ; 19°. du fer ; 20°. du manga- nèse ; 21°. de l’acétate d'ammoniaque ; 22°. de l’acétate de potasse ; 25°. du nitrate de potasse ; 24°. du muriate de potasse.

CHIMIE MINÉRALE.

Sur la précipitation des Métaux par l'hydrogène sulfuré ;

par M. Gax-Lussac.

Les chimistes pensent généralement que les métaux qui ont beaucoup d’affinité pour loxigene et qui décomposent l’eau , comme le manganèse,

le fer, le zinc, l’urane , le nickel , le cobalt, etc. , ne sont point précipités :

de leurs dissolutions par l'hydrogène sulfuré, à moins qu’il n’y ait le concours de, doubles aflinités. M. Gay-Lussac prouve que cette opinion n’est point fondée, et que l'hydrogène sulfuré seul précipite tous les métaux dans des circonstances convenables.

ÂAns. DE Cine:

Nov. 1841.

( 16)

Ce gaz, abstraction faite de sa nature particulitre, jouit de toutes les |

propriétés dés acides. Comme eux il rougit la teinture de tournesol et sature les bases; mais sa constitution le rapproche davantage des'acides gazeux, et l’éloigne au contraire beaucoup de ceux qui ayant moins de volatilité, exercent dans les combinaisons une action beaucoup plus grande. C’est ainsi que le carbonate de plomb est décomposé par les acides nitrique et muriatique, et que réciproquement l'acide carbonique ne précipite point le plomh de ses combinaisons avec ces mêmes acides: Cependant il ne serait point exact d’en conclure que l'acide carbonique ne précipite point le plomb dans aucune circonstance ; on sait au contraire qu'il décompose en partie l’acétate, dont l'acide est beaucoup plus faible que les acides minéraux.

En comparant, sous ce rapport, l'hydrogène sulfuré à l’acide carbo- nique, M. Gay-Lussac a cherché s’il ne décomposerait point les combi- naisons du manganèse, du fer, etc., avec des acides faibles. Il a done préparé des acétates, des tartrates et des oxalates de ces métaux, et én y versant de l'hydrogène sulfuré, il a obtenu constamment des précipités semblables à ceux que. produisent les hydrosulfures. 11 fait observer néanmoins que la précipitation n’a pas été complette, et on devait s'y attendre. 6

En employant des dissolvans plus faibles encore que les acides végé- taux, on obtient alors une précipitation complette du métal par l’hydro- gène sulfuré. Ainsi les ammoniures de fer, de nickel, eic., sont entiè- rement décomposés par ce gaz. C’est un moyen de séparer les métaux solubles dans les alcalis des substances qui s’y dissolvent aussi, et qui ne sont point précipitées par l'hydrogène sulfuré. On peut également l'employer avec avantage pour obtenir des hydrosulfures métalliques

purs ; car les hydrosulfures alcalins dont on se sert ordinairement pour cet :

objet, sont presque toujours plus ou moins sulfurés, et ils donnent par conséquent des précipités qui le sont aussi, à moins que l’on n’emploie un excès d'hydrosulfure pour dissoudre le‘soufre. On détermine encore la décompositionides sels métalliques, qui n'aurait pas lieu par l'hydrogène sulfuré seul, en ÿ ajoutant de l’acétate de potasse. Ce fait est remarquable en ce que , quoiqu'il n’y ait pas de décomposition apparente par les doubles affinités ,' elle a réellement lieu dans le liquide ; car autrement l'hydrogène sulfuré ne produirait point de précipitation. En résumé , l’hydrogèue sulfuré formant avec tous les métaux des com- binaisons insolubles, qui sont des sulfures ou des hydrosulfures , il les précipitera constamment lorsqu'ils seront tenus en dissolution par des agens plus faibles que la plupart des acides minéraux. En dissolvant ainsi les oxides métalliques dans la potasse ou dans l’am- moniaque , l’auteur est parvenu en mélant ces dissolutions deux à deux, ou en ajoutant à chacune de l’eau de barite, de strontiane ou de chaux, à

ed

ra .

(17)

former des combinaisons qu'ou n’ubtiendrait point en prenant des dissol-

vans beaucoup plus forts, dont l’action sur les oxides l’emporterait sur

l’afinité mutuelle de ces mêmes oxides. Il en fera le sujét d’une note par- wüculière. F |

PHYSIQUE.

Mémoire sur l'axe de réfraction des Cristaux ;- et des Substances organisées ; lu à la première classe des sciences physiques et mathématiques de l'Institut , le 19 août1811, par M. Mazus. (Extrait. ) Jr vais faire à la Classe, la description des moyens que j’emploie pour

retrouver l'axe de cristallisation et de réfraction dans les cristaux qui ne

conservent plus de traces de leurs formes primitives , telles que les masses de cristal de roche qui ont été taillées pour divers usages, et que les opticiens destinent ensuite à la construction des instrumens d'optique.

Le procédé est actuellement en usage dans les ateliers l’on construit

les microscopes de M. Rochon. Il sert encore plus facilement à déter-

miner l’axe de réfraction des cristaux qui n’ont pas été déformés, et son application m'a conduit à des résultats généraux relatifs à la structure des cristaux , et à celles des substances végétales et animales dont je vais aussi rendre compte à la Classe. J'ai dit, dans mes précédens Mémoires , que pour déterminer dans quel sens un rayon de lumière était polarisé, il fallait faire tourner dans sa direction un cristal doublant les images, et observer Îe sens dans lequel le rayon n'éprouve plus les modifications de la double réfraction. La direction de la section principale du cristal indique alors celle des pôles duxayon. Réciproquement la direction des pôles du rayon étant connue, cdie déduit celle dela section principale. Enfin, pour une face quel- coaque , naturelle ou artificielle, la section principale étant un plan per- peudiculaire à la face réfringente et parallèle à l'axe de réfraction, si on détermine ce plan pour deux faces quelconques, l'intersection de ces deux plans donnera nécessairement la direction de l’axe de cristallisation

-et de réfraction; ce qui est l’objet du problème. Voici actuellement comment je parviens à reconnaître dans tous les

cas les sections principales. La méthode que j’emploie dans cette circons-

tance est celle que j'ai décrite dans mon dernier Mémoire , et qui consiste

à interposer et à faire mouvoir entre deux corps polarisans fixes, la

substance dont on veut détérminer l’action sur la lumiere. }

Je commencerai par rappeler qu’on parvient toujours à des résultats analogues , soit qu’on emploie pour polariser la fumière les substances qui donnent la double réfraction, soit qu'on emploie simplement des Tome III. N°. 32. 5e. Année. 3

INSTITUY NAT.

Soc. PHILOMAP.

(18)

. e se - e. e e9 e corps qui la réfléchissent. Ainsi, dans mon dernier Mémoire, j'employais, pour polariser la lumiere, la réflexion d’une glace; et pour analyser le rayon modifié, un rhomboïde de spath calcaire , dont la section prin- cipale était parallèle au plan de réflexion, parce qu il s'agissait de com- parer à-la-fois les intensités des rayons polarisés dans les deux sens. J'ob- servais en même lems que la lumiere réfractée ordinairement , n'avait que deux maximum et deux minimum, et que la lumière réfractée extraordi- nairement avait quatre maximum et quatre zninimum ; circonstance qui me sert à expliquer les phénomènes qui dépendent à-la-fois et de la double réfraction et de la réflexion qui a lieu dans l’intérieur des cris- taux. Dans le cas dont il s’agit ici, comme on n’a pas à comparer des intensités de lumière, et comme il faut seulement déterminér un phéno- mène absolu , j'emploie un appareil encore plus simple, composé de deux glaces non étamées , et dont la seconde face est noircie à la flamme d’une lampe. ( La fin au numéro prochain. )

MÉCANIQUE.

De la mesure de la force tangentielle dans les machines à arbre tournant; par M. Hacxetre.

Dans la plupart des machines, le moteur agit sur Îles ailes d’une roue fixée à un arbre, imprime à l'arbre un mouvement de rotation sur son axe, et ce mouvementse transmet à la résistance. Pour calculer l’eftet dynamique de l'arbre tournant , il faut mesurer la vitesse de cet arbre et sa force tan- gentielle : on connaît la vîtesse par le nombre de tours que l'arbre fait en un tems déterminé; mais on n’a pas encore un moyen exact de mesurer la force tangentielle : la mesure de cette force est de la plus grande importance dans la mécanique-pratique. M’étant occupé descette question , je vais communiquer à la Société le résultat de mes recherclies.

Tout le monde connaît le dynamomètre de M. Regnier. Il consiste en un ressort, dont les tensions correspondent à des poids connus. On s’est servi de cet instrument pour déterminer le plus grand poids ou la plus grande pression dont une force donnée est capable. On l'a ensuite appliqué à la mesure de la force journalière d’un cheval. Un dynamomeètre fixé par un bout au trait d’un cheval , et de l’autre bout à la résistance que le cheval doit vaincre, Imdique évidemment l'effort capable de vaincre cette résistance; en sorte que le produit de cet effort mesuré en poids, multiplié par le chemin que le cheval parcourt en un jour de travail ,; détermine l'effet dynamique dont le cheval est capable en un jour.

M. Regnier s’est proposé de mesurer la force tangentielle d’un arbre de manivelie mue par un ou deux hommes. Pour résoudre cette question , il a substitué à Ja manivelle ordinaire un ressort qui est fixé par un bout à

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Cr91)

l'arbre tournant, et qui porte à l’autre bout une poignée. L'homme qui tient la poignée ne peut pas vaincre la résistance fixée à l'arbre , qu'il ne plie le ressort ; l'arc qui mesure le chemin que l'extrémité du ressort par- court, correspond aa poids qui mesure l'effort de l’homme appliqué à la manivelle. Ce moyen de mesurer la force tangentielle est d’une appli- cation difbcile , et ne peut pas d’ailleurs servir à mesurer une grande force, comme celle d’un arbre tournant, mu par l’eau, par le vent ou par les combustibles.

M. Whitt, mécanicien , (rue et-hôtel Bretonvillers, à Paris), a pré- senté à l’une des: expositions des produits de l’industrie française, un moyen de mesurer les grandes forces tangentielles. Les mécaniciens qui connaissent depuis longtems cette iavention , et M. Whitt lui-même , ne l'ont encore appliquée à aucune machine; elle n’est décrite dans aucun ouvrage , er je ne la connais pas assez pour en donner la description.

Ce que je propose est une application très-simple du grand dynamo- mètre , dont les tensions correspondent à des poids qui ont pour limites 5 à 600 kilogrammes.

Voici la question. On à deux arbres tournans, dont les axes sont parallèles ; à l’un est appliqué un moteur tel que l’eau, le vent, etc. ; à l’autre est fixée une résistance : quels que soient le moteur et la résis- tance, on propose de déterminer la force tangentielle des arbres tournans.:

Qu'on imagine entre deux plans perpendiculaires aux axes parallèles des arbres tournans, deux roues qui s’engrènent et qui tournent autour de ces axes. Supposons que la première: roue soit fixée à l’arbre qui tourne par l'action du moteur, et que la seconde roue puisse avoir autour de l’axe du second arbre, un mouvement de rotation indépendant du mouve- ment de rotation de cet arbre. Cette dernière condition sera remplie, si on a fait au centre de la roue , une ouverture d’un diamètre égal à celui d’un collet cylindrique , qui a même axe que Île second arbre ; alors cette roue peut tourner sur le collet de l'arbre, comme une roue de voiture sur son essieu.

Enfin, qu’on se représente sur une circonférenee dont le centre est sur Taxe du second arbre., et dans un plan parallèle et très-peu distant des circonférences des roues, deux points ; l’un fixe sur le second arbre, et l’autre fixe sur la roue qui tourne autour de cet arbre. Ayant attaché un dynamomeètre à ces deux points, il est évident que la première roue engre- nant la seconde, elle la fera d’abord tourner pour tendre le dynamomètre , et que la tension du dynamomètre étant capable de vaincre la résistance, la seconde roue et son arbre auquel la résistance est appliquée , tourneront en même tems. Or, d’après cette expérience , on connaîtra la corde de l'arc, suivant laquelle s'exerce la tension du dynamomètre; donc on pourra, par un calcul très-simple , déduire la force tangentielle , cor- respondante à un rayon déterminé.

Si le second arbre était mis en mouvement par une manivelle,

(20) comme dans les machines à feu à double effet, la branche de manivelle perpendiculaire à l'arbre, tournerait à frottement libre sur un collet de cet arbre, et porterait sur son prolongement, un anneau auquel serait attachée l'extrémité d’un dynamomètre, dont l’autre extrémité serait fixée à l’arbre tournant.

Lorsque l’action du moteur varie, le dynamomètre est toujours tendu |

de la même manière, pour vaincre la résistance constante; seulement les vitesses des arbres varient, mais on connaît les instrumens propres à mesurer ces changemens de: vitesse.

4

Si l'action du moteur est suspendue momentanément, le dynamomètre :

cesse d’être tendu. Pourtenir compte des variations dans les tensions du dynamomètre, on pourrait subsutuer au curseur ordmaire de cet instru- ment, un autre Curseur portant un Crayon, qui indiquerait, même en l'absence. de l'observateur, les changemens de tensions. On a déja résolu cette question de, mécanique, pour indiquer les variations de la colonne de mercure dans le baromètre. à PAR

On a supposé l’axe de l’arbre tournant auquel est appliquée la résis- tance, parallèle à l'axe de l'arbre qui.recoit l'action du moteur ; mais quel que soit le mécanisme par lequel on transmet l’action du moteur au premier arbre , et, quelle que: soit la direcuion de cét arbre, on mesurerait la résistance qui lui est, appliquée , en y ajoutant une roue qui tournerait ce frottement, libre. sur un collet, et en attachant le dy- namomeire , Comme 1l vient d'être. dit, à la roue er à l'arbre.

Daus le cas des arbres à, axes parallèles, on peut supposer que l'arbre auquel est appliquée la résistance, n'appartient pas au moulin ôu à la machine dont l'autre. arbre fait partie ; alors on appliquera au second

arbre telle résistance factice qu'on voudra, du genre de celle qu'on

produit par des freins , et on obuüendra la mesure de la résistance et de l’effet dynamique du moteur , sans qu'il soit nécessaire de changer la construction première du moulin ou de la machine.

Voici maintenant les principaux avantages qui résultent de cette nou? |

velle application du dynamomèetre : 1°. le moteur restant le même, et faisant varier la résistance, les vitesses de rotation des arbres tournans varieront, et on délerminera par un petit nombre d'essais, les vitesses qui correspondent au maximum d'effet dynamique du moteur.

‘2°, Connaissant les vitesses de rotation d’un arbre, qui correspondent

p , Ja \ ; aux résistances qu'on applique à cet drbre, tous les moyens par lesquels

on détermine la vitesse constante ou variable de rotation , serviront à mesu- rer la résistance qui correspond à cette vitesse.

5°. Une roue hydraulique étant construite de manière qu’elle recoive toute l'action de l’eau motrice , on conmaîtra exactement l'effet dynamique de l'arbre tournant de cette roue, et on aura une mesure indirecte, mais très-exacte , du cours d’eau qui fait mouvoir la roue.

dort

4 P

NOUVEAU BULLETIN

DES #S CPE NCES,

PAR LA SOCIÉTE PHILOMATIQUE.

Paris. Féprier 1812. RP —— HISTOLRE NATURELLE. BOTANIQUE ST PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE.

Résumé de différens Mémoires sur la Graine et la Germination; par M. Mrrsez (1).

Linné , tout en nommant les cotylédons , feuilles séminales , dit qu'ils Soc. PaiowArs tirent leur origine du vitellus (du perisperme, sans doute), et qu'ils sont semblables aux cotylédons des animaux; ce qui ne rappelle guère l'idée de feuille. M. de Jussieu substitue le nom de lobes séminaux à celui de /euilles séminales. M. Richard, dans son Dictionnaire et dans son Analyse du fruit, nomme les cotylédons sans les définir. Les cotylédons sont les premières feuilles dans la graine. Dans une foule de genres, leur analogie avec les feuilles, et sur-tout avec les /eurlles primordiales , «est frappante. ( Exemple : abies, pinus, anagallis, geranium, etc. ; presque tous les monocotylédons.) Les cotylédons jouent un grand rôle

: dans la germination ; l'observation l'indique, l’expérience le démontre : ils facilitent, par leur alongement, l’évolution de la radicule et de la plumule des monocotylédons. k

Lorsqu'on retranche les cotylédons, ce n’est pas la blessure qui tue le: fœtus végétal , ainsi que l’a avancé un botauiste moderne ,; puisque M. Desfontaines a vu se développer trèes-bien des embryons dicotylédons,

_ divisés longitudinalement en deux parties qui portaient chacune un lobe séminal.

(:) L’auteur a lu avec attention, Iles critiques que l’on a faites de ses Mémoires, il à étudié de nouveau les graines et les germinations qui ont donné lieu à des attaques plus ou moins graves ; il a négligé une foule d’objections insignifiantes , eten derniér résurtat, 31 s’est plus souvent affermi dans ses opinions qu’il ne les a modifiées.

Tom. III. No. 55. 5e, Année. 4

Ca2i

Les embryons monocotylédons sont quelquefois munis d’un lobule, petite lame charnue, opposée au cotylédon, mais placée un peu plus haut. Le lobule est la seconde feuille de. l'embryon. Sa FRE , Sa position, ! et sur-tout son absence dans la plupart des plantes dites unilobées, déterminent à ne le pas considérer comme un second cotylédon. Il se montre tantôt avant la germination ( Exemple : @gylops , triticum , avena , etc. ), tantôt après. (Exemple : asparagus. ) Sa forme est celle d’une écaille (Exemple : ægylops, asparagus , etc. ); ou d’une demi-gaîne. (Exemple : lolium temulentum.

Les embryons monocotylédons peuvent être divisés en deux classes :1°. les embryons dont la plumule est interne ( plumula interna); cestà-dire , logée dans la substance même du cotylédon. La plumule de ces embryons ne se forme souvent pas avant la germination, et elle n’offre jamais de tigelle, petite tige intermédiaire entre le codlet et le bourgeon de la plumule. D’ordinaire, pendant la germination, le cotylédon des em- bryons à plumule interne, paraît à la surfacér de la terre en tout ou en partie (cotyledo epigæa ). ( Exemple : allium, asparagus , ornitho- galum, hyacinthus , etc. ) é |

26. Les embryons dont la plumule est externe ( plumula externa), c’est-à-dire, située à la surface du cotylédon. Cette plumule, qui a tou- jours une tigelle, est en général toute formée, et même saillante avant la germination. Pendant Ya germination , le cotylédon reste dessous la terre ( cotyledo hypogæa), et ne sort point des 1égumens séminaux. (Exemple : graminées, zostera? ruppia ? )

La cavité du cotylédon qui reçoit la plumule, quand elle.est inferne, et la feuille primordiale qui recouvre et cache les autres feuilles de la plumule , quand cette plumule est externe , sont deux espèces différentes de -gaînes de feuilles ou coléophrylles.

Une même famille offre quelquefois des plantes à plumule externe, et d’autres à plumule interne. ( Exemple : cyperacées ? graminées. )

On peut diviser les embryons à plumule externe en trois classes : 1°. ceux dont la radicule fait corps avec le cotylédon , et parait de nature à rester passive pendant et après la germination. ( Exemple ruppia, zostera. ); 2°. ceux dont la radicule est latérale relaüvement à la masse de embryon, et recouverte d’un appendice cotylédonaire en forme d’élui ou de sac , espèce de coléorhize. (Exemple : graminées. ); 50. ceux dont la radicule est £erminale et pourvue ou non d’une coléorhize. (Exemple : carex maxima, scirpus lacustris et supinus, eic. )

Les embryons à plumule interne ont toujours leur radicule terminale relativement à leur masse. On peut les diviser en deux classes : 1°. ceux qui ont une coléorhise ( Exemple : canna ); 2°. ceux qui n’ont point de coléorhise. ( Exemple : triglochin. palustre et maritimum , juncus

(25) bufonius, ornithogalum longibracteatum, allium cæpa , alisma , butomus, ‘Ryacinthus serotinus, etc., elc. ) :

Avant la germination, la coléorhize est souvent unie par un léger tissu cellulaire à la radicule. (Exemple : holcus saccharatus , cornucopiæ cuculatum , etc. ) D'autres fois, elle y adhère à tel point qu’elle ne peut en être distinguée ; et dans ce cas , elle se détache par lambeaux pendant la germivation. (Exemple : canna. ) ;

Quand l'embryon est dépourvu de coléorhize, il n’est pas rare que la base du cotylédon produise à son point d'union avec la radicule, un petit bourrelet circulaire, ou seulement une couronne de poils très-déliés. ( Exemple : alisma, butomus, triglochin , juncus, etc.) Un bourrelet se forme aussi quelquefois dans les embryons dicotylédons. (Exemple : mirabilis, cucumis, martynia, quelques rumex, etc.)

La radicule est la racine dans la graine, et son caractère essentiel consiste en ce qu’elle recoit l'extrémité inférieure de tout le systéme vasculaire de l'embryon. S'il est démontré que les trois mamélons de racines qu’on a observés dans la coléorhize du coëx et de l’Aordéum se partagent l'extrémité inférieure du système vasculaire, pourquoi ne consi- dérerait-on pas ces mamélons comme autant de radicules ? L'existence de plusieurs radicules dans un embryon ne répugne point à la raison.

Chaque radicule a toujours, dans lorigine , sa coléorhize particu- lière ; mais en peu de tems les cloisons de séparation s’évanouissent, et dès-lors plusieurs coléorhizes n’en forment plus qu’une. (Exemple : coix, hordeum. )

Les radicelles naïssant de tout autre point que de la base de l'em- bryon, ne peuvenvêtre confondues avec la radicule, lors mêmes qu’elles sont pourvues d’une espèce de coléorhize.

La coléophylle des embryons monocotylédons , soit qu’elle appartienne au cotylédon, (Exemple : canna, caryota , asparagus, etc.), Soit qu’elle appartienne au bourgeon de la plumule, (Exemple : graminées , excepté oryza; Carex maxima, Scirpus Supinus, elc.), ne s'ouvre pas par suite d'un déchirement mécanique , comparable à celui de la coléophylle située à la base des pétioles des cocoloba , mais par suite d’un amin- cissement et d’une séparation organiques , favorisés par la légère pression ‘de la plumule ; phénomène que lon peut comparer, jusqu’à certain point, à la division longitudinale de la coléophylle située à la base des péuoles de plusieurs poivres , des figuiers, etc. Sous ce rapport, la coléo- phylle de la plumule des monocotylédons ne diffère de leurs feuilles envainantes que parce que celles-ci s'ouvrent plutôt; encore voit-on les feuilles de l'aflium ccæpa soruür tardivement les unes des autres, comme la plumule sort du cotylédon.

Lorsque la coléophylle fait partie du cotylédon, tantôt elle s’ouvre

(24) par un simple trou sans former de saillie (Exemple : NGÏGS ; alisma, sagittaria, butomus , potamogeton , zanichellia , allium , etc. ), et tantôt elle s’alonge en un cône plus ou moins grand, et se perce à son sommet. ( Exemple : oryza, canna, caryota, asparagus > etc.) Le cône, trans- formé en gaine, se prolonge souvent d’un côté, à la manière d'une feuille engainante. ( Exemple : asparagus. )

Lorsque la coléophylle n’est autre que la feuille primordiale, elle monte à la lumière, se perce à son sommet, se prolonge latéralement et ressemble plus ou moins aux autres feuilles de la plumule. ( Exemple : graminées. )

Le collet de l'embryon est situé entre la base de la plumule et la base de la radicuie ; quelquefois ces deux bases sont contigües , et le collet se réduit à n’être guère, avant et même après la germination , que la ligne de jonction du caudex ascendant et du caudex descen- dant. ( Exemple : canna, triglochin, ornithogalum, allium , etc. ) D’autres fois la plumule et la radicule sont contigiües avant la germi- nation ; mais lorsque l'embryon se développe, le collet s’alonge et sépare la radicule de la plumule. ( Exemple : commelina, tradescantia dans les monocotylédons, cucumis dans les dicotylédons. ) D'autres fois en- core, dès avant la germination, le collet a une longueur notable. (Exemple : alisma, naïas, butomus, eic., dans les monocotylédons; mirabilis, etc., dans les dicotylédons. ) Si le. co/let tend à descendre avec la radicule, il appartient au caudex descendant; s’il tend à monter avec la plumule, il appartient au caudex ascendant. 1] périt avec la radi- cule dans les monocotylédons, quand la base de la plumule s’est enra- cinée. (Exemple : commelina. ) Même chose a lieu souvent pour la üigelle quand des radicelles se sont développées à la base de la feuille primor- diale. ( Exemple : beaucoup de graminées.)

Il n’y a qu'un conducteur de l'aura seminalis dans les graminées ; c’est ce qu'on voit bien en faisant l’anatomie, non de la graine, mais de l'ovaire. (Mémoires de l’Institut, 1808, 1°". semestre, pag. 551.) Ce conducteur prend naissance à la base de l'embryon et paraît y adhérer ; il passe du tégument séminal dans la paroi de l’ovaire, il se partage, tantôt en deux branches ( Exemple : blé, orge, eic., et aussi maïs, selon M. du Petit-Thouars), tantôt en un plus grand nombre. (Exemple : Lo/cus saccharatus ) (1). Bien entendu que la vémtable place de l’ombilic est indi- quéee par le passage du conducteur, du tégument séminal dans la paroi de

——— "0 À

G) Le nombre des filets vasculaires qui se rendent de la base du style à la base de l'ovaire s’élève à 10, ou peut-être davantage, dans l’holcus saccharatus ; mais plusieurs vont manifestement au point d’attache du fruit, et sont les vaisseaux nourriciers du péri carpe; néanmoins il ÿ a apparence que le conducteur recoit plus de deux faisceaux,

(25) l'ovaire. Quant à la graine, pour réduire l’exposé de ses caractères généraux en termes techniques, précis et clairs , autant que possible, on dira qu’elle est périspermée oblique ; qu’elle a un tégument propre adhérent ; qu'elle a un ombilic basilaire, postérieur, el un embryon périphérique latéral inférieur. {

» La radicule de certains embryons est accompagnée d’une rhiziophyse,

appendice de formes diverses, qui semble être un reste du système ombi-

lical, si toutefois ce systême communique directement avec l'embryon.

Un sac membraneux, en forme de cupule, fixé à l’ombilic par son extrémité inférieure , laissant appercevoir une cicatrice à son fond, recou-

vert par le tésument propre de la graine, mais en étant bien distinct, et

recevant la base cicatrisée de l’amande (Exemple : pinus maritima,

pinea, etc.), se montre dans les genres pinus, abies, larix, cedrus.

(Voy. Ann. du Mus., 1om. 16, pag. 451 et suiv. ) Ces mêmes genres,

ainsi que le thuya, offrent un embryon dont la radicule est terminée

par une substance qui, en état de siccité, est racornie, et qui étant humec-

tée, se ramolit, se gonfle, se dilate à la facon du gluten. Cette substance,

distincte du périspèrme par ses propriétés physiques, adhère plus ou

moins à son ussu, selon la remarque de M. Richard. Pendant la ger-

mination, le sac membraneux, et non pas le tégument propre de la

graine pressé par la radicule, s’alonge en une gaîne que l'on pren-' drait facilement pour une coléorhize, et se déchire quand il ne peut plus céder à la force expansive de l’embryon. C’est, ce semble, parmi les

rhiziophyses que doit être classé cet organe, qui, à juger par les cicatrices correspondantes, et par certains autres rapports Organiques, a été pri-

mitivement attaché au bout de la radicule.

Les embryons du cycas et du zamia ont une rhiziophyze filiforme, très- longue, repliée et peletonnée sur elle-même. Le raxus, le podocarpus et l’aristolochia clematis ont une rhiziophyse filiforme , droite et courte. L’enveloppe charnue des singber, des alpinia, etc. , n’est peut-être qu’une rhiziophyse détachée de la radiculc. M. Decandolle a découvert, il ya quelques années, la rhiziophyse charnue du nymphœæa, qui renferme complettement l'embryon: un appendice semblable existe dans le poivre et le saururus.

Quoiqu'il soit vrai que la rhiziophyse ait d'ordinaire une connexion parenchymateuse avec le périsperme, comme celui-ci est dépourvu de vaisseaux, que sa substance est très-différente de celle de la rhiziophyse, et qu’à l’époque de la maturité, ces parties, si peu en rapport d’orga- nisation, s’isolent l’une de l’autre, ( Exemple : 2»mphæa ), ou se dessè- chent leur point de contact, de façon que l'union organique dégénère en une simple adhérence mécanique ( ce qu’on reconnaît à des signes qui ne sont pas équivoques ), il est évident que Gœrtner a eu raison de dire que le périsperme est distinct et séparé de l'embryon.

(26)

Le nymphæa, le poivre et le saururus, ainsi que le zelumbo, ont deux cotylédons. Les cotyiédons de cette dernière plante, que Bernard de Jussieu range dans les papaveracées, et M. Ventenat, dans les renonculacées } sont réunis par leur base et font corps avec la radicule , petit mamelont au centre duquel aboutit l’extrémité inférieure du système vasculaire: Goœrtner assigne clairement la place de cette radicule, lorsqu'il dit © «In ceratophyllo atquenelumbo id tantum à cotyledonibus distat vitellus} qudd lobi ejus circa basin suam, aded latè inter se ‘et cum radicul coaliti sunt, ut hanc penitüs abscondant..…..» ( Introd. 148. ) Mais Gœrtner trouve une différence entre le vitellus et les cotylédons, et sut ee point il n’est pas d'accord avec le savant M. Sprengél. (Philosoph. Bot. ; ed. 4, p. 178 et 170), et beaucoup d’autres botanistes. :

Le gunera, le piper, le saururus , le nymphæa, le nelumbium se tiennent par un grand nombre de caractères , et peuvent Constiluér une farnille par enchainement. ( Les pipéritées. ) * La graine du preris cretica , semée convenablement, produit une sorte de cotylédon latéral , une plumule roulée en crosse, et un chevelu qui tient lieu de radicule. On se sert ici du mot graine, sans prétendre rien décider relativement à l’existence des sexes ; mais on observe, indépen- demment de toute application particulière, que l'absence d’enveloppe sémi- nale, la pluralité de radicule, et peut-être même la formation organique d’un germe sans fécondation préalable, n’excluent pas l’idée de graine.

Ce sentiment estadmis aujourd’hui par plusieurs naturalistes. M. Sprengel,

par exemple , termine quelques remarques sur les plantes cryptogames , par la phrase suivante : unde efficitur, vera semina-his familiis imper-

Jectioribus esse, quæ sine actu fæcundationis generata speciern propagant.

Jour. GÉN. DE Méo. Sept. Tom. 42, p. 97.

{ Voy. Philosoph. Bot. , pag. 159.) Certains polypes produisent de véri- tables œufs, quoiqu'ils soient privés de sexes. Serait-il bien sage d'affirmer que dans les plantes la même chose ne puisse jamais avoir lieu?

Extrait d'un Mémoire sur la structure de la Pomme de terre; par M. À, NVirrars , doyen de la Faculté de

Médecine de Strasbours, correspondant de l’Institut, etc., avec une planche.

M. Virrars est connu depuis longtems comme médecin et comme botaniste cultivateur et voyageur ; dans ce mémoire , à ces qualités, il joint celles de chimiste et de physiologiste. 11 le commence par une nolice courte mais exacte de l'introduction de ce précieux végétal en Europe, sur ses caractères botaniques et sa culture ; il remarque qu'il

C23)) l'a vu dans les Alpes cultivé au-dessus du point s'arrêtent le seigle ei les forêts à 1800 Loises.

| Passant ensuite à l’examen deses qualités intérieures, il indique plusieurs circonstances de sa culture qui rendent ses tubercules plus ou moins savou- reux, sains ou délétères. Ainsi, il remarque que lorsque les tuber- cules se trouvent hors de terre, par une cause quelconque, ils prennent une couleur verte, et qu'il se manifeste dans toute la partie colorée beau- coup d’âcreté ; il en est de même de ces tubercules qui ont été enta- més ou blessés par accident, ou par la larve du hanneton ; ils acquièrent une odeur vireuse. Passant en revue différentes manières d’apprêèter les pommes de terre , il reconnaît dans toutes la présence d’un suc âcre et narcotique , qui s'enlève par lébullition ou s’évapore par la forte chaleur de la cuisson ; mais en même tems ces moyens enlevent aussi des parties nutritives, et il en donne pour preuve que les cochons et les che- vaux s’engraissent beaucoup plus promptement avec la pomme de terre crue, et qu'ils en sont plus friands que lorsqu'elle est cuite.

M. Villars a ensuite cherché à reconnaître le siège résidait cette propriété vireuse ; il a reconnu d’abord que c'était daps la partie fibreuse ; car ayant recueilli le marc qui restait sur le châssis, après la préparation de Ja féeule, et qui n’est autre chose que les fibres végétales , il l’a préparé comme aliment; mais de quelqu’assaisonnement qu'il se soit servi, cette substance a été toujours très - mauvaise, même en lui rendant de la fécule ; ensuite, appelant à son secours l’analogie, il a présumé que, comme dans tous les autres végétaux reconnus comme dangereux, cette qualité vireuse résiduit dans le suc propre. Voulant encore pénétrer plus avant , il a eu recours à un excellent microscope, et il a cherché par son moyen à déterminer la structure des molécules les plus intérieures, et il représente leur configuration dans une planche contenant huit figures.

Il a d’abord reconnu que la farine de pomme de terre était composée de globules ovoïdes, ayant depuis = de ligne jusqu’à : ils sont lisses, brillans , et laiteux comme des globules de mercure : en cuisant, ils acquièrent un tiers de plus en diamètre, et deviennent moins brillans; leur surface est.comme gersée et fendillée. Dans la pomme de terre gelée et détériorée par cette cause, ils sont plus petits de moitié. |

Dans ce cas, le réseau des fibres est plus facile à observer; alors les globules sont plus rapprochés des fibres. Observant ensuite les fibres , il a trouvé qu’elles composaient un réseau disposé en mailles , de figure ordi- nairement hexagone irrégulier. Le diamètre de ces fibres lui a paru être de —— de ligne environ. :

200 -: Parmi le réseau, il a observé çà et des renflemens plus épais en forme de trompe ou d’entonnoir cylindrique, dans lesquels il présume qu'est contenu le suc cylindrique, sans pourtant oser l’affirmer.

(28 )

Ayant ensuite placé des portions de ce-tissu réticulaire dans un verre de montre avec de l’eau, il a tenté de les colorier avec différentes liqueurs: Il a d’abord fait couler dans le verre une goutte de son sang chaud; il a été attiré et ensuite s’est porté sur la fibrine qu'il a coloriée en jaune rougeâtre, d'une manière très-prompte et tres-uniforme, au point que les globules du sang ont disparu, et se sont décomposé à l'instant. Trois jours après, l’eau s'étant évaporée en partie, il a apercu un certain nombre de cubes de muriate de soude ou sel marin de -— à = de ligne de diamètre. Dans l’eau de puits ordinaire, le sang n’a pas pro- duit de cubes comme avec cette fibrine de pomme de terre , ce qui lui fait présumer que ce réseau à une propriété particulière qui a été inconnue jusqu’à présent.

Outre les fibres du réseau , M. Villars a observé de plus des fibres dures presque ligneuses , qui ont la forme et le volume cylindrique d’un cheveu de -- de ligne environ de diamètre, bifurquées et trifurquées, ondulées transversalement par des lignes très-fines.

Elles se font reconnaître sous la dent, en mangeant la pomme de terre ; car elles sont dures, coriaces , ayant un goût rance et de pourri ; à la vue , elles paraissent comme des veines rouges parmi la fécule. L’au- teur les regarde comme une espèce de maladie comparable aux pierres des poires. Îl paraît, suivant lui, qu’elles ont la propriété d’enchaîner pour ainsi dire l'odeur vireuse et désagréable. i

Voulant ensuite prendre un point de comparaison dans un autre végétal, M. Villars a examiné la fine fleur de farine de froment; il a trouvé ses molécules beaucoup plus petites et plus irrégulières que celles de la pomme de terre. Ils n’avaient que de + à = de ligne de dia- mètre. La poudre à cheveux et lamidon n’ont pas paru différens. Ce n’est pas , suivant M. Villars, cette ténuité des molécules qui soit la seule cause que la farine soit plus propre à poudrer que la fécule de pomme de terre ; mais c’est de plus que la chaleur ne l’altère pas si facilement, qu’elle contient moins d’eau, et qu’elle est moins prompte à la perdre et à la. reprendre:

. L'auteur a ensuite passé à l'examen de la pomme de terre germée ; son réseau est beaucoup plus fin et plus alongé; il ne contient qu’un petit nombre de globules, et beaucoup plus petits, puisqu'ils n’ont

que de + à ——- de diamètre ; de plus , ils sont différemment placés. I présume , avec beaucoup d'apparence, que leur dimmution en nombre et en diamètre vient de ce que la végétation et la vialité de la pomme de terre a le pouvoir et le moyen de dissoudre, d’auénuer et de déplacer les globules de la fécule, pour les faire servir à son accroissement et à sa

muluplication. Il résulte donc ; suivant lui, de cette dissection microscopique, que

”” (29)

la partie délétère de la pomme de terre appartient à la fibre ligneuse et au suc propre, et que la partie globuleuse, farineuse possède au con-

uraire la propriété nutritive , non-seulement pour les animaux, mais pour les plantes elles-mêmes.

Jusque-là M. Villars expose ces faits comme simple observateur, mais ensuite il se croit permis de les rapporter à une théorie de physiologie générale dont il a consigné les bases dans des ouvrages précédens; mais 11 Le fait avec toute la réserve qui convient au naturaliste. Rappelant des faits qu'il a publiés précédemment , et qui ont été confirmés par d’autres observateurs , il s'élève à des considérations générales sur l'accroissement des corps organisés. D'abord il cite un Mémoire publié en 1804, et dédié à Fourcroy, dans lequel il dit qu'ayant exposé de l’eau de pluie au soleil, dans des fioles de verre bien bouchées ; il ÿ a vu naître des globules lai- teux ; qu’ils sont devenus opaques et verts ; qu’ils ont fini par se réunir en ligne continue en forme de chapelet ; qu’il en est résulié deux espèces de conferves; qu’examinant ensuite la structure des nerfs, de la moëlle et du cerveau , il a reconnu que toutes les parties étaient formées de globules isolés dans le principe; qu'il paraissait que toutes les autres parties des animaux provenaient de globules isolés, tels sont ceux du sang. Raporo- chant ensuite les faits contenus dans ce dernier Mémoire , il regarde l’ac- croissement dans les deux règnes comme une espèce de cristallisation globulaire.

M. Villars a joint à son Mémoire une planche dans laquelle il représente les différentes parties dont il parle, grossies au microscepe. A. P,

PHYSIOLOGIE ANIMALE.

Extrait d'un Mémoire de M. Legallois; sur le principe des forces du cœur, et sur son siège. (Fin de l’article. )

Dans toutes les espèces et à tous les âges, la destruction d’une portion Hxsrirur war. quelconque de la moëlle épinière a toujours pour effet d’affaiblir les 27 Mai et 3Juin1811. forces du cœur : mais la portion qu'il faut détruire pour porter leur affaiblissement au-dessous du degré nécessaire à l'entretien de la circu- lation, varie dans les différentes espèces , et ellé est d'autant plus longue dans la même espèce, que l’animal est plus voisin de l’époque de sa naissance.

Si, avant de détruire la moëlle, on fait des ligatures soit à l'aorte, soit à quelques gros troncs artériels , les résultats sont différens, et la destruction de la même portion de moëlle, qui, sans ces ligatures,

Tom. III. No. 53. 5e, Année. 5

ue

n. (30 )

aurait arrété subitement la circulation, sera insuflisante pour produire

cet effet. En général, en resserrant par des ligatures l’étendue des par- | ties auxquelles le cœur doit distribuer le sang, on diminue la somme | des forces dont cet organe a besoin pour remplir sa fonction , et l’on |

raccourcit à mesure la longueur de la moëlle indispensable pour l’entre- tien de la circulation.

La destruction d’une portion de moëlle insuffisante pour arrêter la cir- culation générale, la diminue toujours beaucoup dans les parties corres- poudantes à la moëlle détruite, et y fait jusqu’à un certain point l'office d’une ligature. 11 arrive de que lorsqu'on détruit la moëlle successi- vement par petites portions, et en mettant un certain intervalle de tems entre chaque destruction , on en peut détruire sans arrêter la circulation, une longueur beaucoup plus grande que celle suffisante pour produire cet effet , si elle eût été détruite en une seule fois,

Soit par ce procédé, soit par des ligatures faites aux artères, il n’y a aucune portion de moëlle épinière qu’on ne puisse empêcher de coopérer à l'entretien de la circulation , sans que cette fonction soit arrêtée, et il n’y en a aucune qui ne puisse devenir suflisante pour l’en- tretenir. C’est sur cela qu'est fondée la possibilité, réalisée par l’auteur; de conserver la vie dans un troncon isolé, et extrait du milieu du corps d'un animal. Mais de quelque manière qu’on s’y prenne dans ces expériences, toutes les fois que l’on va jusqu'à anéantir l’action

de la moëlle dans toute sa longueur, la circulation est arrêtée sans

retour. ï On peut déduire de ces faits les conséquences suivantes :

La vie est due à une impression du sang artériel sur le cerveau et la moëlle épinière, ou à un principe résultant de cette impression.

Cette impression une fois produite, ce principe une fois formé, a toujours une durée quelconque, mais variable, suivant l’âge et l'espèce des animaux. Par conséquent, il n’y a aucun moyen de tuer un animal instantanément, ou plutôt il n’y en a aucun autre que la destruction simultanée du cerveau et de toute la moëlle épinière.

La prolongation de la vie dépend du renouvellement continuel de cette impression, à-peu-près comme un corps mu, en vertu d'une première impulsion, ne peut continuer de se mouvoir indéfiniment qu’autant que la même impulsion est répétée par intervalles.

C’est cette impression, c’est ce principe formé dans le cerveau et la moëlle épinière, qui , sous le nom de puissance nerveuse, et par l’inter. médiaire des nerfs, anime tout le reste du corps , et préside à toutes les fonctions.

tte

(3:) Le cœur emprunte toutes ses forces de ce même principe, de même que les autres parties en empruntent le sentiment et le mouvement dont elles sont douées , avec cette différence que le cœur puise ses forces dans tous les points de la moëlle épinière, sans exception , tandis que chaque partie du corps n’est animée que par une portion de cette moëlle ( par celle

dont elle recoit ses nerfs.) L'action de ce principe sur le cœur n’est pas la même dans toutes les espèces , et dans la même espèce elle est plus considérable à mesure que l’animal est plus voisin de l’époque de sa naissance.

C’est du grand sympathique que le cœur reçoit ses principaux filets nerveux , et c'est uniquement par ce nerf qu'il peut emprunter ses forees de tous les points de la moëlle épinière. 11 faut donc que le grand sympa- thique ail ses racines dans cette moëlle , et dès-lors toutes les questions qui se sont élevées sur l’origine de ce nerf, et que jusqu'ici l'anatomie n'avait

pu résoudre , se trouvent complettement résolues par la voie expéri- mentale.

On ne peut plus admettre qu'il existe dans le méme individu deux vies distinctes, la vie. animale et la vie organique, que le cerveau est le centre unique de la vie animale, et que le cœur indépendant de la puis- sance nerveuse est le centre de la vie organique.

La mort n'étant que l'extinction du principe formé dans le cerveau

et la moëlle épinière par l’action du sang artériel , elle peut n’être que artielle quand l'extinction l’est elle - même; elle est générale quand

‘extinction a lieu dans toute l’étendue du cerveau et de la moëlle épinière.

La mort partielle admet une véritable résurrection toutes les fois que la portion de moëlle épinière demeurée vivante peut fournir au cœur des forces suffisantes pour ranimer la circulation dans la portion morte. Si la mort générale est irrévocable , ce n’est pas que la reproduction du principe dont il s’agit ne puisse s’opérer dans toute l'étendue de la moëlle épinière, tout aussi bien que dans une portion au bout d’un tems plus ou moius long après son entière extinction ; maïs c’est que le cœur ayant perdu toutes ses forces par l'effet même de cette extinction , sans aucun moyen de les recouvrer, la circulation a cessé pour jamais. En un mot, Vextinction du principe de la moëlle épinière , et la cessation spontanée de la circulation sont deux choses inséparables , et dont l’une annonce cons- tamment l’autre.

Parmi les signes certains de la mort, il faut donc compter tous ceux qui prouven! que la circulation a cessé. C’est pour cela que la vacuité des

IxsTiTur na, AoûtiSire

(232) " carotides en est un infaillible , lors même que les battemens du cœur con- ! tinuent ; d’où il suit qu'il s’en faut bien que le dernier terme de la vie ! s'étende jusqu’à l'abolition de l’irritabilité dans cet organe. |

; Î

PHYSIQUE.

Le

Mémoire sur l'axe de réfraction des Cristaux , et des

Substances organisées ; lu à la première classe des sciences

physiques et mathématiques de l'Institut, le 19 août 1811, par M. Mazus. (Fin de l’Extrait.)

Je fixe perpendiculairement à un tableau vertical, une de ces glaces, en l'inclinant à l’horison de 54° 35/; je place au-dessous la seconde, en. l'inclinant également à l’horison de 549 35/, mais en lui faisant faire avec le tableau un angle de 35° 25/. Dans cette position , la lumière qui, après avoir été réfléchie par la première glace, parvient verticalement à la seconde, a perdu la faculté d’être réfléchie par celle-ci et la pénètre en entier. Si on place entre ces deux glaces un cristal doué de la double réfraction , et disposé de manière que sa section principale soit perpen- diculaire à l’une ou l’autre glace, la lumière qui le traverse conserve ses propriétés, elle n’est pas réfléchie par la seconde glace. En plaçant œil dans le prolongement du rayon qui serait réfléchi, on n’aperçoit pas de lumière. Si la section principale du cristal cesse d’être perpendiculaire, à l’une ou l’autre glace, la lumière qui le traverse est divisée en deux faisceaux polarisés en-sens contraire, et qui en tombant sur la seconde glace, ne sont plus dans la disposition qui les soustrait à la réflexion partielle. L’œil reçoit alors une certaine quantité de lumière réfléchie qui est à son maximum, quand la section principale du cristal a décrit autour de la verticale un angle de 45°, et qui devient nulle de nouveau quand la section principale a décrit un quart de circonférence. On place donc, entre les deux glaces, une tablette horisontale percée d’une ouver- ture rectangulaire , dont les côtés sont parallèles et perpendiculaires an tableau vertical. On passe le cristal sur cette ouverture, et on le fait tourner jusqu'à ce que la lumière qui le traverse ne soit plus réfléchie par la seconde glace, et que Île fond de celle-ci paraisse totalement obscur, On le fixe dans celte position, et on trace sur la face inférieure deux lignes parallèles aux côtés de l’ouverture rectangulaire. Si actuellement on fait dans le cristal deux sections perpendiculaires à la première face , et parallèles aux lignes tracées, une de ces sections sera nécessairement

Cd (35) parallèle à l’axe de cristallisation. Pour la reconnaître, il faut faire subir à ces nouvelles faces la même épreuve qu’à la première. Dans l’une d’elles, , les nouvelles lignes rectangulaires seront perpendiculaires à celles de la | première face, ce qui indique qu'elle est perpendiculaire à la section | principale : dans l’autre, qui est alors nécessairement parallèle à l'axe, les deux lignes rectangulaires seront inclinées à l'intersection des faces, et , une de ces lignes donnera la direction de l’axe. Pour la déterminer, il suffira de faire une nouvelle section parallèlement à une quelconque de ces lignes. Si, dans cette troisième section, les lignes rectangulaires sont l'une parallele et l’autre perpendiculaire à celle qui a dirigé la section, celle-ci indique réellement la direction de l’axe. Si, au contraire, dans cette troisième section, le phénomène de la dépolarisation cesse d’avoir lieu , c’est-à-dire , si en faisant tourner le cristal , la glace qui doit réflé- chir la lumière reste constamment obscure, la direction de l'axe est per- pendiculaire à la ligne qui a dirigé la section, et par conséquent perpen- diculaire à la derniere face.

On voit, par ces opérations, que trois sections au plus, et souvent deux , suffisent toujours pour retrouver l'axe de réfraction et de cristalli- sauon d’un corps, quellesque soient d’ailleurs les aliérations. qu'il peut avoir subi dans sa fonne extérieure. Mais ces trois opérations , nécessaires au minéralogiste qui veut déterminer l’axe de cristallisation d’une subs- tance, ne sont pas nécessaires à l’artiste qui construit un micromètre. Celui-ci peut, dès la première opération , reconnaître le sens conve- nable à la taille des cristaux, pour obtenir le phénomène qu'il se pro- pose de produire. Si, dans la première section qu'il a obtenue, les lignes rectangulaires sont perpendiculaires à celles de la première face, il peut tailler deux prismes, dont les arëètes soient parallèles à la ligne qui a dirigé la section. Dans chacun de ces primes, l'axe de réfraction est per- speudiculaire à l’arête, mais différemment incliné sur les faces; ce qui suffit pour produire l'effet proposé, comme je l’ai prouvé dans la théorie que j'ai donnée de ce genre de phénomène. ( Voyez la Théorie de la double réfraction , pages 270-276.)

Si, au contraire, dans la première section qu’il a obtenue, les lignes rectangulaires sont inclinées à l’intersecuon des deux faces , 1l doit tailler un prisme dont l’arête soit parallèle à la première ligne , et un autre dont l’arête soit parallèle à la seconde. Dans l’un de ces prismes , l’arête est parallele à l'axe du cristal; dans l’autre, elle lui est perpendiculaire. Cette disposition est celle à laquelle les essais de M. Rochon l'avaient conduit.

La méthode qui sert à retrouver l’axe des substances douées de la double réfraction , peut servir & fortioré pour reconnaître si un cristal est doué

(54) !

ou non de celte propriété ; car toutes les fois que la glace qui doit réflé-

chir la lumiere paraîtra coustamment obscure, on en conclura que le |

cristal ne jouit pas de cette propriété. Lorsqu’au contraire la glace paraîtra alternativement obscure et éclairée, on en conclura que le cristal es

doué de la faculté de doubler les images. Cette méthode étant indé 5: dante de la quantité de l'écartement des images, sert à-la-fois Loi jee cristaux, dont la double réfraction est très-forte, et pour ceux dans a quels la division des images est très-faible. Elle est la seule applicable pour ces derniers , parce que la dispersion des images étant beaucoup plus forte que celle de leur écartement, on ne peut, dans aucun cas

obtenir leur séparat'on. | ,

En soumettant à ce genre d'analyse toutes les substances minérales diaphanes , et Îles divers produits chimiques susceptibles de cristalliser je parviens à ce résultat général , que toutes ces substances sont douées de la double réfraction, hormis celles qui cristallisent en cube ou en octaèdre régulier. Ainsi, comme ces dernières sont en plus petit nombre, au lieu de faire comme autre fois, une liste des substances qui jouissent de cette propriété , il faut faire actuellement une liste de celles qui en sont pri- vées. Cette observation peut conduire à la connaissance des formes de quelques substances, dont la cristallisation n’est pas exactement déters minée. Ainsi l’eau congelée, par exemple, offrant un axe de cristallisa- tion , il est probable que sa forme n’est point un octaëdre régulier, comme on l'avait soupçonné.

Je dois ajouter que les substances qui affectent la forme prismatique ont ordinairement l’axe de réfraction parallèle aux arrêtes du risme quelque soit d'ailleurs leur forme primitive. Era

Mais ce qu'il y a de plus extraordinaire, c’est que toutes les substances organisées , végétales ou animales, soumises à la même épreuve, partis cipent de celte propriété des cristaux. J’ai placé, dans les mêmes cir- constances,, les parties fibreuses et transparentes des feuilles et des fleurs les pellicules qui recouvrent l’aubier, de la soie, des laines et des Je blancs, des écailles , de la corne, de l’ivoire, des plumes, des peaux de quadrupèdes et de poissons, des coquilles, du fanon de baleine, etc. , et toutes ces substances ont modifié la lumière de la même manière que 1 corps cristallisés. Toutes ont, pour ainsi dire , un axe de réfraction ou de cristallisation, comme si elles étaient composées de molécules d’une forme déterminée, disposées symétriquement les unes par rapport aux autres.

Cette observation, cepeudant, semble pouvoir s'expliquer de deux # manières. Ou ces substances sont réellement composées de particules organisées comme les cristaux, ou ce phénomène tient aux propriétés

(35 ) générales de la lumière réfléchie et réfractée que j'ai reconnues précé- | demment. Je discuterai cette matière dans un autre Mémoire, en rappor- | tant les expériences qui doivent décider cette question.

ÉCONOMIE DOMESTIQUE.

Procédé pour obtenir le Sirop de Miel, aussi beau que i le sirop de sucre.

livres. onces.

Malte ae eau Oil ur ons 6 » SOCIÉTÉ PHILOY. PAU AD Se ee telle tete le à ee el | 10 Craie réduite en poudre. . . : . . . . . . 3 Charbon pulvérisé, lavé et desséché « . . . : » 5 Blancs d'œufs (battus dans 4 onces d’eau). . » 3

On met le miel, l’eau et la craie dans une bassine de cuivre dont la capacité “doit être de moitié plus grande que le volume du mélange , et on fait bouillir ce mélange pendant deux minutes; ensuité on verse le charbon dans la liqueur, on le mêle intimement avec une cuiller, et on continue l'ébullition pendant deux autres minutes ; après quoi on ajoute le blanc d'œuf, on le mêle avec le même soin que le charbon , et on continue de faire bouillir encore pendant deux minutes. Alors on retire la bassine de dessus le feu, on laisse refroidir la liqueur environ un quart-d’heure, et on la passe à travers une élaminé, en ayant soin de remettre sur létamine les premières portions qui filtrent,-vu qu’elles entraînent tou- jours avec elles un peu de charbon. Cette liqueur, ainsi filtrée , est le sirop convenablement cuit.

Une portion du sirop reste sur l’étamine, adhérant au charbon, à la craie et au blanc d'œuf; on Jen sépare par l’un des deux procédés qui suivent.

Premier procédé. On verse sur ces matières de l’eau bouillante jusqu’à ce qu'elles n’ayent plus de saveur sucrée; on réunit toutes les eaux de lavage, et on les fait évaporer à grand feu, en consistance de sirop. Ce sirop, ainsi cuit, contracte une saveur de sucre d’orge, et ne doit point être mêlé , par cette raison, avec le premier.

Deuxième procédé. On verse en deux fois, sur la matière précédente, autant d’eau bouillante qu’on en a employé pour purifier la quantité de matitre sur laquelle on opère; on la laisse filtrer et égoutter : on

*

*% (56) soumet le résidu à la presse, on réunit toutes les eaux, et on s'en sert pour une autre purification.

tas |

Observations. 1°. Le sirop fait par le procédé qu’on vient de décrire

est d'autant meilleur, que le miel est de qualité supérieure. Celui qu'on obtient avec le miel Gâtinais, et à plus forte raison avec le miel de Narbonne, ne peut point être distingué du sirop de sucre. Celui qu'on obtient avec le miel de Bretagne n’est point bon.

20, Avant de se servir de l’étamine, lorsqu'elle est neuve, il est néces- saire de la laver à plusieurs reprises avec. de l’eau chaude ; autrement elle communiquerait une saveur désagréable au sirop, parce que, dans cet état, elle contient toujours un peu de savon.

30. 11 faut que le charbon qu'on emploie soit bien pilé, lavé et des- séché : sans cela l'opération ne réussirait qu’en partie. On peut se servir avec succès du charbon qu'on prépare en grand chez M. Vallée, phar- macien, rue Saint-Victor, n°. 06.

La totalité du sirop qu’on obtient est égale en poids à la quantité de miel employée, et une livre de sirop peut remplacer avantageusement une demi-livre de sucre ordinaire. Si donc l’on a employé le miel à 50 sous la livre, en y ajoutant 4 sous pour les frais de confection du sirop, ce qui est beaucoup trop, ce sirop reviendra à 34 sous la livre, et fera le profit d’une demi-livre de sucre de 5 francs.

Erratum du Ie. 51, page 365. ‘,

OEnisostemone , Lisez : Anisostémone.

SLI L'PSLS SI SS

AN TS.

Les abonnés au Bulletin des Sciences, publié par la Société philomatiqne depuis et compris le mois de jpilet 1791, jusques et compris le mois de ventose an 13 (1803), sont prévenus que les tables qui terminent cet ouvrage, sent mises en vente chez

M. KLOSTERMANN fils, rue du Jardinet, n°. 13; elles se composent,

1°. D'une table raisonnée des matières contenues dans le troisième et dernier tome du Bulletin;

2°. D’un tableau, par ordre de sciences, de tous les objets énoncés dans les trois. omes ;

3°. D'un supplément à la table raisonnée des deux premiers tomes, Quatré feuilles in-4°. petit-texte. Prix : 2 fr. 50 c. >

L'abonnement est de 14 fr. , franc de port, et de 13 fr. pour Paris: chez 3 KLOSTERMANN fils, acquéreur du fonds de Mad. Ve. BxrnanD, Ubraire, rue du Jardinet, n°. 13, quartier St. André-des- Arts.

NOUVEAU BULLETIN

DES SCIENCES,

PAR LA SOCIÉTÉ PHILOMATIQUE:

Paris, Mars 1812.

LE

ne

CHIMIE MINÉRAL"'E:

ŒÆxtrait d'un Mémoire sur les Oxides de fer; par M. Gay-Lussac.

M. Gax-Lussac, après avoir fait un exposé de ce qu'on à fait sur les oxides de fer, et après avoir montré combien il règne encore d’incer- titude , tant sur leur nombre que sur la proportion d’oxigène qu'ils renferment, expose le résultat des expériences qu'il a faites sur cet objet.

11 démontre qu’il y à trois oxides de fer parfaitement distincts, comme M. Thenard l'avait avancé , et il détermine les diverses circonstances dans lesquelles chacun de ces'oxides se forme.

On obtient l’oxide au premier degré toutes les fois que le fer décom- pose l’eau au moyen d'un acide; sans que celui-ci fournisse, de l’oxigène.

Il est composé de

Mer A AR NS RU RS PE EN Na se TT TOO: 0: DriPene ta MoN OA ee

M. Gay- Lussac a trouvé celte proportion en dissolvant le fer dans les acides sulfurique et muriatique faibles , et en concluant l’oxigène du volume du gaz hydrogène obtenu. Cet oxide est celui que MM. Chenevix et Thenard ont fait connaître, et qu'ils ont désigné par le nom d’oxide

Tom. III. No. 54. 5e, Année. 6

Ne. 54,

ANN. DE CHIMIE»

de 38 y ; w

blanc. Les dissolutions dans lesquelles il entre ont pour caractère de précipiter en blanc par les alcalis, et par le prussiate triple de po- tasse. Mol it

On obtient l’oxide au second degré, toutes les fois que l’on brûle du fer dans le gaz oxigène, dans l'air à une haute température , et mieux encore toutes les fois que l’eau seule est décomposée par le fer, soit à froid, soit à une chaleur rouge. Il est composé de

PA AR LOU LEONA SA RAR RG A RE Res SET O ON OS

Oxigene.. 1.1... ier@rae il Peer ea ir ee 57,8.

Cet oxide est gris-noir quand il est en masse; mais quand on le préci- pite de ses dissolutions il paraît brun foucé, et vert quand il est très- divisé, et qu'il n'en reste -que quelques molécules en suspension. Il est très-magnétique , quoique beaucoup moins que le fer; sa densité est de 5,1072, l'eau étant à 18° centig. AASE

Le meilleur procédé pour obtenir cet oxide pur, est de faire passer un courant de vapeur d’eau sur du fil de fer très-fin, jusqu’à ce qu'il ne se dégage plus d'hydrogène. AT

L’oxide rouge de fer forme avec l’acide sulfurique un sel blanc, ana- logue au précédent, et qui a été décrit pour la première fois par M. Bucholz. On l’obtient facilement en faisant chauffer de l’acide sulfurique concentré avec l’oxide rouge, en faisant bouillir ce. même acide sur la limaïlle de fer, ou enfin en en versant dans,une dissolution un peu concentrée de sulfate rouge. Ce sel peut exister avec des proportions très-variables; d'acide. Quand il en contient le moins possible , en conservant cependant sa blancheur, il est peu soluble dans l'eau froide : elle le décompose, même peu-à-peu-en lui enlevant son acide et un peu d’oxide, et il reste de l’oxide jaune rougeûtre : l’eau chaude produit beaucoup plus pr'ompte= ment cette décomposition. Quand le sel contient plus d'acide, l'eau froide et l’eau chaude les dissolvent complettement. Re

Il est très-remarquable que l’eau produise des oxides différens, lors- qu’elle est décomposée séule ou par le*moyen des acides. Ge fait prouve la

rande tendance qu'ont en général les acides à maintenir les métaux au plus bas degré d'oxidation, et par conséquent leur plus grande affinité pour ces oxides.

M. Gay-Lussac, apres avoir examiné les diverses circonstances ‘dans lesquelles le fer s’oxide , et méme ce qui se passe: dans le mélange de deux sulfates, dont l’un est au maximum et l’autre au NT en conclut qu'il n'y a que trois oxides de fer bien distincts, et qu'il ac pas nécessaire de recourir à un plus grand nombre pour expliquer les couleurs variées que présentent les précipités de fer. Il examine ensuite lés change- mens que la nature bien déterminée des trois oxides de fer peut porter

nl

l f

(39)

dans la nomenclature minéralogique, et il prouve que les espèces qu’on avait désignées par le nom d'oxidules, comme les oxides de Suède et ceux de la vallée d'Aoste, sont identiques avec l'oxide noir contenant 37,8 d’oxigène par quintal de fer, et qu'ils doivent porter une autre dénomina- ton. Il lui a paru qu’il n'existe dans la nature dans l'état de pureté que deux oxides de fer : l'oxide noir et l’oxide rouge. L’oxide blanc ne S'y trouve qu'en combinaison avec l'acide carbonique dans les fers spathiques blancs; ceux qui sont bruns contiennent souvent beaucoup de fer spa- thique blanc , et il paraît que c'est dans l’état de ce dernier sel qu'ils ont été lors de leur formation.

M. Gay-Lussac ne s’est pas borné à examiner la décomposition de l'eau par le fer, lursqu’elle est seule mélée avec un acide. Il a trouvé que l'étain en se dissolvant dans l’acide muriatique, et en décomposant l'eau, ne prend que 13,5 d'oxigène par quintal d’étain , et que , lorsqu'on fait passer un courant de vapeur d’eau sr le métal, à une température rouge, on obtient un oxide blanc, semblable à celui que l’on forme avec l'acide nitrique, et qui est composé d’après ses expériences de

1.2 gl BETA RS CRAN LAN COR) ETES RIRES MESSE SSP AS 100,0. Open a Pin US NS DT ne

Le troisième oxide que forme le fer, est l’oxide rouge connu de tous les chimistes ; il est composé d’après les expériences de M. Gay-Lussac de

ER ST AR NON Es RESTE TEE SONT RTE LE Late Eos L}

DRRÈRES PAL RENE ELIRe EUR PTS RS ST Ene 42,31.

Il l'a obtenu en faisant passer de l’acide nitrique en vapeurs sur du fer rouge.

Ces divers oxides de fer forment avec les acides, mais particulièrement avec l'acide sulfurique, des sels très-remarquables. Le sulfate d’oxide noir à des couleurs très-variables suivant la quantité d’oxide qu'il contient ; il est d’abord jaune citriag puis jaune verdâtre » jaune brun, jaune rou- geâtre , et enfin rouge brun foncé, lorsque l'acide qu’on suppose étendu de deux fois son volume d’eau, est complettement saturé. Ce sulfate donne desecristaux verts, dont la formeest celle d’un rhombe terminé par un biseau partant de la plus grande diagonale du rhombe, et qui sont du sulfate de fer au minimum; de sorte qu'il s’est fait un partage d’oxisène, et qu'il en est résulté du sulfate au minimum qui a cristallisé, et du sulfate au Maximum qu'on trouve dan® la liqueur. Il se’ dépose souvent avec les cristaux une poudre blanche qui est un sulfate acide contenant peu d’eau, parce que les cristaux en contiennent beaucoup : celle circonstance con-

. Court sans doute à sa formation. On obtient très-facilement ce sel, en traitant l'oxide noir par l'acide sulfurique concentré, ou en versant un

4

JouanAz DE PHYs, 1811.

(io) peu de cet acide dans une dissolution de sulfate d’oxide noir un peu rapprochée.

Les dissolutions de l’oxide noir ont our caractère :

me De précipiter en brun foncé par les alcalis ;

. De donner avec le prussiate triple de potasse un beau précipité bleu

serait peut-être préféré pour la peinture ; 5

5°. De donner aussi avec la dissolution de noix de gale un précipité bleu très-intense. Il serait aussi possible que ces dissolutions de fer fussent plus avantageuses que les autres pour la fabrication de l'encre, pour la couleur noire sur laine ou sur soie, et pour l'impression. des toiles peintes ;

4. L ammoniaque dissout l’oxide noir précipité de ces dissolutions, quoine moins abondamment que l’oxide blanc ;

5o, Elles absorbent le gaz nitreux et deviennent brunes, mais elles en prennent moins que les dissolutious de l’oxide blanc ;

6°. L'alcool n’y fait pas de précipité dans l’instant; mais au bout de quelques heures, il détermine un partage dans la liqueur : il se forme des:cristaux de sulfate au sénimum d oxidation , etil reste une dissolution de sulfate au MmaAzmumn ;

7°. Les précipités qu'y produisent les carbonates saturés et concentrés , se Fdeon en facilenrent dans un excès de ces mêmes carbonates.

Le zinc, au contraire , ue forme jamais qu’un seul oxide composé de

A0 Ces 2 OS EN AS RIT PN /T00 00: Mn CU mar unie di id: REA er ue soit qu'on l’oxide par l'acide nitrique, soit qu’on Que dissolve dans l'acide muriatique ou dans l'acide sulfurique.

Enfin, puisqu'il y a trois oxides de fer, on doit obtenir lorsqu'on

‘décompose leurs dissolutions par les hydrosulfutes alcalins , des hydro-

sulfures de fer contenant des quantités de soufre déterminées par la quantité d'oxigène combiné avec chaque oxide, et par conséquent il est probable qu'il existe dans la nature trois espèces de sulfures bien disuüncies, correspondantes à ces hydrosalfures (1).

à PHYSIQUE.

Mémoire sur l'origine et la génération du pouvoir éléctrique } tant dans les frottemens que dans la pile de Volta, la Classe des sciences physiques et mathématiques de l'Ins- titut, le 23 septembre 1811, par M. Dessarenes.

Cr Mémoire auquel l’auteur a donné un supplément dans une lettre

(1) Mém. d’Arcueil, tom. 2, pag. 174 et 195.

(41) À M. de Lametheric, insérée dans le journal de décembre 1811, con- tient un grand nombre de faits d’où il résulte que la température des appareils, et sur-tout la différente température des diverses parties de ces appareils , a la plus grande mflûence sur la production de l'électricité. Nous réunisssons ici dans un même article Te mémoire et son supplément. L’ambre, le soufre, le la cire d'Espagne ne donneut aucun Signe d'électricité quand on les plonge , même brusquement, dans le mer- cure , lorsque leur température est égale à celle de ce métal ;. et moindre que 10° centigr. L'auteur a fait ses expériences en commencant à la tem- pérature de 18°. L’ambre commence à devenir électrique par ce pro- cédé à 11°; le soufre et la cire d'Espagne à 15v; le verre à 20° : tous cessent de l’être entre 60° et 80°, ei ne le redeviennent plus à des tem- pératures plus élevées. Ces corps ne deviennent jamais électriques, lors- qu'au lieu de les plonger dans ce liquide, on les en retire lentement, en supposant toujours que le degré de chaleur est le même; mais lorsque les corps idio-électriques dont nous venons de parler sont plus chauds que le mercure, ils s'électrisent constammeut, et par immersion, et par émersion. Un seul degré de différence dans la température suffit pour produire cet effet, qui est en général d’autant plus sensible que ia diffé rence est plus grande , on, observe cependant qu'un cylindre de verre à 100° plongé dans du mercure à 18°, n’y devient électrique que quand il se féle, mais il l’est alors à un haut degré. Quand c’est le mercure qui est plus chaud que le corps qu'on y plonge ou qu'on en retire, l’élec- triciié est beaucoup plus fable pour nne même différence de tempéra- ture, parce que le mercure refroidit beaucoup moins promptement dans ce cas que ne le fait le corps idio-électrique lorsqu'il est le plus chaud.

Le soufre s’électrise positivement dans tous ces cas, quel que soit l’état _de l'atmosphère ; mais le verre, l’ambre, la cire, le papier, le coton, la soie et la laine, prennent constament une électricité positive quand le ‘baromètre est bas, et que l’air pousse au chaud, et une électricité néga- aive lorsque le baromètre est haut, et que l'air pousse au froid. I arrive souvent que l'électricité est positive dans du mercure allié d’étain, et né- ‘gative dans du mercure pur. La nature de l'électricité change aussi , sui- vant l'intervalle plus ou moins grand des deux températures; on peut Tobserver positive pour un infervalle de peu de degrès, et négative pour une plus grande différence. ù

En frottant les mêmes corps sur la laine, au lieu de les plonger dans Je mercure, on observe également qu’il ne se produit d'électricité que dans des températures qui ne sont ni trop basses ni trop élevées, et que la nature de l'électricité dépend du degré de chaleur; ce qu'avait déja observé Bergman.

(en

Le simple contact du mercure ne produit d'électricité dansiles mêmes : corps que quand sa température est différente de la leur, et qu'elles ne sont toutes deux ni inférieures. à o°, n1 supérieures à 75°. On observe encore ici que l'électricité est ordinairement positive pour une petite différence dans le degré de #haleur, ct négauve quand cette différence est plus grande. AE VAR

Des disques métalliques isolés perdent aussi la faculié de devenir élec- triques par frottement , à une température tres-basse. Hs reprennent promptement cette faculté en Îles chauffant un peu dans la main. L’élec- tricité est d’abord négative; elle augmente d’abord, et diminue eusuite, à mesure que la température augmente, en continuant de chauffer le métal, il redevient non excitable, et ensuite positif.

L'électricité positive que donnent les métaux chauffés au soleil, de- vient en un instant négative par un Courant d'air froid, ou en les plongeant dans du mercure froid.

Lies métaux ne deviennent électriques au soleil que parce qu'ils s'y échauffent plus rapidement que le support qui les isole ; ils cessent de l’être lorsqu'on les y laisse assez longtems pour que le support y prenne la même température. Lorsque les disques métalliques sont na- turellement négatifs, on les rend posiufs l’hiver, et quand Pair pousse au froid, en refroidissant le support, et l'été, par un vent de sud ; et quand le baromètre est bas, en chauffant le support. S'ils étaient positifs, on les rendrait négatifs ; dans le premier cas, en chauffant le support, et dans le second en le refroidissant.

M. Dessaignes joint à ces faits, qui sont indépendans de la nature du métal dont les disques qu’on électrise sont composés , d'autres résul- tas relaufs aux divers métaux; il a trouvé qu’à l'exception de l’étain et de l’antimoine, ii sont toujours négatifs, tous les métaux sont naturel- rellement variables du positif au négatif; que le pouvoir des pointes pour faire naître l’état négatif est très-grand sur le zinc, un peu moindre sur l’argent, très-faible sur les autres métaux, et nul sur le bismuth ; que quand les métaux ne sont pas excitables, et qu'ils le deviennent lors- qu’on les expose au soleil, l'électricité se manifeste d’abord dans ceux qui sont meilleurs conducteurs du calorique, l'argent étant au premier rang , et le plomb au dernier.

Les métaux l'électricité a le plus d'intensité, sont l'argent et l’étain, puis viennent le cuivre et le zinc, ensuite le plaune et l'or, enfin, le plomb , l’antimoine , le fer et le bismuth.

Lorsque le baromètre est très-haut, le fer et le bismuth sont toujours positifs, quelque freid qu'il fasse; les autres métaux deviennent posi- iuifs quand il ne fait pas trop froid dans l’ordre suivant : l'argent, l'or, le platine, le cuivre, le zinc et le plomb: L’antimoine et l’étain ne le deviennent jamais. Le froid fait repasser ceux qui en sont suscepuübles,

| C43) » A l’état négatif dans l’ordre inverse, le plomb, le zine, le cuivre, le pla- tine, l’or et l'argent. Quand le baromètre est bas, et la température . très élevée, ils deviennent. tous négatifs dans cet ordre : l'argent, l'or, le platine, le fer, le bismuth, le plomb, le cuivre et le zinc, et repassent à l'état positif, quand la température baisse; mais ce changement arrive toujours dans le même ordre, l'argent, le premier, et le zinc, le der- nier, ensorte que l’ordre ne devient point inverse comme il arrive dans les changemens qui ont lieu lors des grandes élévations du baromètre. M. Dessaignes termine le mémoire que nous analysons par des expé- riences tendantes à prouver que l’action galvanique d’un disque de zinc posé sur un disque de cuivre, etcelle d’une pile montée à l’ordinaire, disparaissent lorsqu'on les plonge dans un mélange frigorifique; il avait cru d’abord que celle action augmentait avec la température du liquide environnant, quoi- qu'iletobservéun cas elle avait cessé dans l’eau bouillante. C’estsur cette _dernière’partie de son mémoire qu’il est revenu daussa lettre du 16 novembre à l’auteur du Journal de physique : il résulte des expériences qu'il y déerit, 19. qu'on faitdisparaître également l’action galvanique par un froid de 18° cen- tüigrades au-dessous de zéro, et par la chaleur de l’eau bouillante, pourvu que cette température, très-basse ou trés*élevée, soit précisément la même à tous les points de l'instrument ; 2°. que l’action reparaît quand la tempéra- ture cesse d’être partout la même, par: exemple, lorsqu'une des extrémités d'une pile voliaïque est plus chatde que l'autre, et que cette action a d’autaut plus d'intensité que la température est plus inégale aux deux ex- trémités de la pile. Enfin, l’auteur rapporte quelques expériences qu'il a faites sur l'électricité qu’on excile par le contact de deux branches métal- liques homogènes, mais de températures différentes. Il a produit, par exemple, destontractions très-vives dans les muscles d’une grenouille, en les plaçant sur le manche d'une cuiller d’argent pleine d’éther, et refrôidie par l’évaporation de ce liquide, puis en établissant une com- munication avec un fil du même métal entre cette cuiller et.une se- : conde cuiller vide et en contact avec les nerfs moteurs de ces muscles. En mettant aussi de l’éther dans la cuiller qui touche les nerfs, on voit l'action galvanique diminuer et cesser en même tems que la différence de température des deux cuillers. Plusieurs des expériences dont nous venons de rendre compte, avaient été faites longtems avant M, Des- saignes en Allemagne et en lahe, lors de la diseussion élevée entre Galvani et Volta sur la cause des phénomènes galvaniques, que le savant dont ils ont conservé le nom, attribuaït aux propriétés des organes mus- culaires , et Volta à l’hétérogénéité des métaux employés dans l'arc exci- tateur. M. de Humboldt, dont les travaux sur la théorie naissante du galvanisme , ont‘fait connaitre à cette époque un grand nombre de faits nouveaux ct'intéressans , examina sur-tout avec altention l’induence de la diversité de température sur la production de l'électricité galvanique:

Soc PHILOMATe

(44)

Ses observaiions et ses expériences sur cette branche de la physique , . ce = F 12

sont réunies dans l'ouvrage qu'il publia en Allemagne avant son dé- part pour l'Amérique, et dont le premier volume a été traduit en Français, etimprimé chez Fuchs en 1799, sous ce titre : Expériences sur le galva=

“nisme, eten général sur l’irritauion des fibres musculaires et nerveuses. A.

MATHÉMATIQUES: Sur l'attraction des Sphéroides ; par M. Bror.

Sorenr &, 6 ,c, Les coordonnées rectangulaires d’un point quelconque de l'espace ; supposons que ce point soit attiré, suivant Îles lois de l'attraction céleste , par un sphéroïde homogène donné de forme et de position. Si lon nomme / la fonction qui exprime la somme des molécules divisées par leurs distances au pointattiré, M. Lagrange a fait voir que les coefliciens différen- A AFS LAIT ee 00e tels partiels Te) I de? Pris négativement, expriment les attrac-

tions exercées par le sphéroïde sur ce même point, parallèlement aux

lignes a, b, c. M. Laplace a fait voir ensuite que la fonction Fest

assujettie à l'équation différentielle partielle 2

. a dr TE da: Er db: : RS dc?

NO 4. û ; Lorsqu'une fonction de plusieurs variables est ainsi assujétie à une équation différentielle partielle, on peut considérer cette équation comme une condition qui détermine complettement la forme de la fonction relativement à toutes les variables, quand cette forme est donnée relative- nent à toutes les variables moins une, tant pour la valeur primitive de la fonction , que pour un certain nombre de ses coeffliciens différentiels. Si lon applique cette considération à l'équation précédente, on concevra que l’on en peut déduire: des rapports généraux entre les attractions exer- cées par le sphéroïde, selon les diverses positions du point attiré ; c’est ce que j'ai fait dans un mémoire imprimé dans les volumes de l'Institut, pour 1806. En particularisant les résultats de maniere à les appliquer aux sphéroïdes elliptiques, j'ai montré de cette manière que l'expression générale de leur attraction sur un point extérieur peut se déduire linéai- rement et par de simples différentiations-de l'expression particulière qui convient aux points extérieurs situés dans le plan d’une des trois sec-

tions principales. Or, dans ce dernier cas, M. Legendre a fait voir que

x

AR de)

les expressions des aitractions peuvent s'intégrer directement avec facilité , et leur valeur se trouve être le produit de deux facteurs, dont l’un est Ja masse de l’ellipsoïde et l’autre une fonction des excentricités et des coordonnées du point attiré ; et comme les différentiations qu'il faut faire subir à ces expressions particulières, pour en composer l'expression générale , ne portent que sur les coordonnées du point attiré , il s'ensuit que celle-ci se partagera encore de la. même manière; d’où résulte le théorême connu, que les attractions de deux ellibsoides quelconques sur un même point exlérieur sont entre. elles comme leurs masses.

Cette démonstration fort simple cesserait d’être applicable, dans le cas les projections du point attiré sur les plans des sections principales tomberaient dans l'intérieur de ces sections; car les imtégrations qui donnent les valeurs.absolues des attractions, devant être prises dans des limites différentes, selon que les points sont intérieurs ou extérieurs au sphéroïde , on ne peut plus en comprendre les résultats dans les mêmes formules. Cependant, il est facile de plier encore notre démonstration à cette circonstance par le moyen d’une simple transformation de coor- données, C’est l’objet de la note que je présente à la Société.

Par le point attiré, je mène une ligne droite qui ne rencontre pas le .sphéroïde”: cela est toujours possible, pourvu que le point donné soit extérieur au sphéroïide, et que l'étendue de celui-ci soit limitée. Nom- mons À l’angle de cette droite avec l’axe des c, et désignons par 4 l'angle que sa projection sur le plan des a et b forme avec l'axe des a. Par le ceutre du‘sphéroïde, que je suppose être l’origine des coordonnées, je mène une ligne droite parallèle à la précédente, je la regarde comme l'axe d’une nouvelle coordonnée c', que je substitue à-c; c’est-à-dire qu’au lieu de rapporter la positior du point attiré aux coordonnées a, b, c, je les rapporte à trois nouvelles coordonnées a!, b!, c'; donc les deux premières sont parallèles aux a et d, et la troisieme parallèle à la ligne que nous venons de mener obliquement sur le plan des deux premières. Puisque cette ligne ne rencontre pas le sphéroïde, la difficulté que nous voulons éviter n'aura plus lieu relativement à elle : il ne reste donc plus qu’à transformer l'équation différentielle partielle de manière à y intro- duire ces nouvelles coordonnées.

Or, en cherchaut l'expression des a/b'c! en fonctions de abc, il est visible que l'on aura

d' = a + ciang 4 cos + b' = b + c tang 8 sin 9

e C c! ——

") cos 4 °

Tom. IL. No.-54. 5e. Année. 7

( 46) or, en général, si l’on regarde successivement 7” comme fonction de abc et de BIEN on aura

re . dW. dat df db! We dY7 dc!

da da da db) da Pac Ta av Pan db .24W da db, 24@V da & te) nee( + = ( _ da'db ‘da do Ÿ dede da da

2dV db dc’ dV. da’ dVo db . dP dc: naine 0 de de Mae

ŒV æV on aura des expressions analogues pour D do mais d’après les rapports

qui existent entre alb'c! et abc, ona : .. da." GET da’ k û —— —— tang 0 cos das : di de BR 0 db! db! / ; à] ——=0 ——— = . Dre PT ï tang 0 sin @ dc! dc! dc! 1 —=0 ——0 ——— ; da db dc cos 8

et d’après ces valeurs , on aura AR NOA IPN PURE MARNE PANNE TR HUTE Mis

g “da da? æT ‘db? : * D LAN: LA PA ASUS EURO de da. VPS gcose-d Danse Te x

F2 EP, VF 4 aa dal 0e Tube CHA dV dv EP. 7x

—— tang? à cos? t a ———— de? FRE 12 £° ( RTE D'2 lang? 4 sin @ re de" cos? F] œ 3V 2dV sint 2dV sine.

.tang? 8 sin cos ti 5 : 0 RTE ae da'de!' cos’0 On Errrr db de! cos20) in de *

et en faisant la somme de ces termes, l'équation en #7 devient er av ï FA4

OPA tane? 4 cos? CE Ano? si ASE CAR Et ES ER

{ + tang? 6 cos’ @ } Das LATE bsin q} EUR Rs a ME

24 |: simécose , 2d'V sim 6 cos

= RE —— ———— à ———— F = 5 mA ec arr da! dc’ cos? 4 db’ dc! cos"# ?

: (47) maintenant l'intégrale de cette équation peut être représentée par une série de la forme . c'3

la à FE AAA + A, AMAR

1:519

e . A À, À, A,... étant des fonctions de a’ et b!, indépendantes de c/. Si on substitué cette expression et ses différentielles dans notre équation transformée , et que l’on égale séparément à zéro les termes affectés des mêmes puissances de c’ , on verra : 1% que les deux premieres foncuons 4 et À, resteront tout-à-fait arbitraires ; 2°. que toutes les autres fonctions 4, 4,... se déduiront des deux précédentes linéairement et par simples différentiations. |

Tout se réduit donc à déterminer ces deux fonctions {et 4,, qui sont en efet les arbitraires de l'intégrale ; or, cela est facile quand on connaît les expressions des attractions du sphéroïde sur les points extérieurs situés dans le plan d’une des sections principales. : ‘© *

- En effet, il est visible que 4 et Æ, sont égaux aux valeurs de F7 et de

77 « û _. dans le cas de c’ nul; si donc on connaissait F et “a point quelconque du plan des D! et a/ extérieur au sphéroïde, et dont les coordonnées fussent b/et a/, on aurait les valeurs de ces deux arbitraires , et par suite celle de toute l'intégrale. Or, ces deux quantités sont com- plettement déterminables quand on conhaît les valeurs correspondantes

de dr dr RTE AA ' 12 Hero ra E—— ——) ——)» qui sont les attractions exercées par le sphéroïde dar ranitaents PE à sup P

sur ce point du plan des b/ et a/; car les relaons trouvées plus haut entre les coefliciens différentiels du premier ordre de la fonction 7 nous donnent en général, c! étant quelconque,

pour un

D ET RE RL ea A A ES BE Le da da? db 7 db eosb de" dc da 8 NNE db ?rs Rnre cela a donc lieu aussi dans le cas ou c” est nul ; or, / o donne

: NA LATE ACL

&—0; C'est-à-dire, que le point pour lequel il faut AVOIP EE 5 ED re ?

estextérieur au sphéroïdeetsitué dans le plan des b'etc'. Dans ce cas, onsaitque les attractions sont de la forme Me, Me', Mo", Métantla masse du sphéroide ets, v/, s"! des fonctions desexcentricités et des courdonnées du pointatiré.

è œ

(48)

(1 UNE LAON AMEAUE A an laes PARTIS RL à il en sera donc de même de Ta? JE dei PUSdU ils se déduisent linéai-

AR die adrr

rement de —» —»——) et par suite, ilen sera de même en général da *dbide, © P 8

de la foncuüon # et de ses coefficiens différentiels ; ce qui compleite la démonstration du ihéorême. On voit de plus qu'en la présentant de cetie manière, elle n’est plus sujetie à la difficulté qu’occasionnent les coordonnées rectangulaires, parce que la troisième ligne c/ étant menée de manière que la coordonnée c/ du point attiré ne rençoutre pas le sphéroïde, le point elle perce le plan des D’ et a! , ou des b/ et a! , est nécessairement hors du sphéroïde aussi; et c’est pourquoi l’on peut lui appliquer les formules relatives à l'attraction des points extérieurs situés dans le plan d’une des sections principales. . %

Je profiterai de cette occasion pour annoncer à laSociété quelques résultats

d’un travail sur le perfectionnement deslunettes achromatiques dont je m'ec- cupe depuis longtemsavecM. Cauchois, habileopticien. Quandon considère un nombre quelconque de icaulles formées par des sürfaces de révolution ; disposées et ceintrées sur un même axe; si l’on suppose qu'un rayon lumineux , faisant avec cet axe des angles quelconques, vienne percer Ja premiere lentille et sortir par la dernière, les angles qu'il fera avec l'axe après sa sortie feront fonctions des angles qu'il faisait à son arrivée , et-aussi des raÿons et des intervalles de lentilles. Je développe ces fonctions en séries convergentcs, sans rien négliger, et j'y introduis la condition essentielle de toute lunetté, savoir que les rayons qui sont entrés parallèles entre eux, sortent parallèles , quel que soit le point de leur. incidence sur la premiere lentille. La nécessité de cette indépendance me donne les véritables relations qui doivent avoir lieu entre les surfaces de l’objecuf et de l’oculaire, pour détruire les aberrations de refurgibilité et de sphéricité. Ces relations sont différentes de celles qui ont été ‘données jusqu’à présent par les géomètres, 1°. parce-qu'ils négligeaient dans leur approximation des termes du même ordre que ceux qu'ils eonservaient; 2°. parce qu'ils ne trouvaient pas toutes les. conditions qui doivent exister. Outre l'avantage d'être. complettes et rigoureuses , mes. formules ont encore celui d’être présentées sous une forme telle que l’on peut les interpréter immédiatement, et connaître à la seule inspection l'effet que produirait sur les courbures des verres les valeurs que l’on peut attribuer aux indéterminées qu’elles renferment. L’extrême habileté de M. Cauchois dans l’art de l'optique, et les essais nombreux qui l'ont conduit à une pratique presque eertaine pour des dimensions d'objectifs, la réussite était généralement regardée comme l'effet du hasard , me font espérer que la réunion de nos efforts donnera à cette théorie des lunettes plus de simplicité et d’exactitude qu’elle n’en avait précédemment.

és

ntostat

( 49) Sur les Eprouvettes de la poudre de chasse; par M. Hacnerrz.

. On sait que M. Regnier a eu l’idée heureuse d'ajouter à la romaine SOCIÉTÉ Pairom. un curseur , qui indique de combien un ressort revenu à son état pri-. miuf, a été tendu. Ce curseur consiste en une petite rondelle de drap ou de cuir, qui glisse à frottement sur un fil de fer ou de cuivre. Lors-

‘qu’en tend le ressort, la rondelle d’abord en contact avec la branche du ressort, suit celte branche, et lorsque le ressort se détend, la rondelle s'arrête à l’extrémité de la course de la branche du ressort.

La romaine et son curseur forment la partie principale de l’instrument “qu'on nomme Éprouvette à pegon. Ce que j'ai à dire de cet instrument, n’a pour objet que d'en rendre l'usage plus général , et d’en faire un véri- table dynamomètre pour la poudre à canon.

En examinant léprouvette à ressort, il est facile de voir que cet instrument ne- donne.pas des mesures comparatives ; ‘il indique des ten- sions de ressort qui correspondent à des poids déterminés : mais il ne fait pas connaître de quelle hauteur ces poids ont descendu, pour tendre le ressort. Cependant un effet dynamique se mesure par. un poids élevé à une certaine hauteur; ainsi, pour comparer les observations faites avec l’éprouveité à ressort, il faudrait y ajouter à l’échelle des poids qui protuisent les”tensions , une seconde échelle des hauteurs dont les poids ont descendu , pour produire cette tension. ;

Dans une éprouvette que M. Regnier a ‘préparée avec soin , le men- tonuet qui ferme le petit canon dans lequel on introduit la poudre à ‘éprouver, est.pressé par un poids de marc de 4 livres. Cette pression de 4 livres correspond au zéro de l'échelle des poids comprimans. Cette échelle indique que le ressort a été comprimé par le poids de 4 livres,

augmenté des suivans : L “15 ro," 115,020 35; 130%1livres En sorte que les poids comprimans correspondant aux nombres de

l'échelle #

.

ARE OO MBrO 10849029; 20 sont: ; @) 4, 9, 14, 19, 24; 29; 54 livres.

Le poids, en croissant de 4 à o livres, ne descend pas sensiblement, mais de 4 à 14 livres, il descend de 23 millimètres. En observant successivement les hauteurs dont le poids descend, on forme la table suivante des tensions et des hauteurs corréspondantes,

(59)

Tensions du ressort en livres.

(5) 4; 14; 19, 21; 24, 20; 54. auteur dont le poids descend en millimètres. e (4) 5 9; >) 52 561) 59, 46, 5ri

A l'aide de étte table, calculons l'effet dynamique d’un poids donné de poudre à canon. M. Regnier dit dans son instruction sur la manière d'éprouver la poudre fine de chasse, qu'il faut introduire dans le petit canon de léprouvette, 6 décigrammes de cette poudre, et qu’en y mettant le feu, le curseur du ressort doit, si la poudre est bonne, s’ar- rêter au n°. 17 de l'échelle (1) des poids ; l'échelle (2) indique que ce nombre correspond à une pression de 21 livres, et les échelles (3), (4) font voir que ce poids de 21 livres, ou de 10,5 kilogrammes, descend de 36 millimètress donc l'effet dynamique de 6 décigrammes de bonne poudre de chasse, est dans l’éprouvette de M. Reguier, exprimé par le produit : É

10,5 kilogrammes X 36 millimètres ;

; à. Ainsi, des échelles (3) et (4) on déduirait une cinquième échelle qui exprimerait les effets dynamiques correspondans aux-tensions connues; les nombres de cette dernière échelle seraient comparables, quelles que soient les éprouvettes dont on aurait fait usage.

Pour sentir l'utilité des échelles qui expriment les effets dynamiques, on peut concevoir deux ressorts très - diflérens eu flexibilé, et com- primés par le même poids. Pour comprimer le ressort le‘moins flexible,

_le poids descend d’une certaine hauteur; et pour comprimer le ressort le plus faible, ïl descendra d’une hauteur plus grande, double par exemple. Dans cette hypothèse, l'échelle des poids: indiquerait la même tension dans les deux ressorts, et cependant ces deux tensions égales correspondraient à des eflets dynamiques, dont l’un serait double de l'autre. ; $

L'expérience faite avec l'éprouvette Regnier donne pour l'effet dyna= mique de 6 décigrammes de poudre :

10,5 kilogrammes X 36 millimètres ; d’où il suit qu’un décigramme est capable d’un effet :

10,5 kilogrammes X 6 millimètres, donc un kilogramme est capable d’un effet :

650 kilogrammes X r mètre, .

(57

ou d'élever un poids de 650 kilogrammes à la hauteur d’un mètre cet effet n’est environ que la vingt- cinquième partie de celui qu'on obuendrait, en employant la même quantité de poudre à chasser des balles d’un fusil : ce qui confirme un résultat d'autres expériences (Traité des Machines, art. 197, 1°. partie, page 131), que les effets dyna- miques de la poudre à à canon sont beaucoup plus considérables dans les grandes bouches à feu que dans les petites.

On fait encore usage de deux autres éprouvettes pour la poudre à canon , qui sont décrites dans l'ouvrage que l'administration des poudres vient de publier ; lune, qu'on nomme éprouvette & boulets, est une espèce de pince verticale , dont les mâchoires sont formées de déux canons qui se servent réciproquement d’obturateurs. Les deux branches tournent à charnière sur un axe; cet axe est placé entre les boulets qui sont attachés aux extrémités des branchess et les petits canons qui servent de mâchoires. FR

Pour rendre l'échelle de cette espece d'éprouvette compaablart ot pourrait produire l'écartement des boulets par un ressort : en suppo- sant que l’action du ressôrt qui se détend, est aussi promple que l'effet de la poudre, on connaîtrait le poids qui aurait tendu le ressort, et la hauteur dontle poids aurait descendu pour produire celte tension ; d'où on déduirait une échelle dynamique del éprouveLte à boulets.

Quant à la troisième éprouvette, qu'on nomme éprouvette hydros- tatique de Regnier, elle consiste en un _plongeur de la forme des aréo- mètres; ce plongeur est terminé par un peut mortier. La poudre, en

s’enflammant, oblige le plongeur à s’enfoncer dans l’eau, et on juge par l'énfoncement della force ‘de la poudre.

En supposant qu’on ait jaugé le vase dans lequel le plongeur s'enfonce, on connaîtra la -diférence des niveaux de l’eau avant et après lÉdionces ment ; On aura de plus le volume d’eau compris entre ces deux-niveaux. On connaîtra par conséquent la quantité d'eau élevée par Paction de la poudre , et la hauteur à laquelle on l’a élevée : donc on pourra exprimer en nombre l'effet dynamique de la poudre, et coustruire avéc ces nombres

une échelle qui sera comparable.

CONCBUSION.

Les échelles des Éprouvettés des poudres de chasse, actuellement én usage , ne sont point comparables : les nombres de ces échelles n’ont aucun rapport connu avec la force des poudres. Les échelles constraites par la méthode qu’on vient d'exposer, sont comparables, et donnent une mesure des eflets dynamiques de la POnArée

Soc. PHILOMAT,

A) MÉDECINE.

Réflexions sur la nature du Croup et sur :ses résultats ; par M. Tarrey.

Tous ceux qui ont écrit sur le croup, après avoir avancé qu'il a pour principal effet de produire dans le larynx et la trachée artère, une fausse membrane superposée sur la muqueuse du canal aérien, prétendent que Île sujet attekit de cette maladie est condamné à périr, lorsqu'il ne peut expulser au dehors cette fausse membrane; mais qu’au contraire, s'il y parvient, le danger cesse et la guérison peut avoir lieu. Pour étayer cette assertion généralement adoptée, on.a recueilli plusieurs pellicules d’un aspect membraneux , qu'on a présentées comme autant de fausses membranes, résultat du croup. À l’ouverture des cadâvres des enfans morts de cette maladie, on a trouvé également le larynx et la trachée artère obstrués par une membrane qui, eu interceptant chez ces enfans le passage de l'air, avait les faire périr d’asphixie.

M. Larrey ne partage point cetie manière deWoir, et pense que la fausse membrane qui se développe dans le croup est trop organisée et trop inli- mement fixée à la muqueuse du larynx, pour pouvoir en être détachée par les effets de la toux. Suivant lui , les lambeaux d’apparence membra- neuse qui sont quelquefois expectorés par les enfans malades du croup, ne sont autre chose que des concrétions de matière purulente. Lors- qu’un cCroup véritablement dévtloppé n’est pas mortel, ce n’est pas parce que la fausse membrane a été expulsée, mais parce qu’elle n’est

, pas assez épaisse pour obstruer entièrement le canal aérien. Dans ce cas,

la guérison est trés-lente’, et le malade peut éprouver pendant longtems de la gêue dans la respiration, et de la difficulté pour proférer les sons. M. Larrey apporte à l'appui de cette opinion l'exemple d’un jeune étudiant en médecine, qui eut, à l’âge de trois, ans, un croup extré- mement violent, à la suite duquel il a conservé un enrouement habi- tuel, qui dinmnue cependant peu-à-peu, à

M. Larrey conclut de qu’on doit , dans le traitement du eroup, s’oc- cuper essentiellement des moyens propres à combattre l'affection inflam- matoire d’où résulte la formation la fausse membrane (1l met au premier rang de ces moyens l’usage des ventouses scarifiées ), et non s'attacher à l'emploi des moyens que l’on présume devoir être propres à faciliter son expectoration. Il rapporte l’histoire de deux ou trois cas de croup, daus l’un desquels il à pu baser sa méthode de traitement sur ces principes , et dans lequel il en a obtenu le plus heureux succès. S. L.

- . Addition au Ne. 53.

Page 24, ligne 35, ajoutez après le mot Aubert du Petit- Thouars : Voyez dans ce Bulletin, vol. 1, pag. 249, décembre 1808, et vol: 2 ; pag. 26, l'exposé de ce fait, et les figures que M. du Petit-T'houars en a données,

.

NOUVEAU BULLETIN DES SCIENCES,

PAR ELA SOCIÉTE PHILOMATIQUE.

Paris. April 1812.

»

IHESTOIRE NATURELLE. PHYSIOLOGIE ANIMALE.

Description anatomique d'un Organe observé dans les mam- mifères ; par M. JAcôBson, chirurgien-major des armées de Danemarck. (Extrait) .

CET organe consiste en un sac long et étroit, de substance plus ou moins glanduleuse , enveloppé dans un étui cartilagineux de même forme, et couché sur Je plancher de la narine, de chaque côté et tout près de l'ar- rète sur laquelle vient se poser le bord inférieur de la portion cartilagi- neuse de la cloison du nez.

_ On observe à cet endroit, dans le squelette, un enfoncement longitu.. dinal, ou une gouttière large et peu profonde, creusée sur l'apophyse pa- latine de l'os intermaxillaire, et se continuant plus ou moins sur celle de los maxillaire supérieur. Cette gouttière est destinée à loger l’étui cartila- gineux, qui loge lui-même le sac membraneux; en sorte Que l’on peut, d’après l'étendue de la gouttière, juger de celle de l'organe, même dans les têtes osseuses il a été enlevé.

. Quelquefois, comme dans les rongeurs, ce sillon est si creux, qu'il forme un canal presque complet. L’organe s'applique aussi plus ou moins contre la cloison des narines, et est protégé dans sa partie supérieure par une saillie du bas de la portion cartilagineuse de cette cloison.

Son étui ou sa gaîne est une lame cartilagineuse, pliée en tuyau, avec diverses productions vers sa partié antérieure; la membrane pituitaire la cache en dehors, et elle adhère, par le reste de sa surface, aux os et aux cartilages dont nous venons de parler.

Vers l'extrémité postérieure de cette gaîne sont les trous qui donnent

Tom. LI, No, 55. 5e, Année. )

No, 55,

INSTITUT NAT, 12 MARS 1812.

(54) passage aux nerfs el aux vaisseaux qui se rendent à la membrane interne ; et, dans certaines espèces, on yVoit une fente plus ou moins étendue, dont nous expliquerons l'usage tout à l'heure.

En avant est l'ouverture qui sert de passage au conduit excréteur.

L'intérieur de cette gaîue est tapissé par deux membranes, dont l’interne est continue, ainsi qu’on le comprend aisément, avec celles de la bouche et des narines. Sa surface est très-hisse, et l’on y observe beaucoup de petites ouvertures qui la traversent obliquement. Elle est elle-même doublée, du côté de la gaine, par l’autre membrane, dont le tissu est aponévyrotique et très-fort ; entre deux est une sorte de paredchyme rougeâtre, d’une consis- tance assez molle, un peu grenue à l'œil, que M. Jacobson suppose, avec assez d'apparence, de nature glanduleuse et secrétoire, et dont il est pro- bable que les pores dont nous venons de parler sont les orifices excréteurs.

Selon que cette espèce de parenchyme est plus ou moins épais, la cavité intérieure du sac, que M. Jacobson appelle son réceptacle, est plus ou moins étroite.

Quand la gaine est fendue, comme nous l’avons dit plus haut, ce même üssu semble se continuer sur les parties voisines, en passant au travers de la fente, et en 5e plaçant sous la membrane pituitaire, qui paraît à ces endroits plus épaisse, plus fongueuse , que dans le reste de son étendue.

Le conduit excréteur général de tout le sac, donne obliquement dans Îe côté du canal sténonien, qui lui-même est quelquefois enveloppé dans un prolongement de l’étui cartilagineux. |

Nous ne suivrons pas M. Jacobson dans les détails qu'il donne sur les variétés de grandeur, de figure, d'épaisseur de l'organe et de sa gaîne, ainsi que de la direction de son conduit excréteur, et de sa jonction avec le canal sténonien. Nous dirons seulement, d’après lui, que le cheval est jusqu’à présent le seul quadrupède il ait trouvé le canal sténonien fermé, comme dans l’homme , du côté du palais; en sorte qu'il représente un cul-de-sac Ou un cône creux sans issue. Du côté des narines, ce conduit est toujours ouvert. ,

Ce que cet organe a de plus frappant, ce sont ses nerfs.

il en reçoit d’abord qui semblent, au premier coup-d’œil, appartenir à la première paire , et qui naissent en effet de la protubérance mamwillaire É et passent par des trous de la lame cribleuse ; mais, arrivés sur le vomer , ils se comportent autrement que les nerfs olfactifs. Beaucoup plus gros et plus longs qu'eux , ils restent visibles dans toute leur longueur, même au travers de la membrane pituitaire , descendent obliquement en avant jusque sur la partie postérieure de l’organe ; et, après s'être divisés en plusieurs filets, 1ls en percent la gaine pour se distribuer à sa membrane interne , ou plutôt à son parenchyme.

Le plus souvent ces nerfs sont au nombre de deux ou de trois; quelque- fois il n’y en à qu’un seul qui se divise.

(5)

M. Jacobson, frappé de ce que ces nerfs ont de particulier: dans leurs cours, a cherché s'ils ne différeraient point aussi des nerfs olfactifs dans leur origine...

Il a trouvé qu'ils naissent toujours d’une portion jaunâtre ou brunâtre, qui forme une tache assez distincte sur cette région de la protubérance mammillaire , et qui paraît former une petite masse particulière de matière cendrée , qui serait comme enchâssée dans cette protubérance , et que l’on parvient méme quelquefois à en détacher. Il a remarqué aussi que les trous de la lame cribleuse , destinés à ces nerfs, out quelque chose de différent des autres; ce qui, joint à la différence de leur marche, les lui fait presque considérer comme une paire particulière.

Les autres nerfs de l'organe dont nous parlons, viennent du nazo-pa- latin de Scarpa. Le tronc postérieur de l'organe, après avoir donné des filets à la membrane pituitaire, arrive vers l’extrémité, et lui donne une branche qui perce sa gaîne; ensuite, rampant le long de son bord infé- rieur et le long du canal sténonien, il descend à la papille palatine.

C’est seulement cette partie du nerf naso-palatin qui a été connue des anatomistes; mais ils n’ont pas aperçu la branche qui pénètre dans l'organe. L

La grandeur relative de ces appareils nerveux est très-remarquable, car ils surpassent de beaucoup les vaisseaux , quoique ceux-ci soient eux-mêmes très-abondans.

- On n’observe aucune différence notable dans le cours et la distribution de cesnerfs, même dans Les animaux qui différent le plus. Quant à l’organe Jui-même , il existe dans tous les quadrupèdes, sans exception. L'homme en paraît dépourvu; du moins on n’y aperçoit qu’une petite lame cartila- gineuse, qui peut en être considérée comme un léger vestige ; mais le cheval , dont les conduits sténoniens sont bouchés conime ceux de homme, ne lui ressemble point à l'égard de l’organe en question, qui est au con- traire très développé dans cet animal. Les cétacés paraissent en être entiè- rement privés.

M. Jacobson a examiné cet organe dans les divers animaux qui le posse- dent, avecl’intention de déduire de cette comparaison quelques conséquences sur sa nature et sur ses fonctions. Les variétés relatives à la grandeur pro- portionnelle des nerfs et des vaisseaux, ne paraissent pas très-importantes. En regardant son parenchyme ou son lissu excréteur comme sa partie principale, et estimant son développement d’après celui de ce tissu, on trouve que c’est dans les rongeurs qu'il serait le plus parfait, ensuite dans les runfmans. Les carnassiers l’ont peu considérable ; et dans les singes, il

* devient si petit, qu'il nous prépare à le voir manquer tout-à-fait dans Yhomme.

Quel est l'usage de cet organe? sert-il au goût? supplé-t-il le sens de l'odorat? a-t-il du rapport avec le rut, ou ne sert-il qu’à lubréfier les

Soc. PHILOMA'T:. 11 AVRIL 1012.

(56)

nazeaux, ou à humecter l'extrémité du nez chez les animaux qui ont cette partie nue? M. Jacobson se fait ces diverses questions , mais il ne les résout point. : F. .C:

BOTANIQUE. Note sur l'Ephedra , genre de plantes de la fanulle des

conifères ; par M. Mirsez.

La manière dont on a caractérisé le genre ephedra est incomplette et fautive. Voici les caractères que proposent MM. Schoubert et Mirbel, d’après de nouvelles observations.

CARACTÈRES DE LA FRUCTIFICATION. Végétaux dioïques. Fleurs mâles : Epi ovale, portant 8 à 10 fleurs opposées une à une, dans l’aisselle de 4 ou 5 involucres biflores, monophylles, imbriqués, bilobés, à lobes opposés en croix. Chaque fleur munie d’un périanthe simple , campanulé , bilabié , et d’un androphore, portant à son sommet 2 à 8 anthères unilatérales, bilobées, biloculaires, s’ouvrant par deux fentes apicilaires. Fleurs femelles :

Une ou deux cupules uniflores, ovales, pistiiformes, à orifice étroit, environnées de 4 ou 5 involucres d'autant plus grands, qu'ils sont plus extérieurs et semblables , pour le reste , à ceux des fleurs mâles, Périanthe simple, adhérant , à limbe membraneux ; ovaire libre à son sommet ; un style long , filiforme, sortant par l’orifice étroit de la cupule ; un stigmate taillé obliquement en cuiller. Fruit : Un pseudocarpè composé de l’invo- lucre le plus intérieur, épaissi et succulent, et d’une ou deux cupules endur- cies, ressemblant à des noyaux; un péricarpe monosperme, membraneux , couronné par le limbe du périanthe, et renfermé totalement dans chaque cupule; placenta supérieur; graine nue, périspermée, renversée, pendante ; embryon droit ,-alongé , axile, divisé jusqu'à moitié en deux cotylédons ; périsperme charnu.

CAanACTÈRES DE LA VÉGÉTATION. Tiges et rameaux articulés ; chaque arti- culation terminée par une gaîne tenant lieu de feuilles; fleurs tantôt terminales, tantôt axillaîres et partant des articulations ; les femelles soli- taires ou géminées ; les mâles réunies en petits épis, quelquefois solitaires, plus souvent groupés en faisceaux.

Gbservations sur les caractères du genre Ephedra.

re, Obs. Dans ce genre, il est impossible de séparer très-nettement les caractères de la fructification de ceux de la végétation, parce que la nature les confond. Il en est de même dans les autres genres de la famille des coniferes. On doit reconnaître, avec M. de Jussieu, que les involucres imbriqués des fleurs mâles et femelles , ne sont autres choses que des gaînes

(ane

articulaires qui sont très-rapprochées, à cause du peu de développement

que prennent les articulations.

Ile. Obs. Le nombre des anthères des ephedra est variable. 11 y en à

ordinairement deux, très-rarement trois, cans l’ephedra gisantea; il y en a quatre ou cinq dans l’ephedra fragilis; il y en a de quatre à huit dans l’ephedra distachia. ÿ

Ille. Obs. L'existence d’une cupule et d’un périanthe adhérant à l'ovaire, établit de grands rapports entre le fruit de l'ephedra et celui du chêne ou du hêtre. L’ephedra produit donc une espèce de gland. Au reste, ce cerac- ière est commun à 1ous les genres de la famille des conifères, sans aucune exception (1).

IVe, Obs. Une graine tout-à-fait nue, c’est-à-dire , une graine dont l'a- mande est recouverte immédiatement par la paroi du péricarpe, n’est pas un phénomène aussi extraordinaire qu’on paraît le croire , témoin le rnéra- bilis et l'avicenia. Dans lavicenia, la radicule adhère visiblement au pla- centa; dans le #érabilis, on pourrait soupçonner une‘adhérence semblable: Dans tous les conifères, le placenta a une liaison immédiate avec le péris- perme, ou peut-être même avec la radicule. M.

Descriptions de quelques nouvelles espèces de plantes et en Ur k ?

particulier de l’Enarthrocarpus, genre nouveau de la fa-

mille des crucifères ; par M. de Lasirrarniere. (Extrait.)

M. 0e LamirLarDièRE a communiqué à la Société Philomatique les descrip- tions et les figures des espèces de plantes qu'il a recueillies en Orient, et qui doivent composer la 4°. et la-5e. décade de l'ouvrage qu'il publie sous le titre de Jcones Plantarum Syriæ rariorum.

Nous allons faire connaître succinctement ces végétaux, et nous ne ferons remarquer plus particulièrement que le nouveau genre de cru- cifère que propose M. de Labillardière, sous le nom d’Enarthrocarpus (fruit articulé), d'autant plus important à remarquer, que la famille des crucifères est une de celles qui ont souffert le moins d’augmenta- tion jusqu'ici, et que la plante qui constitue ce genre n'avait pas été étudiée depuis C. Bauhin et Tournefort. Ce yenre se rapproche du Aa- phanus, avec lequel on aurait pu le confondre.

EnarTurocarpus. Cruciferæ. Juss. Tetradynamia siliquosa. Lin.

Character. essent. Calix clausus sihqua torosa , infra articulata secedens.

(1) Cette remarque éclaire sur la véritable nature du petit sac qui se trouve à la base de la graine des pins, sapins, etc. Le sac est le sommet libre de l’oraire qui porte encore les restes du style, et non pas une rhiziophyse, comme M. Mirbel l'avait soupçonné d’abord. (Voyez Nouveau Bulletin, février 1812, tom. IT , pag. 25.)

Soc. PHiLomar, 21 MARS 1812.

(58 )

Genus post Raphanum collocandum. Nomen ex splpos articulus et X&pTO6 fructus. :

Srcaxs. Enarthrocarpus arçuatus. E. Hispidus, foliis runeinatis, sili- quis arcuatis hispidis. Éabill. = Raphanistrum creticum siliqua incurva villosa. Tournef. cor. 17. Eruca maritima cretica siliqua articuläta. C. B. prod. 40.

Habit. in Libano. ( Labill. ) inque Cypri insulä. (C. B. Tournef. )

Caulis erectus pedalis ramosus hispidus. Folia pilis adspersis subscabra. Flores racemosi : petala calyce duplo longiora. Siliqua bipollicaris non - dehiscens tomlosa, torulosa fungosis, evalvibus monospermis, depressis alternantibus, supra loculum inferioren (maturitate longitudinaliter paul dehiscentem ) articulo transversim secedens.

Stæhelina apiculata. S. folüs sessilibus lineari lanceolatis acuminatis scabris. Facies stæhelinæ dubiæ. Hab. in Libano. #

Gnaphalium cauliflorum. Dest. atlant. 2. p. 267. Willd. sp. 3. p. 1672. Var. densiflora. Labill.

Delphinium pusillum. D. Nectariis monophyllis, foliis digitatis pubes- centibus inferioribus clliptcis. Habitat in aridis, propè Damascum ad radicem montis Dsebel cher dicti. # Facies delphinti peregrini. Fructus unicapsularis.

Arenaria globulosa. A. folüs subulatis, nervosis, pilosis ; calyce inæquali petalis longiore. Hab. in Libano juxtà Fripolim Syriæ. à Calycem propter inæqualem novum genus ali si velint constituant, melius ad arepariam referre”duxit cl. ss. Labillardière. Planta ramosis- sima pilosa, plis glandulosis. :

Arenaria filiformis. À. Caule simplici filiformi supra nudo, folus setaceis, calycibus glabris. Hab. insula Cypri. ÿe :

Arenaria rupestris. À. folis setaceis obtusis infrà subciliatuis, disco sub germine glanduloso, caulibus superne calycibusque subhirsutis. Hab. in Libano. 24 : i

Saponaria hirsuta. S. calycibus quinque angularibus, foliis lanceo- latis hirtis, petalis integerrimis. Hab. in Libano. 2 Facies saponariæ ocy- moideis , flores pallidèe sulphurei.

lerbascum simplex. V.caule simplicissimo, foliüis ellipticis , crenaus , utrinque tomentosis, inferioribus petiolatis. Hab. in arenosis juxtà Damascum. 2

Scutellaria utriculata. S. hirsuta, foliis ovatis obtusè serratis, brac- teis racemoram ovalibus petiolatis, calycibus adultis inflauis. Habit. in Libano, Æerbacea. Habius scutellariæ columnæ. Cassida cretica minor calariæ folio, flore purpurascente. "Fourn. coroll. rr.

Salvia parviflora Vahl, enum,. 1. p. 268. Habitat juxta Damascum, ën monte Dgebel cher.

(59 )

Syderitis libanotica. S. suffruuicosa , ramis simplicissimis glabris , foliis obovato-oblongis serratis tomentosis verticillis distantibus ; bracteis ovatis acuminatis integerrimis, nervoso-reticulatis. Hab. in Libano. R

_ Facies syderit. distantis Villd.

Clinopodium origanifolium. GC. capitulis verticillatis, bracteis lincari Janceolatis hispidis, foliis ovatis integerrimis hirsutis, Hab. in Libano.

Cratægus trilobata. Poiret. Dicüon. encyel. suppl. 1 , p. 29. C. inermis, foliis lobatis serratis , lobis lateralibus bifidis patentibus , calycibus tomen- tosis, floribus pentagynis. Labill. Hab. in libano. 5 Arbor mediocris.

Heracleum carmelii. H. folüs pinnatis, foliolis quinis, umbella radiis inæqualibus, pilis ramorum retrorsis. Hab. in monte Carmelo Syriæ?

_ Campanularetrorsa. C,. foliis decurrentibus scabris margine hispidis, aculeis deccurentiæ retrorsis, calycibus corollà longioribus. Hab. in Libano. #X Habitus campanulæ diflusæ. Campanula stricta. Linn. sp. pl. p. 238. Habitat juxtà Damascum in monte Dgebel cher. Campanula damascæna. C. hispida, foliis scabris obovatis subser- raus , Caulibus ramosis tereuiusculis, pedunculis unifloris, Hab. juxtà Damascum, in monte Dgebel cher, Veronica pedunculata. Vahl. enum. 1. p. 77. V. fois ovatis ser- ratis inferioribus petiolatis, oppositis, pedicellis patentibus, bractea triplo longioribus, capsulis ciliaus. Labrllard. Hab. juxta Damascum #7 monte Déebel cher. Quercus pseudo-coccifera. Desf. atlant. 2. p. 349. Hab. in Libano. B In speciminibus libanoticis, squamæ cupulæ sunt laxiores; in speci- minibus algeriensibus , glans est cupulà longior. Trisetum arenarium. ‘€. panicula spicata elongata, glumis æqualibus 1-2 floris, seta baseos flosculi pilosa, foliis striatis subhirsutis, Habit. in arenosis juxtà Damascum. Gramen erectum pedale. Ornithogallum lanceolatum. O. racemo subcorymboso foliis lanceo- latis breviore , filamentis alternis vix latioribus, Hab. in Syriæ marc. témis juxtà Laodiceum. 2 Sesqui palmaria; radix bulbosa. -_ Anthenicum græcum. Linn. A. scapo simplici folioso, foliis plais infrà lanatis, floribus subcorymbosis. Labüll, Habit. &2 énsula Cypri. 22 Filamenta lanata.

* Anthericum villosum. A. scapo folioso paniculato , corollis pedicel- lisque villosis. Hab. #7 Asià minori juxtà Ephesum. 2 Ornithogallumi orientale villosum flore luteo magno. Tournef. coroll. 26.

Lepidium oppositifolium. L. foliis obovatis sessilibus, corymbo fruc- tuum subumbellato. Hab. in Libano. Herba procumbens subpedalis.

Trifolium comosum. T. spicis oblengis comosis , floribus reflexis , vexillis inflexis suborbiculatis persistentibus, calycibus pilosiusculis. Hab, in Syria juxtà Baruthum. %# Planta spithamea. S:0 EL.

Axwazes pu Mus.

(Go ) MINÉRALOGIE.

Sur les Cymophanes des Etats-Unis ; par M. Haurx.

Une nouvelle variété de cymophane, trouvée par M. Bruce aux Etats- Unis, vient d’être décrite par M. Haüy, el à donné occasion à ce professeur de faire ressortir les caractères essentiels de la cymophane comme espèce distincte.

Geue variété, que M. Haüy nomme cymophane dioctaèdre, a pour forme un prisme à huit pans, terminé par des sommets à quatre faces pentagonales. L’incidence de M sur Test de 900; de A7 sur &, de 1250 16/, et de Âf sur F, de 117° 56/. Le signe représentatif des décroissemens , qui ont produit cette forme secondaire, est

3 3 M: GG: TA: “A. #

Ces cristaux sont translucides, d’un jaune-verdâtre. En observant leurs fragmens à la lumière, on y reconnaît les trois joints perpendiculaires Vun sur l’autre, qui appartiennent à la forme primitive de cette espèce; leur cassure, proprement dite, est tantôt inégale et presque sans éclat, tantôt légérement vitreuse; ils rayent le quartz et même le spinelle. Leur pesanteur spécifique est de 5,7. |

On les a trouvés dans une roche du Connecticut, qui est composée de felspath blanc, de quarz gris, de talc blanchâtre en très- petite quantité, et de grenats émarginés.

. M. Haüy fair bbserver que, si on ne considère dans la cymophane que les caractères extérieurs ou des propriétés, qui, pour être plus impor: tantes que ces caracières, ne sont pas cependant essentiellement dés- tinctives, On pourra trouver, entre ces pierres el Certains corrindons, plus de points de ressemblance qu'il n’y a de différence entre les variétés de corrindons, que quelques minéralogistes ont séparées en deux espèces. Ainsi, la réelle ressemblance qui existe ou qui peut exister entre quel- ques formes secondaires, de cymophanes et de corrindons, la dureté, la pesanteur spécifique, la composition même, établissent entre ces pierres des rapports qui paraissent spécieux; mais ces mêmes considé- rations, portées au point d’exactitude, qu’on doit exiger toutes les fois qu'il est possible d'y atteindre, font voir des différences essentielles, sur- tout dans les formes primitives, qui sont absolument irréductibles l’une dans l’autre, et incompatibles dans un même système de cristallisation. On sait que c'est un rhomboïde dans le corrindon, tandis que, dans le cymophane, c’est un parallélipipède rectangle, dont les trois dimen-

sions sont entre elles dans les rapports de WG VIS, VE AR.

(61) CHIMIE.

Extrait des Mémoires de M. Proust sur la poudre à canon. (Extrait du prenuer Mémoire.)

Daxs ces mémoires, M. Proust a eu trois objets en vue : 1°. l’exa- men des détonations produites par des mélanges de nitrate de potasse et de charbons de différentes natures; 2°. l’examen de celles qui sont produites avec un même charbon, mêlé à des quantités diverses de uitre; 3°. la cause pour laquelle le soufre augmente l'intensité de la détonation des mélanges de nitre et de charbon.

Pour préparer les mélanges de nitre et de charbons, on met au fond d’un grand mortier de bronze cinq parties de nitre pulvérisé et bien sec, avec une du charbon qu’on veut examiner. Ce charbon doit avoir été distillé, et ensuite réduit en poudre. On triture le mélange en ajoutant un peu d’eau de tems en items, pour l'empêcher de souffler ; Après une trituration de six heures, on le met dans une feuille de pa- pier doublée, et on place celle-ci sur un poële. Quand la matière est seche, on la renferme dans un fläcon.

Lorsqu'on veut faire des expériences comparatives sur différens mé- anges, il faut les porter dans uné étuve, afin de les dessécher éga- lement. On emploie un gros de matière dans chaque essai.

M. Proust fait brüler les mélanges dans des tubes de laiton. Ces tubes ont <eligne d'épaisseur, 3 lignes de diamètre, sur 2 pouces + et plus de longucur; le plus petit de ces tubes doit contenir ‘un gros de mé- lange. Ils doivent être fermés par un bout, bien soudés, sans bavure en dedans, et parfaitement égaux de calibre; ils ne doivent différer qu’en ‘longueur : celle-ci varie depuis 2 pouces + jusqu’à 3 pouces £. Il faut en avoir trois de chaque sorte. Quand un tube est trop petit, on met sur son embouchure un bout de tube que l’on assujettit avec un peu de cire téré- benthinée.

On charge les 1ubes avec une grosse plume taillée en cuiller , allongée ; puis on foule chaque cuillerée avec une baguette de laiton, de même dia- mètre que le tube, de 5 pouces de longueur, et dont une extrémité se ter- mine en anneau.

Pour avoir la tare des tubes, on coupe des lames de plomb du poids de ceux-ci.

Lorsqu’on veut soutenir ces tubes à fleur d’eau, on leur fait traverser une rondelle de liége de + pouce d’épaisseur sur 2 de diamètre, de ma- aière que leur embouchure ne passe que de deux à trois lignes la: surface du liége. On met la rondelle dans un verre plein d’eau,

Tom, II. No. 55. 5°. Année. 9

Jour De Frys, 11.

(1621)

On place l'appareil devant une pendule à seconde; on met le feu au mélange au moment la lenulle _commence son oscillation : on ne compte la première seconde qu’au point d’où la lentille part pour revenir sur elle-même:

Pour’amorcer les mélanges, on laisse tomber dessus un atome de poudre de chasse finement pulvérisée; on y met le feu avec la pointe embrâsée d’une allumette, ou avec un fragment de ces baguettes d’arulierie que M. Proust a fait connaître le premier en 1790.

Comme le résidu de la détonation qui reste dans les tubes est d'autant plus considérable, que la combustion a été moins rapide, il est bon de

peser les tubes après la détonation; pour tenir compte de ce résidu. Tableau des charbons dont le mélange peut brüler dans le tube.

60 grains de salpètre, Durée en Résidu en 12 grains de charbons. secondes. grains.

Dersucres he ele LR Re TO NN 48 De houille distillée ou coack. . . . . 5o. . . sn 45 De graine de maïs. + + + + + + +. 55 + + + . 45 D'alcool(i) mom, ere ee SO PRE De noyer eee de dr 20 re Ant De châätagnier.;. . 1... . .. 26... 56 De cannede mais... 2.05. rh. 190 De tiges de pimént. ete see. ee.120 +, e.6ltee) | 56

Decoudrier 2 nes rte ose, eu. t90 De fusain. CROP AAC @ x e. fe eo jies ee DIS ee lee 27 De bourdames tr Ne oo te este 24

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Mélanges qui ne peuvent brûler dans le HAS F

Ce sont ceux des charbons :

D’amidon, de blé, de riz, de noix de galle, de gayac, de bruyère , d'indigo, de glutine de froment, de colle-forte, de blanc d'œuf, de sang humain, de cuir de bœuf.

(:) Il provenait de la réaction de trois parties d’acide sulfurique sur une d’alcool, Il avait été chauffé au rouge.

(63) Comparaison de ces résultats.

Il est singulier que le charbon de sucre, qui vient d’une substance végé- tale non azotée, exige 70 secondes pour brüler, tandis que le charbou de Valcool, c’est-à-dire, d’une, substance provenant de la décomposition de ce même sucre, exige la moitié moins de tems pour se consumer.

L’amidon bien pur donne un charbon qui est encore moins combus-

ble que celui de sucre, car on ne peut le brüler’ dans le tube. M. Proust _est tenté de croire que, plus un charbon se rapproche de l’état de pureté, et plus il perd de sa combustibilité; le temps ne lui a pas permis de faire des expériences sur le charbon de la cire, des huiles, des résines, etc. , etc.

Le charbon de châtaignier, qui met 26 secondes à brûler, présente une propriété remarquable, car, si l’on tire du feu un tison de ce bois, il s'éteint dans l'air, comme s’il était plongé dans l’acide carbonique C’est à cause de cette propriété qu'il est excellent pour la forge; le charbon de bruyère est dans le même cas.

M. Proust, ayant traité plusieurs charbons azotés par la potasse, pour voir si ce traitement changerait le rapport de leur combustibilité, a obtenu les résultats suivans :

10. Le charbon de châtaignier, traité par la potasse en fusion et ensuite par un acide léger, acquit de la combustibilité. Avant le traitement , il mettait 26 secondes à brûler ; après, il n’en mit plus que 16; la lessive ne. contenait cependant pas d'acide prussique;

2°. Le résultat fut le même avec le charbon de bruyère ;

5°, Le charbon de l’indigo, traité deux fois par la potasse, et qui avait donné de l'acide prussique la première fois, n’acquit pas de combus- übilité; =

- 49. Deux opérations, appliquées à un coack d’un excellent charbon de terre, ont diminué la sienne. La première lessive contenait de l'acide prus- sique ;

5°. Le charbon de sang et de cuir de bœuf donnèrent de l'acide prus- sique dans trois traitemens successifs; au quatrième, ils n’en donnèrent plus. Ainsi préparés , ils brülèrent plus difhicilement qu'ils ne le faisaient dans leur état ordinaire. l

De ‘ces faits, M. Proust dit qu'on ne peut tirer aucune conséquence; car, si la séparation de l’azote semble augmenter la combustibilité de certains charbons, elle diminue celle de plusieurs autres. Ainsi, ce n’est pas l'azote

ur est la cause de la différence que l’on observe dans la durée de la com- Tes des différens charbons.

La cause de cette différence ne vient pas de la chaleur à laquelle les : Charbons ont été exposés pendant leur préparation; car le charbon de -graine de maïs, qui avait été préparé dans la même cornue que celui de

la canne de maïs, me: 55 secondes à brüler , et le second 25.

(64)

L’Aydrogène est-il la cause de ces différences ? Pour répondre à cette question , M. Proust distingue d’abord la manière dont le charbon se con- duit lorsqu'il brûle au milieu de l'air atmosphérique ou du gaz oxigène, et celle dont il se conduit, quand il est brülé par le nitre dans l’intérieur d’un tube. Dans la première circonstance, il y a un excès d’oxigène; dès-lors, l'hydrogène du charbon peut bräler conjointement avec le carbone; et, dans cette eirconstance, 1l est possible qu'il favorise la combustion du charbon, en élevant la température des molécules du carbone; mais les choses se passent point ainsi dans un tube, quand on y allume un mé- Jange de cinq à six parties de salpêtre, et de une de charbon; il y a alors un excès de charbon; or, on sait qu'à une température rouge, le carbone enlève l’oxigène à l'hydrogène ; conséquemment dans le tube, l'excès du charbon doit s'opposer à la combinaison de l'hydrogène avec l’oxigène ; et bien plus, si le nitre contenait de l’eau, celle-ci pourrait être décom- posée : donc, l'hydrogène ne peut brüler dans le tube; donc, il ne peut en brélant accélérer la combustion du charbon ; mais l’hydrogène peut. mécaniquement favoriser cette combustion; car les expériences de Kirwan, de Berthollet prouvent qu’il y à une affinité très-intime entre le carbone et l'hydrogène. Or, comme l'hydrogène est tres-dilatable, il est. probable qu'il donne au carbone une partie de-cette propriété; par cela même, il doit favoriser la combinaison de ce corps avec l’oxigène ; mais l'influence de l'hydrogène est difficile à prouver par des expériences directes, parce qu'en chauffant fortement un charbon pour le déshydrogéner, on doit. rapprocher ses molécules, et par diminuer sa combusubilité, en sup- posant même qu’on n’en chassât pas d'hydrogène.

La difjérence de pesanteur doit avoir de l'influence dans la combustion. des charbons; mais M. Proust ne présente que des considérations géné- rales, parce que les circonstances ne lui ont pas permis de faire des expé- riences comparatives sur, la durée de la combustion d’une suite de char- bons dont les pesanteurs seraient connues (1).

(1) M. Proust pense maintenant que la cohésion des molécules est la cause des différences que l’on observe dans la combustion du charbon ; ainsi qu’on pourra s’en! convaincre en lisant la note suivante, qui nons a été communiquée par ce savant,

» J’ai plus que jamais lieu de croire que la différence de détonabilité dans les charbons « provient de leur-endurcissement, d’un état analogue à celui de la plombagine, »

« Si le soufre accélère la détonation des charbons les plus lents à détoner, c’est qu'il « accélère aussi celle de la plombagine. On fait un mélange de 6 parties de nitre « d’une de plombagine, d’une de soufre; on y met le feu avec la pointe d’une allumette « bien rouge; aussi-tôt qu'il y a un globule ardent qui communique le feu à la masse, « on retire la pointe de l’allumette, et la détonation suit d’elle-même, donne abon- « damment du carbonate de potasse; il y a aussi du sulfure. Je ne sais pas sil [Jai « beaucoup de sulfate. » :

« Le mélange a besoïn d’être humecté et battu jusqu’à ce qu’on n’aperçoive plus les lames de la plombagine. »

#

'

; (65)

Pour reconnaître la durée de combustion des divers charbons qu’on peut employer dans les arts, M. Proust propose de la faire détoner avec le nitre dans des tubes de laiton, parce que leur combustion, par l’oxigène con- densé, doit être la même que par l’oxigène libre, relativement à la durée, à k C.

Sur un phénomène que présentent la Barite et la Sitrontiane lorsqu'elles se combinent rapidement au gaz muriatique ; par M. Caevreur.

Pour démontrer le dégagement d’eau qui a lieu forsque le gaz muria- tique se combine aux bases sulifiables sèches ; M. Chevreul remplit de mer- cure une pete cloche de verre recourbée, semblable à celles dont MM. Gay- Lussac et Thenard se sont servi dans leurs expériences sur le potassium et le sodium, il fit passer du gaz muriatique et ensuite il introduisit dans la partie recourbée un morceau de barite caustique, provenant de la dé- composition du nitrate de cette base ; il chauffa la barite avec une lampe à esprit de vin, le gaz se dilata , ensuite il fut absorbé ; la barite répandit alors une belle lumièrerouge et il sedégagea beaucoup de chaleur, car le muriate qui se forma se fondit. Quoiqu’on w’eùt employé que peu de gaz, cependant il se condensa une quantité d’eau sensible sur les parois dela cloche. MM. Gay-Lussac et Thenard,en faisant passer du gaz muriatique sur la barite chauffée dans un tube de verre, ont remarqué ce dernier phéno- mène avant M. Chevreul; mais la manière dont ils ont opéré ne leur a pas permis d'observer le dégagement de lumière, parce que dans leur expérience, le gaz ne passalique successivement sur une grande masse de barite, et dès-lors le dégagement de lumière , s’il a eu lieu, n’a pas être sensible. "::

La strontiane, parfaitement pure, a présenté les mêmes phénomènes quela barite ; mais M. Chevreul fait observer qu’il faut placer la partie dela cloche

ui la contient au milieu des charbons : lorsqu'on fait l'expérience dans l'obscurité , la lumière qui se dégage est des plus éclatantes ; on ne peut la comparer qu’à celle d’une combustion vive.

Le fait qu'on vient de rapporter est du genre de ceux qui prouvent que le dégagement de lumière qui a lieu dans l’action chimique des corps, n’est pas Loujours produit par une oxigénation; qu'il peut l'être par toute combinaison dontles élémens se condensent beaucoup, et qui se fait avec rapidité. Ce fait est analogue à ce qu'on observe dans l'extinction de la chaux et dans la combinaison de plusieurs métaux avec le soufre.

: M. Chevreul a chauffé de la chaux dans du gaz muriatique pour savoir si

elle se conduirait comme la barite et la strontiane , mais il n’y a pas eu de lumière sensible; cependant le gaz a été absorbé rapidement , et le muriate de chaux s’est fondu. Au reste, 1l est possible que la lumière du combus- tible que l’on emploie dans l'expérience pour chauffer la chaux, rende insensible celle qui peut-être dégagée lors de la combinaison.

ENSTITUT NAT. 9 Mars 1832

INSTITUT NAT. a0 Janvier 1812.

(66) PHYSIQU Ë.

! . Mémoire sur la distribution de l’ Electricité à la surface des corps conducteurs ; par M. Porsson.

L’aureur expose , dans ce mémoire, les principes et les équations générales d’après lesquels on doit déterminer la distribution des deux fluides électriques, sur les surfaces de deux ou d’un plus grand nombre de corps conducteurs, soumis à leur influence mutuelle. Pour exemple de la résolution de ces équations , il considère le cas particulier de deux sphères d’un même rayon , également électrisées, et qui se touchent en un point. Il se propose de traiter dans un autre mémoire, le cas de deux sphères de rayons différens, dont les centres sont placés à une distance quelconque l’un de l'autre , et qui sont inégalement élec-

trisées. Nous rendrons alors un compte plus détaillé de ces nouvelles recherches, P.

MATHÉMATIQUES.

Mémoire sur l'égalité des polyèdres composés des mêmes faces semblablement disposées ; par M. Caucay, ingénieur des Ponts et Chaussées. ;

L’aureur commence par établir, sur les eoncs convexes rectilignes et sphériques, les théorèmes suivans : 1

1°. Si, dans un polygone convexe rectiligne ou sphérique, dont tous les côtés, à l'exception d’un seul, sont supposés invariables, on fait croître ou décroître simultanément les angles compris entre les côtés invariables, le côté variable croîtra dans le premier cas et décroîtra dans le second.

2°. Si, dans un polygone convexe recüligne ou sphérique, dont les côtés sont invariables, on fait croître les angles, ceux-ci ne pourront tous varier dans le même sens, soit en plus, soit en moins.

30. Si, dans un polygone convexe rectiligne ou sphérique, dont les côtés sont invariables, on fait varier tous les angles, et que, passant en- suite en revue ces mêmes angles, on les classe en différentes séries, en plaçant dans une même série tous les angles qui, pris consécutivement, varient dans le même sens ; les séries composées d’angles qui varieront en plus, seront toujours en même nombre que les séries composées d’angles qui varieront en moins ; et par suite le nombre total des séries sera pair,

4°. Les mêmes choses étant posées que dans le théorème précédent, le nombre des séries sera toujours au moins égal à quatre.

5e. Les mêmes choses étant posées que dans les deux théorêmes pré-

+

,

(67) | cédens, on trouvera toujours dans le polygone au moins quatre côtés, dont chacun sera adjacent à deux angles, qui varieront en sens contraire.

Un angle solide quelconque, pouvant être représenté par le polygone sphérique que l’on obtient en coupant cette angle solide par une sphère décrite de son sommet comme centre avec un rayon arbitraire, on voit qu'il suffit de substituer dans les théorêmes précédeus les noms d'angles solides , d’angles plans et d’inclimaisons sur les arêtes, à ceux de poly- gones sphériques de côtes et d’angles, pour obtenir autant de théorèmes sur les angles solides. Le dernier peut s’énoncer de la manière suivante.

60. Si, dans un angle solide dont les angles plans sont invariables, on fait varier les inclinaisons sur les différentes arêtes, on trouvera tonjours au moins quatre angles plans, dont chacun sera compris entre deux arêtes sur lesquelles les inclinaïsons varieront en sens contraire.

A laide de ce dernier théorême et de celui d'Euler, M. Cauchy dé- montre comme il suit la proposition d'Euclide, qu’il énonce ainsi :

Dans un polyèdre convexe, dont toutes les faces sont invariables, les angles compris entre les faces, ou, ce qui revient au même, les inclinai- sons sur les différentes arêtes sont aussi invariables; en sorte qu'avec les mêmes faces on ne peut construire qu’un second polyèdre convexe symé- trique du premier.

Démonstration. En effet, supposons, contre l'énoncé ci-dessus, que l’on puisse faire varier les inclinaisons des faces adjacentes sans détruire le polyèdre ; et, pour simplifier encore la question, supposons d’abord que l’on puisse faire varier toutes les inclinaisons à-la:-fois , les inclinaisons sur certaines arêtes varieront en plus, les inclinaisons sur d'autres arêtes varie- ront en moins; et, parmi les angles plans qui composent les faces et les angles solides du pclyèdre, il s’en trouvera nécessairement plusieurs qui seront compris chacun entre deux arêtes, sur lesquelles les inclinaisons varieront en sens contraire. C’est le nombre de ces angles plans qu'il s’agit de déterminer. à

Soient $ le nombre des angles solides du polyèdre,

H le nombre de ses faces, A le nombre de ses arêtes.

On aura, par le théorême d'Euler, S4+ = 44 2, ou 4 H— S 2.

Soient de plus , aie nombre des triangles , b le nombre des quadrila- tères, c celui des pentagones, d celui des hexagones , e celui des hepta- gones, elc..…., qui composent la surface du polyèdre. On aura

H= a+b+<c+d+e +, etc. 2A4= 53a+4b + 5c+4 6d+ 7e +, ec. etparsuite, 4(4—H)=— 2a + 4b+6c<+ 8d+ 10e +, etc. Cela posé, si l’on considère les angles plans compris dans la surface du

(68)

polyèdre, comme formant par leur réunion les angles solides, on trou- vera que chacun des angles solides, en vertu du thévrême 6, doit fournir au moins quatre angles plans, dont chacun soit compris entre deux arêtes, sur lesquelles les inclinaisons varient en sens contraire. La surface totale du polyèdre devra donc fournir un nombre d’angles plans de cette espèce au moins égal à 49. Reste à savotr si cela estlpossible.

Or, si l’on considère les angles plans comme composant les faces du polyèdre, on wouvera que les faces triangulaires, contenant toujours au moins deux arêtes, sur lesquelles les variations d’inclinaison sont de même signe, fourniront au plus me. deux angles plans qui satis- feront à la condition donnée. Les quadrilatères pourront fournir chacun quatre de ces angles plans; mais les pentagones , se trouvant dans le même cas que les triangles, n’en fourniront chacun que quatre au plus, comme les quadrilaières. En continuant de même, on ferait voir que les hexagones et les heptagones ne pourront fournir chacun plus de six angles plans de cette espèce; que les octogones et les ennéagones n’en pourront fournir chacun plus de huit, et ainsi de suite. Il suit de que toutes les faces du polyèdre réunies ne pourront fournir ensemble plus de ces angles plans, qu'il n'y a d'unités dans la somme faite detrois fois le nombre des triangles, de quatre fois celui des quadrilatères, de quatre fois celui des pentagoues, de six fois celui des hexagones, etc... , ou dans

2a + 4b + 4c + 6d + 6e +, eic..…,

Mais , si l’on compare ce résultat à la valeur de 4 (4 A), trouvée plus haut, il sera facile de voir que la somme dont il s’agit ici est plus petite que 4(4 H), ou 4(S— 2), ou encore 4(8$ 8). Il est donc impossible que le polyèdre total fournisse un nombre au moins égal à 48 d’angles qui satisfassent à la condition donnée. On ne peut donc changer à-la-fois les inclinaisons sur toutes les arêtes. j 4

Si l’on suppose en second lieu que, sans changer les faces du polyèdre, on puisse faire varier les inclinaisons sur les différentes arêtes , à l'exception des inclinaïsons sur les arêtes comprises entre plusieurs faces adjacentes et renfermées dans un certain contour; alors, pour ramener la question au cas précédent, il suflira d'observer que le théorêéme d’Euler subsis- tera encore , si l’on considère toutes les faces dont il s’agit comme n’en formant qu’une seule; et par conséquent de faire abstraction dans les calculs précédens des arêtes sur lesquelles les inclinaisons ne varient pas, et des sommets elles se réunissent.

On prouverait de même que l’on ne peut considérer le polyèdre comme composé de plusieurs parties , dont les unes seraient invariables et les autres variables.

Cette démonstration est copiée littéralement dans le mémoire dont je rends compte, et que l’auteur a bien voulu me confier. ENT pe

NOUVEAU BULLETIN | DES SCIENCES,

PAR LA SOCIÉTÉ PHILOMATIQUE.

Paris. Mai 1812.

HISTOIRE NATURELLE.

ZOOLOGIE.

Description des Cétacés échoués dans la baye de Paimpol ; par M. G. Cuvier. ( Extrait.)

Le 7 janvier (1812), des pêcheurs de Paimpol aperçurent une troupe nombreuse de cétacés, à l’eau que ces animaux faisaient jaillir de leurs évents. Rates

Un d’entre eux étant échoué poussa des cris qui attirèrent les autres , et les firent échouer aussi au nombre de soixante-dix. La plupart étaient des femelles adültes : sept mâles les accompagnaient , et elles paraïssaient voyager en famille avec leurs petits, qui étaient au nombre de douze. Ceux-ci tetaient encore, à en juger par le lait contenu dans les mamelles des mères : ce lait était d’un blanc bleuâtre. 5) M

Les individus adultes poussaient de longs mugissemens, qui ne sortaient point par labouche , mais par le trou de l'évent. Leur respiration se faisait aussi par cette ouverture, et on observait un intervale assez grand entre chaque inspiration : pour cet cffet l’animal soulevait la soupape qui se* trouve à l’ouverture de l’évent: Lorsque ces animaux voulaient se remuer ils le faisaient au moyen de leur queue qu'ils appliquaient sur le sol; de cette manière ils élevaient de cinq à six pieds leur train de devant. Ils se tenaient verticalement dans l’eau. Tous étaient morts après cinq jours, et l’on n’a trouvé dans leur estomac que des restes de sèches et de moulles. : L

Le mâle le plus grand avait six mètres de long, deux de circonférence , et 1l- pesait 2500 kilogrammes. La plus grande femelle avait plus de sept mètres de l’extrémité du museau au bout de la queue, et plus de trois de circonférence. Ses nageoires pectorales avaieut plus d’un mètre et demi. Les petits avaient deux mètres el démi environ. Les adultes avaient de 18 à

Fom. II. N°.56. 5e. Année. Avec une planch., n°. r. 16

Nc. 56,

INSTITUT NAPe

(CFP) 26 dents coniques à chaque mâchoire; quelques- -uns des peuits n'en avaient point encore, et d’autres en avaient 8 à 10 qui se montraient à peine hors des gencives.

La couleur de ces cétacés était d’un gris-noirâtre dont le usant avait une sorte d'aspect métallique; et il paraît que quelques individus avaient sous la gorge une tache blanche transversale, qui se prolongeait sous le ventre jusqu’à l’anus après’ s'être rétrécie en une sorte de ruban.

Leur forme générale ( Voyez pl. 1; fig. r.) était celle des dauphins ; mais ils paraissent se distinguer de toutes es autres espèces connues par la forme de la tête qui se texmine en une sorte de bourrelet arrondi , et leur nageoire dorsale est peu élevée comparativement à leurs nageoires pec- torales, qui. sont longues, étroites. et, pointues. Ceite espèce cependant pa- rait déja avoir été fourée par Duhamel, Traité des Pêches, Ile. parue, o°. section , pl. 10, fo. 5e

Un de ces jeunes cétacés , envoyé par M. Lemaout a été disséqué par MM. Cuvier et Blainville. Nous allons copier ce que M. Cuvier dit à ce sujet dans un rapport à l'Institut. À

« Parmi les observauons que la splanchnolog ie a fournies, il (M. Cavier) « s’empresse d'en placer ici une qui est propre à rectifier des idées peu «exactes qu'il avait données autrefois. Une certaine cavité, qui, dans une «\tête mutilée et mal conservée de dauphin, lui avait paru communiquer « avec les narines el pouvoir servir de siége au sens de l’odorai, ne s’est « trouvée qu'un très-grand sinus; sinus qui “sert probablement à recevoir le « sang quand l'animal, en plongeantlongtems , est obligé de suspendre sa « respiration.

« Ainsi les conjectures que l’on avait pu faire sur l’existence de l'odorat , « dans les dauphins ; n’ont plus de fondement, et l’on doit avouer que l’on « ignore comment ils exercent ce sens , etc. » l

= M. Cuvier, dans ce rapport qui se trouve au tome XIX des Annales du Muséum d'Histoire Naturelle, fait un examen critique des différentes es- pèces de dauphin , duquel il résulteun véritabl etravail général sur cette fa- ‘milleimportante de rnammiferes. Nousallons en extraire lesnotes suivantes. + Ces animaux se divisent en quatre sous-genres.

Ie. Les delphinapières qui ont la tête obtuse et sont privés de nageoires dorsales.

On n’en connaît bien qu’ une espèce, le Delp. Leucas.

Ile. Les marsouins à tête owbluse, sans museau retréci, qui comprennent, Do: l'épée de mer, dont la nageoire dorsale est élevée et pointue, et les nageoires pectorales ovales K dontele ventre et les sourcils sont Dre et

dont la’ longueur va jusqu’è à vingt pieds; 2°. un dauphin envoyé de BÉESE par M. Düméril , qui a tous Îles caractères du précédent, excepié qu'il est grisätre ; qu'il devient beaucoup moins grand, et quil } perd ses dents dès que sa taille approche de douze pieds. M. Cuvier l'appelie Delp. Griseus ; ÿ

| (71)

5°, Le‘dauphin de Saint-Brieux, qui fait l’objet principal de cet arliclé, et que M. Cuvier nomme Delp. Globiceps. ( Foy. pl. L, fig. r.)

Ile. Les dauphins, proprement dits, à museau grêle et distingué de la tête. Ils comprennent, t°. l’orca qui est mal connu; 2. le tursio de Bo-

_ natère quiporte 84 dents; 50. le Daup. à bec grèle, à 92 dents; 4°. etle Daup.

vulgaire à 180 dents, auquel M. Cuvier donne ie nom de Delp. Dubius.

IVe. Les Hyperoodons , dont onne connait qu’une seule espèce le Delp. Edentulus , qui a aussi le museau distinet de la tête. et l’on ne trouve presque jamais, du moins à un certain âge, plus de 2 dents ; elles manquent mème quelquefois entièrement. En général , il paraît que le nombre des dents chez les dauphins est très-variable et que ces animaux en perdent plusieurs avec l’âge. F. C.

Notice sur une espèce de Dauphin observée dans la mer gla- ciale; par M. Fréminvizre, Leutenant de vaisseau.

LA forme générale de ce dauphin ( PI. I, fig. 11. } est alongée; sa lon- gueur la plus ordinaire est de dix mètres, mais quelques individus en ont jusquà douze. Sa circonférence est de: plus de cinq mètres. La tête esi petite relativement au volume du corps; le front est con- vexe , obtus ; les machoires prolongées en ün bec fort long et fort pointu et l'inférieure est la plus longue; elle est armée .de 48 petites dents coniques et très-aigues ; on n'en compte que 50 à la mâchoire supérieure. ,

La nageoire dorsale, en forme de*petit croissant , se trouve plus rapprochée de la queue que de la tête. La caudale forme un «croissant entier ; les deux pectorales sont de médiocre grandeur,

La couleur de ce dauphin est d'un noir uniforme tant en dessus qu’en dessous ; mais ce qui le caractérise principalement , ce sont deux cercles jaunes concentriques placés sur le front ( Fig. rt. b.). Le plus grand cercle a neuf décimètres de diamètre, l’intérieur en a à-peu- près sept. Ce caractère, a déterminé M. Fréminville à nommer ce dauphin coronatus. $ :

Ces dauphins sont communs dans la mer glaciale ; on commence à les rencontrer vers le 74°. degré de latitude nord. Mais ce n’est qu'entre les îles du Spitzherg , au 60°. degré, qu’on les trouve en troupe nom- breuses. Ces animaux sont si peu défians qu'ils viennent se jouer près du bord des vaisseaux. L'eau qu'ils lancent par leur évent est poussée avec bruit, et avec une telle force qu'elle n’a bientôt que l’apparence d’une légère vapeur ; elle ne s'élève pas au delà de deux mètres. Ils nagent en décrivant des arcs de éercles.

PAC:

Soc, PHILOMAT,

SOC. PHILOMAT.

Septembre 1011.

(72)

* à F* . Description du Dipodion, genre nouveau de Vers intestinaux: par M. Bosc.

M. Larwrannière , membre de l’Insutut , examinant il y a quelque tems son rucher , remarqua une abeille dont le corps était pus gros qu'à l'ordinaire , et cette circonstance l’engagea à la stisir pour en chercher la cause. Il trouva que cette grosseur, contre nature , était produite par un ver blanc à tète fauve, qui vécut plus d'une heure , et qu'il a bien voulu remettre à M. Bosc pour l'étudier et le décrire. :

Ce. ver conslitue un genre nouveau extrêmement distinct de tous ceux qui sont connus. M. Bosc lui donne le nom de dipodion { dipodium ); voici ses caractères.

Corps mou, ovoïde, articulé, légcrement applati, terminé en avant par deux gros tubercules réniformes, granuleux , percés chacun d’un trou ovale, et, en arrière par deux pointes molles, Bouche transversale en croissant , placée un peu au-dessous de l'intervale des tubereules.

Dipodion apiaire (Pl. 1, fig. 111.) (Dipodium apiarium, Bosc) a le corps blanc, de cinq millimètresde long sur trois de large, et composé d'environ douze anneaux très-saillans et pourvus de trois profonds silluns longitudi- maux de chaque côté. Les tubercules antérieurs, qu’on peut regarder comme la tête , sont fauves , portés par un support trés-court, terminé par une caloite qui paraît globuleuse par devant et par derrière, ovale sur le côté, mais qui est réetlement réniforme comme ou s’en assure en la regar- dant par-dessus. Leur partie convexe est entourrée de grains noirs, cornéss irréguliers qui se touchent, et parsemée de grains fauves de même nature. Ces tubercules sont très-rapprochés , et leur excision est en regard. C’est

rès de cette excision que se trouve , sur chacun, ce trou ovale à Le saillante et blanche dont l’auteur n’a indiquer la fonction Sur une des larses faces du corps , celle qu'il regarde comme le dessous , à une très-petite distance des tubercules et: dans leur entre-deux, se remarque uue fente longitudinale brune, ayec une espèce de lèvre inférieure bordée de grains cornés presque noirs. Est-ce la bouche ? ‘est-ce Fanrus? M. Bose penche pour la première idée ; quoiqu'il n'ait pas pu reconnaître d’anus à Ja partie postérieure M. Labillardière à cru voir des crochets, mais M. Bosc n'a trouvé que deux pointes molles. Au reste, il faudrait disséquer quelques individus pour s'assurer de la fonction de cette fente : encore n'est-il

pas sûr qu'on y parvint à raison de la peutesse des parties et de leur mollesse. ï Û

li est très-remarquable qu’an si gros ver puisse exister dans le corps des abeilles dont il ‘remplit plus de la moitié de la capacité. On dois

(75) supposér que cest dans l'abdomen qu'il se trouve, et non dans le canal intestinal, puisqu'il fermerait entièrement ce dernier. Auf#reste, . il paraît rare , car depuis trente ans que M. Bosc possède des abeilles et qu'il les observe, le cas s’est trouvé M. Labillardière ne s’est pas présenté à Jui. + Explication de la fig. 3, pl. 1.

a Le Dipodion apiaire de grandeur naturelle, b Le même extrémement grossi: c Coupe transversale du corps. d I’un des tubercules, encore plus grossi, vu en dessus. On y remarque le trou ovale et les grains cornés. —e Le même tubercule vu de profil par son côté extérieur. f Les grains cornés qui forment la bouche.

BOTANIQUE

Note sur le Taxus, genre de la famille des conifères ; par M. Minser. :

Le taxus, de même que l’ephedra , fournit matière à quelques observations qui apportent des modifications essentielles dans l'expression des caractères génériques. MM. Schoubert et Mirbel reproduisent ce genre ainsi qu'il suit : à

CARACTERES DE LA FRUCTIFICATION ; Végétal dioïque : Boutons floraux composés d’écailles ‘imbriquées et opposées en croix. Fleurs mâles : Un androphore solitaire portant à son sommet 10-15 étamines réunies en globe; filets très-courts®# anthères peltées , polygoues, 4-10 locu- laires ,S'ouvrant par 4-10 fentes intérieures, basilaires , et s’étalant après lanthèse ea un rebord 4-10 lobé. Fleurs femelles : Boutons 1-2 flores ; chaque fleur renfermée completement dans une cupule pistilifarme , oblongue , à orifice éwoit, sullant et finement bilobé, Périanthe simple, adhérent , couronnant lovaire d’un rebord à peine visible. Suymate sessile , ponctiforme. Fruit : Un pseudocarpe figurant une bate ouverte à son sommet, composé des écailles florales les plus intérieures, accrues , devenues succulentes, soudées les uns aux autres , et d’une ou deux cupules ressemblant à des noyaux; un péricarpe membraneux, uniloculaire , monosperme , renfermé dans chaque cupule; graine nue, périspermée , renversée , pendante ; emiwyon axile, court, droit, oblong, fendu peu profondément en deux cotylédons obtus ; radicule terminée par une rhiziophyse filiforme; périsperme charnue.

CARACTÈRE pr LA VÉGÉTATION : Arbre rameux, toujours vert; boutons à bois, écaileux, axillaires terminaux ; feuilles aliernes, à triple hé- lice, étalées et comme distiques ; fleurs axillaires : les mâles solitaires, redressées; les femelles ordinairement solitaires , quélquefois géminées, toujours pendantes.

Soc, PHILOMAT.

Observation sur le genre Taxus en particulier ct sur la famille des ET Conifères en général; par M1. Monper.

re, Obs. Le support des anthères, que MM. Schoubert et Mirbel désisnent#ous le nom d'androphore dans lephedra (fig. 2, 4,B), ne pouvait être considéré comme le pédoncuie d’un chaton; car les authères de l’ephedra sont absolument privées d’écailles. Le support dans le taxus (fig. 1, 4), est eucore désigné sus le nom d’'andro- phore; cependant il faut convenir que ce genre semble offrir un faible commencement d’écailles anthériferes (fig. 1, B, €, D). Toute ap- parence d’écailles disparaît dans le podocarpus elongata de Lhéritier ; mais les anthères éparses et sessiles sur un: long androphore pendant, rappelle assez l'aspect des chatons de plusieurs amentacées. Les anthères du podocarpus asplenifolia de M. de Labillardière, arbre de la Nouvelle- Hollande, voisin du dacrydium cupressinum de Lambert, sont surmon- tées d’une pointe, laquelle n’est autre chose qu'un rudiment d’écaille : ainsi voilà l’inflorescence en chaton bien caractérisée ; mais elle l’est beauceup plus nettement encore dans le thuya, le juniperus , le cupres- sus ,.et si l’on passe à la section des conifères à fleurs renversées , on trouve dans le genre pinus , des chatons composés , c'est-à-dire formés par l'assemblage de plusieurs petits chatons. Cette gradation dans les ca- ractères offre un nouvel exemple des modifications que subissent les parlies analogues dans les espèces d’une même famille.

2e, Obs. Le sommet de la cupule du taxus se resserre en une espèce de goulot que l’on a pris généralement pour un stigmate proéminent, perforé à son centre (fig. 1 , Æ , F) ; cette cupule renferme la fleur femelle en totalité. Le stigmate et le limbe du périanthe sont si peuts, qu'il faut l'attention la plus soutenue pour les découvrir. Ces parties sont très-pelites encore quoique plus prononcées dans les fleurs du thuya, (fig. 3, B), du cupressus , du juniperus , du Larix , du pinus , de l’abies. Dans ces deux derniers genres le limbe de la cupule, divisé en deux petites lanières, souvent pubescentes , ressemble à un double stigmate. , j

Le long style de l’ephedra, son stigmate coupé . obliqaement en cuiller, son limbe périanthial très - prolongé (fig. 2, , D), sont autant de caractères qui distinguent la fleur femelle de lephedra de celle du éaxus (fig. 1, E, F).

La fleur femelle du cycas, de même que sa fleur mäle, ressemble à celle des conifères; c’est ce qu'il est facile de voir par la description et le dessin que M. du Petit-'Thouars en a donnés. On ne s’étonnera pas par conséquent que le zamia debilis (fig. 4, À, 8) offre des traits analogues. Ainsi, comme il a été ditautre part (Examen des endorhizes, etc, par M. Mubel; Annal. du Muséim d'hist. nat. 1810), la famille des

(75)

cycadées, unie aux monocotylédons par les principaux caractères de la végétation, forme dans cette division du règne végétal , un groupe correspondant à celui des conifères dans les dicotylédons. De la même manière l’alisma correspond au ranonculus et le tamnus au bryonta.'Vant que les caractères de la végétafion serviront de base aux deux grandes divisions des végétaux phanérogames, les cycadées ne pourront être éloignées des palmiers. .

5e, Obs. Le fruit du faxus (fis. 1, G, H, I, Æ) et celui du podocarpus asplenifolia ont celx de remarquable que leur embryon est oblong , beaucoup plus court que le périsperme, divisé en deux très-petits cotylédons et terminé inférieurement en un fil ou rhiziophyse

filiforme qui traverse le périsperme et aboutit à l’ombilic.

L'embryon des autres conifères (fig. 5 et 2 G) est à-peu-près cylii- drique, presqu'aussi long que la graine, divisé plus ou moins profon- dément en deux ou plusicurs cotylédons , et l'extrémité de sa radicule abouut à l’ombilic. .

4°. Obs. Pour la clarté des descriptions , il faut fixer ce que l’on doit entendre par base et sommet de la graine. Qu'on suppase done un axe passant par la radicule , le collet et la plumule, et se prolongeant des deux côtés dans la direction la plus droite possible jusqu'aux enve- loppes séminales : la base de la graine sera le pole correspondant à la radicule, et son sommet, le pole correspondant à la plumule, Cette méthode pour obtenir deux points fixes, qui servent à déterminer la situation de l’ombilic Sur la graine et, par suite, celle de la graine dans le péricarpe , n’est insuflisante que lorsque lembryon est replié ou roulé longitudinalement sur lui-même ; et encore est-il bien rare qu'on ne puisse arriver à s'entendre touchant l'extrémité basilaire.

Ainsi, quand MM. Schoubert et Mirbel disent de la graine des arbres verts qu’elle est renversée et pendante, ils eutendent que le:sommet de la graine, ou, ce qui revivnt au même ,, la partie correspondante à la plumule et aux cotylédons > est tournée Vers ‘la base du péricarpe; que la base de la graine , ou , en d’autres termes , la partie correspon- dante à la radicule, regarde le sommet du péricarpe ; que lombilie est situé à. la base de la graine ; et le placenta au sommet du péri- carpe. 1 : : Gaeriner avait tres bien senti qu'il importait de déterminer la situation de l'embryon dans la graime ; voilà pourquoi il indique souvent la place de la radicale par rapport à Pombilic : c'est donc sans raison qu'on a reproché à ce grand observateur de n'avoir jamais considéré que Ja direction de l'embryon relativement au péricarpe.

Explication des fisures sous Le n°. IF. #

Fig, 1, 4, Fleur mâle du taxus baccaat, Fig. 17 B. Anthère avant l’anthèse,

AnwaLes pu Mus. Ton. 18, p. 1.

( 76 l

Fig. 1, €. Autre anthère pendant l’anthèse. Fig. 1, D. Autre anthére après l’anthèse, Fig. 1, Æ. Fleurs géminées. On aperçoit le sonimet de deux cupules pistiliformes, ‘uniflores. Fig. 1, F. Fleurs solitaires, coupées longitudinalement. On aperçoit dans la cupule l'ovaire avec son périanthe adhérent et son stigmate sessile, ponctiforme. Fig. 1, G. Fruit du taxus. Fig. 1 , H. Cupule endurcie, ressemblant à un noyau. Fig. 1, J. Cupule, péricarpe et graine coupés longitudinaienent. Fig. 1, Æ. Embryon retiré du périsperme. t D UMR ;

Fig. 2, A. Epi de fleurs mâles de l’ephedra gigantea. Fig. 2, B. Fleur mâle avec son périanthe simple, Fig. 2, C. Fleur femelle. Fig. 2, D. La précédente, coupée dans sa longueur. Fig. 2, Æ. Fruit de l’ephledra gigantea : ils sont provenus de fleurs gémi- nées. Fig. 2, F. Une cupule eudurcie. Fig. 2, G. La précédente coupée dans sa longueur. : ;

Fig. 5, 4. Cupule uniflore du.thuya orientalis.— Wig. 3, B. La même coupée longi- tüdinalement. Fig. 3, €. Cupule, péricarpe et graine, coupés longitudinalement. Fig. 3, D. Coupe du sommet du péricarpe pour faire voirle limbe du périanthe persistant.

ie. 4, A. Cupule uniforme du samia debilis. Fis. 4, B. La précédente coupée lon- gitudinalement.

Oss. Toutes ces figures sont très -grossies.

Mémoire sur les Lobélicées et les Stylidiées, noûvelle famille de plantes; par M. À. L. De Jussieu.

Jusqu’A ces derniers tems, les lobéliacées et les stylidiées n’avaient formé qu’une même famille avec les campanulacées. Cependant, M. de Labillardière, dans sa Flore de la Nouvelle-Hollande, avait déja fait re- marquer que Île stigmate du goodenia , du velleïa èt du scævola dit- fère beaucoup du stigmate des vraies campanulacées, et il en avait très- exactement indiqué le caractère.

M. Robert Brown, dans son Prodromus floræ Novæ-Hollandiæ , décompose les campanulacées pour former deux famiiles nouvelles: les goodénoviées et les stylidiées , sans comprendre dans l’une ni l'autre le genre /obelia. (7

Les principaux caractères des goodénoviées , (nous entendons ceux qui disunguent ce groupe des familles voisines ) sont les suivans : corolle ou périanthe s'mple, irrégulier, fendu loucitudinalement presque jusqu’à sa base. Anthéres libres ou syngentses, alongées, droites,

“redressées , aduées antérieurement au filet, appliquées contre le style.

Sommet du style pourvu d’un appendice membraneux, souvent cilié, formant une espèce d’involucre ou de collet autour du stigmate. Fruit toujours adhérent : tantôt capsule à deux loges ( rarement à une, trois ou quatre loges ) polyspermes et à cloisons séminifères ; tantôt drupe, à noyau muliioculaire, chaque loge contenant une sêule graine debout. Placenta contiou à l’ombilic, graines périspermées, ombilic basilaire, embryon droiL. Fe

Cette famille est divisée en deux sections fondées sur la-nature diffé- rente du fruit, La premiére:section comprend les genres à fruits capsu-

(677)

laires, savoir : le goodenia', velleia, le calogyne., l'authales. et le lechenautia ; Ya seconde section comprend les genres qui ont un drupe, savoir : le scævola, le diaspasis , le dampiera ei peut-être le brunonia de M. Smuh. D’après les observation de MM. Jussieu et Richard , le lobelia qui ne diffère du goodenia que par ses étamines syngénèses , entre nécessairement dans la première section de cette nouvelle famille qui doit prendre le nom de lobeliacées à cause de l’ancienneté ‘du genre lobelia et du grand nombre d'espèces qu’il renferme.

Passons maintenant aux stylidiées : le stylidium a été décrit comme ayant une corolle monopétale à cinq lobes dont quatre presqu'égaux et le cinquième plus petit, placé en avant. M. Swartz observe que ce einquieme Jobe, qu'il appelle /abellum , est pourvu intérieurement de deux petits appendices. Une colonne charnue , solide ; espèce d’andro- phore , soutient deux anthères arrondies et didymes; cet androphore avait été pris pour un style portant deux anthères sessiles immédiatement au-dessous d’un stigmate un péu convexe. M. de Labillardière , le premier, a rejeté cette opinion. Il n’a vu, dans l’androphore, que le support des anthères et a cru retrouver le stigmate dans une ou deux petites éminences glanduliformes , plus ou moins apparentes, situées sur l'ovaire , au pied de l’androphore.

Quant à M. R. Brown, il a suivi l’ancienne opinion.

MM. de Jussieu et Richard adoptent le sentiment de M. de Labillar- dière relativement à l’androphore ; mais ils voyent de simples nectaires glanduleux dans les corps que M. de Labillardière. considère, comme des. stigmates sessiles. Les deux appendices intérieurs, observés «par M. Swartz et indiqués depuis dans la plupart des espèces par MM. de, Labillardière et R. Brown, sont d’après MM. Jussieu et Richard les véritables stigmates. Ces botanistés voyent le style dans une ligne ou nervure qui parcourt lôngitudinalement la corolle, depuis le sommet de l’ovaire jusqu’a la base du labellum, et qui se termine par les deux appendices remarqués par Swartz, lesquels sont, suivant eux , deux stigmates glanduleux. Comme le /abellum répond précisément à l'endroit la corolle des lobéliacées est fendue longitudinalement , il sembleroit que la corolle du stylidium aurait aussi une sorte de tendance naturelle à être fendue à la manière de celle des lobéliacées; mais que le style, soudé à l’un et à l’autre bords, les retiendrait unis. Si cette conjecture était fondée, le /abellum ne serait probablement autre chose qu’un apen- dice du style, analogue à la colerette qui environne le stigmate des lobéliacées. M. de Jussieu ne s'éloigne pas de cette idée ; mais il pense que si de nouvelles observations prouvaient que le lobe extérieur du labcllum apparüent à la corolle, il en faudrait conclure qu’elle est de nature à être régulière comme celle des campanulacées et que le labellum

Tom. III. No, 56, 5°, Année. Avec une planch. , n°. 1, 11

(78) û ON LA h

ou cinquième lobe ne prend pas un développement égal aux autres lobes parce que sa croissance est gênée par la présence du style. ui

Jusqu'à présent , le caractère qui distingue éminemment les stylidiées, c’est l’androphore chargé de deux anthères arrondies. M. de Jussieu n'est pas certain que le style soit uni à la corolle dans tous les genres de la famille , parce qu’il ne connaît pas le siyle et le stigmate du levenhookia, du forstera et du phyllachne. M. Forster croyait que le phyllachne était monoïque; Commerson en doutait ; M. Syvariz areconnu qu'il était hermaphrodite, et eu fait une espèce du genre forstera. M. Richard a forufié l'opinion de M. Swartz en montrant que dessous landrophore, il y a un ovaire à deux loges contenant plusieurs ovules. La corolledu phyllachne est régulière de même que celle des campanules, et M. Richard n’a pu y rien découvrir qui rappelât les parties que M. de Jussieu .et lui décrivent comme étant le style et les stigmates dans le s£yli dium ; ainsi l’ensemble des caractères de la famille des stylidiées n’est pas bien déterminé , quoique l’on doivé reconnaître avec le savant M. R. Brown qu'elle cst parfaitement naturelle. M.

GÉOLOGIE Sur les Tourbes ligneuses sous-marines.

Lrs végétaux entiers ou leurs diverses parties se trouvent enfouis dans la terre sous trois états principaux et de deux manières différentes :

x°. Comme changés ou transformés én matières pierreuses, el c’est ce qui constitue les bois pétrifiés. On doit remarquer qu'ils sont presque toujours à l'état siliceux.

2°, Noïrcis, souvent durcis, ayant l’aspect charbonneux résineux , et étant bitumineux et combustibles : Ce sont les lignites bois bitu- mineux. Ces deux sortes de bois fossiles se trouvent dans les terreins d'aterrissement plus ou moins anciens, mais d’une formation toujours antérieure aux tems historiques. Il est très-rare de pouvoir les rapporter exactement, ainsi que les fruits, les ossemens et les autres parties de corps organisés fossiles qui les accompagnent, aux espèces actuellement connues, ei les lignites, quelque soit leur état, ne renferment jamais de potasse, suivant M, Hatchett.

3°. A l’état tourbeux. Les tourbes herbacées et lisneuses ou boïs tour- beux, sont généralement peu solides, souvent même friables et comme pourries. Elles conservent souvent tous leurs caractères botaniques, et les bois même jusqu’à la couleur et à l'éclat de leur écorce. Les fruits, les parties d'insectes , etc. qu’on y trouve, ne présentent or“inairement aucune différence avec les espèces connues; enfin les bois tourbeux renfermentde la

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potasse, suivant M. Hatchett, qui rapporte à cette occasion l'analyse qu'il a faite du bois tourbeux. sous-marin deSouton sur la côte de Lincoln- shire.

La tourbe ligneuse que M. de la Fruglaye vient de découvrir sur la côte de Morlaix, département du Finistère , et qu'il a décrite sous le nom de forét sous-marine, appartient à cette dernière position des bois fos- siles ; elle est située sous une plage couverte de sable blanc, et terminée par des côtes élevées et granitiques. La mer la recouvre à toutes les marées, et ne la découvre bien que dans les grandes marées , lorsque le sable blanc _ de cette plage a été enlevé par un mouvement favorable des eaux. On voit alors un sol"noir, profondément silloné, dans la structure duquel on peut remarquer plusieurs dépôts. Le premier est composé principalement de feuilles parmi lesquelles on trouve des débris d'insectes. Sur cette couche, sont renversés sans ordre des arbres entiers. La seconde couche est composée de sable et de glaise grise; elle renferme une grande quantité de tiges de plantes qui paraissent être des végétaux aquatiques , et qui sont dans une situation verticale. Ce sol se prolonge d’une part très-avant däns la mer et se termine au roc vif, et de l’autre il paraît qu’il va gagner le pied des montagnes granitiques qui forment la côte ; car M. de la Fruglaye, en fouillant sous les amas de sable et de galets qui précèdent celte côte, y a retrouvé la tourbe ligneuse sous-marine. 11 a reconnu le même terrein sur une étendue de grève d’environ sept lieues.

M. Gillet-de-Laumont à reçu de M. dela Fruglaye des échantillons nom- breux de cette tourbe et une coupe du terrein. Il en a séparé, avec MM. Leman et Desmarest fils, tous les corps organisés reconnaissables, et il est résulté de cette recherche dont nous avons été témoins, les objets suivans dont une partie avait déja été indiquée par M. de la Fruglaye.

Branche de bouleau avec son écorce, encore revêtue de son épiderme argenté ;

Bois dif bien reconnaissable ;

Graine d’if devenue tendre, mais ayant encore sa forme ;

Üne noïsette dont l’amande‘était réduite en poussière;

Une graine parfaitement conservée du polygonum lapathi- folium , Lénn. ;

Des portions encore bien caractérisée de l’hypoxylon globulare, Bulliard, (sphœæria byssiseda Decand. fl. fr.) Espèce de champignons , dont les capsules noires ressemblent à de la grenaille à urer. LEE

Cette tourbe renfermant des débris de corps organisés, parfaitement semblables à ceux qui vivent actuellement à la surface du globe, est remarquable par sa position inférieure à la surface actuelle de la mer. Des végétaux de l'espèce de ceux qui la composent n'auraient pas pu vivre

(H60)) : dans la place on les trouve actuellement. On sait cependant que depuis les temps historiques les plus reculés, le niveau des mers en général ne paraît pas avoir changé, et sur-tout s'être élevé : on sait aussi que la surface actuelle de la terre n’éprouve plus ni affaissement ni exhaus- sement que dans quelques cas particuliers ,:et dont les causes sont appré- ciables. On sait enfin que les corps fossiles enfouis dans des couches anciennes présentent généralement des différences qui les distinguent

pour la plupart des corps qui vivent à présent. La tourbe qui nous occupe, celle de Lincoln et toutes celles qui sont dans la même position, semblent offrir une exception aux règles qu’on a cru remarquer et qu’on vient de rappeler. Il faut donc examiner si elle n’entrerait pas dahs un de ces cas particuliers d’affaissemens , dont la cause peut être déterminée. Les seules causes d’affaissemens que nous commaissions sont : 1°. les tremblemens de terres et autres phénomènes volcaniques. Cette cause n’est nullement applicable dans ce cas-ci; 2°. La compression et diminution de volume, auxquelle sont sujets les terreins d’atterrissemens, sur-tout lorsqu'ils sont composés de limon, d'argile, de sable et de débris de végétaux. Cette cause paraît être celle de la position de la forêt sous-marine de Morlaix. Il ne s’agit que d'examiner si ceue tourbe ligneuse sous-marine est située à l'embouchure quelques rivières ou grandes vallées , ou au moins sous l'influence du courant d'eau,iqui en sort ou qui en est sorti autrefois. Or on voit qu'elle est placée dans la baie profonde de Morlaix , et vers l'eme- bouchure dela rivière qui s’y décharge. Le soi d’atterrissement de cette baie , d’abord meuble et spongieux, a pu être pendant longtems élevé au-dessus du niveau de la mer ; mais lorsque le tems et la charge des végé- taux qu'il portait l'ont comprimé , il s’est affaissé et la mer a le recou- vrir. Ge changement de niveau est certainement très-ancien ; mais à juger de son époque par la nature et les espèces des corps organisés enfouis, 1l paraît être postérieur à la dernière révolution qu’à subie la surface du globe, et qui l’a mise dans l’état nous la voyons. A. B.

Description du Taberg près de Jonkoping en Smoland; par | DT. Hausmaxx. L

Le Taberg est une montagne presqu'isolée, et presqu'entièérement com- posée de minérai de fer oxidulé , assez pur et riche en métal. C’estune des mines de fer les plus remarquables et les plus productives. Elle alimente presqu’à elle seule les mines de Smoland. Quoique décrite par plusieurs minéralogistes, son véritable gissement et sa place dans la série des ;for- mations observées jusqu’à présent par les géologues, n’a pas encore été bien déterminée.

Les parties méridionales de la montagne présentent un éboulement ou

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escarpement, qui découvre la masse solide de fer magnétique. De loin cette masse ne paraît présenter aucune structure ; mais de près On ÿ reconnaît une division principale qui se dirige à-peu-près nord et sud, et s'incline à l’ouest de 70 à 80 degrés. Gette division principale est traversée par d’autres divisions parmi lesquelles on en distingue une qui se dirige a-peu-près du sud-est au nord-ouest, et qui s'incline de 50 à 60 degrés au sud-ouest. Les morceaux séparés qui résultent de cette double division, ont depuis 5 décimètres jusqu’à plusieurs mètres de puissance.

Le minerai de fer du Taberg est mêlée presque partout d’amphibole hornblende et de feldspath. Le feldspaih quelquefois réuni en cristaux cisuncts, donne à la masse un caractère porphyritique. Cette même masse est traversée par des veines et par des filons puissans de chaux car- bonatée spathique, et d’une magnésie carbonatée silicifère verte et mêlée de talc, que M. Hausmann nomme pikrolithe. Ils sont ordinairement sé- parés de la masse par des salbandes de serpentine d’un vert-brun.

M. Hausmann conclut des observations qu’il a faites sur la struciure de cette montagne et de celles qui l’environnent, que le Taberg est une masse de diabase, (grünsiein ) mélée de beaucoup fer oxidulé, et ren- fermée dans une formation de terrein de gneisse, qui autrefois l'entourait de toutes paris et même le recouvrait. Mais ce gneisse ayant été détruit en grande partie par l’action des matières atmosphériques, la masse de fer oxidulé est restée presqué isolée. Les montagnes et les collines de gneisse qui environnent le Taberg, les blocs de gneisse qu’on trouve encore sur le sommet de cette montagne, et Le sable en couche qui est vers son pied, sont les preuves les plus puissantes que M. Hausmann apporte en faveur de son opinion. . BE.

CHIMIE.-

Extrait du second Mémoire sur la Poudre à canon; par M. Prousr.

Daxs ce mémoire, M. Proust examine les avantages que le charbon de tiges de chanvre présente sur celui de bourdaine dans la fabrication de la poudre. Les Espagnols emploient le premier depuis très-longtems ; les Français font usage du second. k

Dans le tableau du premier mémoire, on a voir qu'il n'y avait que le charbon d’asphodèle qui brûlât aussi rapidement que celui de cheneyotte, mais il ne présente pas d'avantage sur celui-ci, quoiqu'il soit si combustible , qu'il prend feu comme l’amadoue par une étin- celle; 1°. Parce que l'asphodèle n’est pas aussi abondant que le chanvre ; 2°. parce que son charbon: est trop volumineux.

Jourvaz pe Paysi Février 18114

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Le charbon de chanvre possède au plus haut degré toutes les qua- lités qu'on peut desirer dans un charbon destiné à faire la poudre. 1°. Il ne faut point écorcer la chevenotte comme on écorce la bourdaine et le saule; 2°. il n’exige pas de pulvérisation avant d'entrer au mortier.

Moins léger que celui d’asphodèle et presqu'aussi tendre , il prend feu à la flamme d’une bougie, et continue de brüler comme de l’amadoue.

Il ne donne aucune trace de prussiate par la potasse.

Les chanvres avec lesquels les Espagnols préparent leur charbon, ont 4, 5, 6 pieds de haut; ils ressemblent à ceux que l’on cultive à Tours, à Saumur, à Angers.

À Villa Rubia los Ojos, les laboureurs suivent le procédé suivant pour charbonner la chenevotte.

« Dans un sol de pierre calcaire, on entaille une fosse de 15 à 14 pieds « de long sur huit de large. Sur ce fond, soigneusement balayé, l’on « étend un lit de chenevottes de 3 à 4 pouces d'épaisseur , ensuite on « y met le feu en plusicurs endroits à la fois : puis au moment la « flamme commence à s'élever, on l’étouffe en la couvrant de chene- « vottes ; bientôt après, la flamme revenant au-dessus , on la réprime « avec d’autres chenevottes , et ainsi de suite jusqu’à ce que la fosse « soit à-peu-près remplie de braise. Lorsqu'on juge le charbon fait, « un homme vient en arroser la superficie en remontant d’une extrémité « à l’autre, tandis qu’un aide placé après lui, le soulève avec une « fourche et le renverse , afin que le tout ayant part à cet arrosement, « parvienne à s'étendre au fond. Aussitôt après l’on tire le charbon « sur les bords pour l’y laisser refroidir, et l’on recommence une autre « combustion. Pendant ce tems-là, d’autres s'occupent à le cribler, « quelques-uns même à le remuer; mais alors ils en perdent beaucoup. « Ce travail dure un jour, et son produit est de 16 à 20 arrobes , « ou 4 à 5 quintaux de Castille. »

M. Proust compare le prix du charbon de chenevoties , en Espagne, avec le charbon de bourdaine, en France, et il trouve que le premier est au second comme 1 est à 26,6. Il y a donc une économie à se servir du charbon de chenevottes,.

M. Proust propose donc de substituer le charhon de chenevottes à celui de bourdaine dans la fabrication de la poudre.

D'après des essais faits par M. Robin, commissaire des poudres à la fabrique d'Essone , il résulte que la poudre faite avec le charbon de chenevottes est aussi forte qe celle qui est faite avec le charbon de bourdaine ; que les pâtes faites avec le premier sont infiniment plus ductiles et plus liantes; que par cela même elles doivent gramer plus copieusement et occasionner par conséquent moins de poussière et de rchattage.

M. Proust avait porté la quantité de cendre contenue dans un quintal

(85) de charbon de chenevottes à 2 parties (voyez Journal de Physique ) ; mais il a reconnu depuis qu’elle s'élevait de 6 à 7 parties. C.

CHIMIE ANIMALE. Analyse du Chyle de cheval; par M. Vaveuzux.

Lx chyle de, cheval est blanc et opaque comme du lait ; quelquefois il est rougeâtre : lorsqu'il est abandonné à lui-même, il y a formation d’un caillot blanc et opaque.

Le liquide d’où le caillot s’est séparé contient : 1°. un alcali à nu, car il rétablit la couleur du papier de tournesol rougi par un acide; 2°, de l’alburnine : aussi en est-il coagulé par la chaleur, par les acides et l'alcool ; les précipiiés sont redissous par les alcalis, et leur dissolution reste laiteuse : en cela laibumine du chyle diffère de celle du sang qui donne avec les alcalis une dissolution transparente; 3°. une espèce de cause que M. Vauquelin compare à celle de la matière cérébrale, parce qu’elle est insoluble dans les alcalis, et qu’elle colore l'alcool en jaune- verdâätre. On démontre la présence de cette graisse, en traitant par l'alcool bouillant le liquide, d’où le caillot s’est séparé ; l’albumine est coagulée , et la graisse est dissoute : il y en a une partie qui dépose de l'alcool

ar le refroidissement. C’est sans doute cetie graisse qui rend laiteuse fi solution alcaline d’albumine du chyle.

Le caillot du chyle est blanc , et opaque après avoir été lavé ; il s'étend sous les doigts et prend la forme d’une membrane un peu élastique et un peu fibreuse; il est dissout en grande partie par la potasse chaude. L’acide acétique chauffé avec le caillot, produit une espèce d'émulsion; ce qui n’est pas dissout paraît être de la miatière grasse.

Le caillot desséché, mis sur des charbons ardens , s’agite et exhale des fumées ammoniaco-huileuses ; il se fond et laisse un charbon volu- mineux.

D’après ces propriétés , on voit qu'il y a beaucoup de ressemblance entre le caillot du chyle et la fibre du sang; cependant, le premier est plus soluble que celle-ci dans les alcalis, et il n’a pas la contexture fibreuse et l’élasticité de la fibre.

Outre l’alcali, l’albumine , la graisse , la fibrine, le chÿle contient

encore du muriate de potasse et du phosphate de fer au minimum d'oxigénation. or eUC,

Ann. De Chine, N°. 262.

(84) OUVRAGE NOUVEAU.

Mémoires sur la formule barométrique de la mécanique _ céleste; par M. RamoxD , 1 Vol. 27-4°., chez les principaux Libraires de France.

1%. Mémoire publié en 1804.) L'aureur y fait usage de la formule de M. de la Place; il en détermine le coefficient, confirmé depuis par les expériences de MM. Biot et Arago, et il donne le type du calcul de cette formule.

- (2°. Mémoire 1806.) M. Ramond examine la nature de l'influence que les diverses heures du jour, la configuration des lieux, les météores, exercent sur la justesse du mercure barométrique.

(3°. Mémoire, 1°. partie.). 11 donne le premier exemple d’une peute différence de niveau mesurée à grande distance, et il trace les règles pour parvenir à cette détermination. On y trouve aussi le premier nivelle- ment barométrique appliqué aux volcans de l'Auvergne, et disposé sur un plan géologique. :

(3°. Mémoire, 2°. et 3e, parties publiées en 1898.) L'auteur examine la variation diurne du baromètre, qui n’était point constatée pour nos climats; il examine en outre ses variations accidenrtelles ; et il explique les unes et les autres par une théorie appuyée d'expériences, qui explique à son tour l'infériorité de l'élévation du mercure à l'équateur et plusieur$ autres phé- nomènes inexpliqués.

(2°: Mémoire.) M. Ramond donne à lamesure des hauteurs un degré d’exactitude que l’on ne pouvoit guère espérer d’atteindre.

L’instruction élémentaire qui termine ce recueil de mémoires, donne aux observateurs du baromètre des conseils dictés par une longue expé- rience , el par une étude approfondie des phénomènes atmosphériques.

Elle doit servir sur-tout à réformer peu-à-peu le Système défectueux des tableaux météorologiques, amener peu-à-pea à la détermination de moyennes barométriques, plus exactes que celles qu’on s'est jusqu’à présent procu- rées, et les tables qui terminent ce volume paraissent ne rien laisser à dési- rer pour la célérité, la facilité et l'exactitude des calculs.

CLS LLTLISSLSISTSI LI

L'abonnement est de 14 fr., franc de port, et de 13 fr. pour Paris; ches J. KLOSTERMANN fils, acquéreur du fonds de Mad. Fe. Bennanv, libraire, que du Jardinct, n°. 13, quartier St-André-des- Arts. É

Nouv. Bul, Se, PLI. N°56.

Fig. 1.

Zecerf" seulp!

NOUVEAU BULLETIN DES SCIENCES, PAR LA SOCIÉTÉ PHILOMATIQUE.

Paris. Juin 1812. —_—— HISTOIRE NATURELLE. BOTANIQUE. |

Note sur l'Abies , genre de la famille des Conifères ; par M.